Lycéens, étudiants et anarchisme

Il devient de plus en plus évident que le temps des révolutions n’est pas terminé. De même, il devient de plus en plus clair que le mouvement révolutionnaire mondial du vingt et unième siècle trouvera moins ses origines dans la tradition marxiste, ou même dans le socialisme au sens strict, que dans l’anarchisme. (David Graeber)

L’une des raisons en est que la nouvelle génération est beaucoup plus intéressée à développer de nouvelles formes de pratiques que de débattre sur les plus petits détails idéologiques.

L’anarchisme est un courant très politique, mais pas politicien, structuré cependant et porteur d’une alternative au capitalisme et d’une vision globale de transformation de la société.

Souvent, dans les manifestations, des jeunes nous demandent d’où vient l’anarchisme et quel est son projet économique et social? Quelle est son approche d’une écologie sociale et libertaire, son implication féministe ? Quelles sont les stratégies d’action de l’anarchisme et ses modes d’organisation ? Alors que désire l’anarchisme ?

• L’anarchisme est né de la misère, tant rurale qu’industrielle. C’est un courant du socialisme qui se développe véritablement au XIXe siècle en Europe, notamment sous l’impulsion de penseurs comme Pierre-Joseph Proudhon (qui s’en revendique déjà en 1840), Michel Bakounine, Pierre Kropotkine, Malatesta et beaucoup d’autres. Jusqu’à David Graeber récemment.

• L’anarchisme est la plus haute expression de l’ordre (Elisée Reclus), à ce titre il ne prône pas le chaos ou l’absence de règles, mais une organisation sociale autogérée par les individus eux-mêmes de bas en haut.

• Il vise à abolir l’État et le capitalisme pour instaurer une société fondée sur la liberté individuelle, l’égalité et la solidarité. Pour les anarchistes aussi appelés libertaires, l’égalité politique est une fiction s’il n’y a pas d’égalité économique et sociale.

• Il intègre également des dimensions écologistes (lutte contre le dérèglement climatique, contre les pesticides…), féministes (anarcha-féminisme) et anti-autoritaires (Ce terme s’impose politiquement dans les années 1872 notamment lors de la scission de la Première Internationale).

• Ses partisans privilégient l’action directe (action sans intermédiaire politicien), l’entraide et la fédération libre plutôt que le passage par les urnes ou les partis politiques traditionnels.

• L’État est perçu comme un instrument de domination et d’exploitation.

• L’anarchisme a connu des expériences historiques majeures, telles que la Révolution sociale espagnole de 1936.

• Les Libertaires sont pour la gestion directe des entreprises et des Communes, de toute la société. C’est ce que l’on appelle communément l’Autogestion : les décisions s’organisent par la démocratie directe à la base en opposition aux décisions prises au sommet d’une chaîne de commandement (élus, partis politiques, bureaucraties syndicales, dirigeants, etc.). Les pratiques d’assemblée générale et la coopération sont privilégiées.

• Libertaires, égalitaires, fraternitaires: l’anarchisme place l’égalité réelle et la liberté individuelle comme des valeurs indissociables. Les valeurs fraternitaires se retrouvent dans la solidarité et l’entraide. La vertu des classes laborieuses, c’est la solidarité.

• Les anarchistes sont anticapitalistes. Dans leurs critiques du capitalisme : ils combattent la propriété lucrative et le salariat, qu’ils jugent aliénants.

• Les anarchistes sont pour l’union indispensable des ouvriers des villes et des travailleurs des campagnes.

• Lorsque l’on fait la Révolution pour l’émancipation de l’humanité, il faut respecter la vie et la liberté des hommes mais on n’a aucunement à respecter les bourses, le système financier rempli de pillage, de vol, de crime…par tous les sales moyens du régime capitaliste.

• Les anarchistes sont fermement attachés au réel, malgré toutes les contradictions contingentes, inspirés dans leurs combats par deux éléments fondamentaux que sont la liberté et la résistance à la soumission. C’est dire que les anarchistes luttent à la fois contre tous les fascismes (rouge, brun…) et le système libéral en place. Les fascismes se sont toujours appuyés sur l’armée contre le peuple, les régimes démocratiques aussi, c’est pour cela, entre autres, que les anarchistes sont antimilitaristes.

Alors, êtes-vous anarchistes ? « Etre anarchiste, c’est simplement croire que les êtres humains peuvent se comporter de manière sensée sans qu’on les y force. Une idée toute simple, mais que les riches et les puissants ont toujours trouvée terriblement dangereuse.

Le capitalisme sauvage ne se domptera pas de lui-même. Le 1% de riches n’est pas près de s’exproprier lui-même. Si nous voulons une alternative à la stagnation, à l’appauvrissement et au désastre écologique, il nous faudra bien trouver le moyen de débrancher la machine et de repartir à zéro.

En attendant ces changements plus que souhaitables, on peut considérer l’anarchisme comme une manière de vivre fondée sur l’équilibre personnel, la cohérence éthique et le respect concret des autres. L’anarchisme a souvent bénéficié du soutien d’artistes, de Gustave Courbet à Bansky en passant par Pissaro, Luce, Paul Signac, Jossot etc.

Au travers des mouvements sociaux, les militants les plus actifs tendent à devenir des chefs informels ; l’engagement absorbe la totalité de la vie individuelle ; les rapports humains se durcissent. Les anarchistes n’oublient jamais que l’on ne peut pas dissocier les moyens employés des buts à atteindre.

Et pour les lycéens et les étudiants, qu’ils/elles sachent que l’éducation constitue la principale arme de la Révolution sociale.

Vive le socialisme libertaire – Vive l’anarchie –