Les libertaires ont été, sont et seront toujours des utopistes

Paris

Regardez ces gros véhicules automobiles : nocifs, somptuaires… qui représentent la marque de l’inutilité mais qui permet de se distinguer de ceux qui n’ont pas les moyens. Ces voitures réservées à la classe des riches qui les utilisent comme marqueur social. Et les propriétaires de ces véhicules s’étonnent qu’on prenne leurs pneus pour cible ?

On nous bassine avec la concurrence des autres pays mais l’augmentation de la productivité n’est intéressante pour les travailleurs que si elle permet de réduire la durée hebdomadaire de travail libérant ainsi du temps pour les loisirs…et pour réfléchir.

Enfin, une lueur se fait jour avec l’usage du ferroviaire plutôt que le routier qui pollue et nécessite toujours davantage d’infrastructures passant dans nos forêts voire dans les centres urbains. Alors, oui, nous devons retrouver nos petites lignes de train qui desservait autrefois de manière décentralisée tout un tas de petites villes. Il nous faut décongestionner les grandes villes avec des transports gratuits.

Créer des emplois dans les petites et moyennes villes. Développer des activités culturelles et recréer des services publics dans les villages et petites communes, au plus près des besoins des gens. C’est une grave erreur de supprimer des hôpitaux, des maternités de proximité.

S’attaquer à la spéculation immobilière qui empêche les gens de travailler au pays de par l’impossibilité de se loger pour les travailleurs qui subissent de plein fouet des loyers prohibitifs (Bretagne, Corse, Pays Basque…).

Mais une économie distributive ne peut l’être qu’à l’échelle mondiale pour que chaque être humain puisse manger à sa faim.

L’indignation est le premier stade de la révolte : refus des injustices, refus des compromissions avec la corruption des élites qui planquent leurs fortunes dans des paradis fiscaux par exemple…La révolte, c’est un peu comme aujourd’hui où les gens comprennent bien, ne serait-ce que sur l’exemple des retraites, que le pouvoir se fiche éperdument des citoyens lambda. Leur démocratie, c’est cause et gueule toujours.

Alors, n’oublions qu’en 1936 et en 1968, les manifestants sont allés plus loin que les partis politiques et ont obtenu des acquis, bien au-delà des programmes des uns et des autres. Les partis divisent, c’est leur fonction. Non seulement ils divisent mais ils se subdivisent à l’envi, de l’extrême gauche à l’extrême droite en passant par tous les autres, sans exception.

Nous sommes conditionnés à l’éparpillement comme au gaspillage, base de l’économie de profit.

Nous sommes finalement les otages d’un monde qui va à sa perte : Etat omnipotent, épuisement de ressources non renouvelables, pollution, injustices et amplification des misères, guerres à venir…

Un des objectifs des libertaires est de trouver l’équilibre pour vivre une vie digne avec une égalité économique et sociale permettant de préserver la nature donc de diminuer les gaz à effets de serre et ainsi garantir notre survie.

Depuis des décennies, des alertes sont données à propos de la crise environnementale (réchauffement climatique, chute de la biodiversité…) et ses conséquences, mais la prise de conscience a bien du mal à infuser. C’est la gravité de la situation, une fois que nous sommes dos au mur, qui fera que les exploités se bougeront (Eloge de la fuite, Henri Laborit).

Nous ne faisons pas d’angélisme: si les privilégiés voient qu’ils sont acculés à lâcher du lest et perdre leurs privilèges, ils frapperont un coup fort. Voyez ce qu’il se passe dans les manifestations : Sainte-Soline en est un exemple type. Mais pareil pour les jeunes qui se font nasser et frapper, ces coups relèvent de la même logique, celle de la violence de l’Etat qui use d’une prétendue légitimité. La violence est à tous les niveaux aussi au niveau international.

La prise de conscience de l’épuisement des principales ressources, énergie et minerais, eau douce et air pur devrait nous conduire à prendre les dispositions qui s’imposent pour limiter cet épuisement tout en répartissant mieux les ressources. Pas sûr que les privilégiés des pays riches n’accentuent pas leur mainmise sur les richesses de la planète en provoquant des guerres, en déstabilisant des Etats, en jouant sur les misères des peuples…L’exemple de la guerre en Irak est parlant.

L’avenir est incertain, nous l’avons dit. Rien n’interdit de penser qu’un conflit nucléaire est envisageable entre divers protagonistes ; qu’un fascisme new-look pourrait s’instaurer aux Etats-Unis sous l’égide du complexe militaro-industriel avec des candidats trumpistes par exemple ; que plusieurs pays européens ne choisissent la voie de l’extrême droite qui frappe à la porte du pouvoir (Méloni est déjà là en Italie) ; que la Chine n’assèche pas l’économie mondiale…

Il faudra bien trouver une issue viable emprunte d’humanisme. Construire une société avec une qualité de vie exempte de mépris comme aujourd’hui. Macron est l’archétype du méprisant.

L’épanouissement du capitalisme se fait pour quelques privilégiés au détriment des 99% autres et de la viabilité de la planète. Il s’effectue par le développement industriel mais surtout aujourd’hui par la spéculation.

D’une part c’est aux jeunes de refuser la société de consommation telle qu’elle est. D’autre part, c’est aux adultes de tous âges de comprendre solidairement qu’ils ont la responsabilité de ceux et celles qui vivront après nous.

Pour cela, il faut permettre à chacun d’être informé pleinement et ainsi de pouvoir s’exprimer en toute connaissance de cause. Nous avons une alternative à proposer : le Socialisme libertaire, autogestionnaire et de gestion directe.

Nous devons envisager une décentralisation maximum, pour que le plus grand nombre puisse participer aux débats et aux décisions. D’où la nécessité historique de diminuer notre temps de travail.

Les puissants sont toujours prêts à abuser de leurs pouvoirs. Ils utiliseront tous les moyens qui sont à leur disposition pour nous contraindre à travailler davantage et ainsi déléguer notre pouvoir de décision par des élections par exemple.

La qualité de notre vie dépendra de notre cadre de vie, de nos interactions humaines. Se vêtir éthiquement, manger à notre faim et sainement, se loger correctement en tenant compte de l’isolation et des moyens de chauffage qui réduisent drastiquement les émissions de CO2… Tenir compte de la situation héritée (économique, éducative, mentalités…) mais aussi des nouvelles contraintes dues au réchauffement climatique.

Survie et justice sociale, fin de mois et fin du monde, tout va de pair. Enlever un élément de chaque paire, c’est aller droit dans le mur.

Nous ne pouvons pas dire que les cataclysmes nucléaires, pollutions insoutenables, bouleversements climatiques, migrations…sont des hypothèses farfelues. Le réchauffement est déjà présent et le reste est au-dessus de nos têtes comme l’épée de Damoclès.

C’est vrai que nous avons des capacités d’adaptation, un signe d’intelligence paraît-il ; que nous pourrions mettre notre imagination au pouvoir pour nous sortir de l’impasse. A condition que la situation ne soit pas irréversible.

Pourrons-nous mettre fin à nos égoïsmes étroits, éviter les tentations totalitaires : fascisme brun, fascisme rouge…Les anarchistes se méfient des schématismes, des dogmatismes, des gourous, des sauveurs suprêmes…mais analysent sobrement les situations.

Les privilégiés tiennent dans leurs mains tous les leviers du pouvoir, sociaux et économiques. Les spéculateurs, les financiers, les industriels de l’armement…aidés par des politiciens. Les plus démunis pendant ce temps perdent toute volonté d’initiative voire de révolte.

Qui gaspille le plus de ressources rares, notamment ? Les pays riches et à l’intérieur de ceux-ci, ce sont les plus riches et les puissants qui gaspillent le plus.

Quand le paquebot France naviguait, il existait à bord des « Menus pour chiens »; les chiens étaient mieux traités et nourris que les enfants des pays pauvres. Manque d’éthique. Les riches ne visent en aucune manière la justice sociale. Les libertaires, eux, ont été et sont toujours des utopistes et ils en sont fiers : « Rébellion et légalité sont des termes contradictoires. Restent donc, la Loi et l’Ordre pour les conservateurs et les fripons. « Visionnaires, utopistes ! », voilà ce dont, pour le moins, on nous traite, et c’est toujours le cri des conservateurs de tous les temps contre ceux qui essaient de mettre un pied hors du cercle qui tient le troupeau humain prisonnier. « Visionnaires, utopistes ! », nous crient-ils, et lorsqu’ils apprennent que dans nos revendications nous demandons le partage de la terre, pour la donner au peuple, les cris se font plus aigus et les insultes plus fortes : « Voleurs, assassins, traîtres ! », nous disent-ils. Pourtant, c’est aux visionnaires et aux utopistes de tous les temps que l’humanité doit les progrès qu’elle a accomplis. Ce qu’on appelle civilisation, qu’est-ce sinon le résultat des efforts des utopistes ? Les rêveurs, les visionnaires, les utopistes ont toujours été méprisés par les gens « sérieux » et persécutés par le « paternalisme » des gouvernements : pendus ici, fusillés là-bas, brûlés, torturés, emprisonnés dans tous les pays et de tout temps, ils ont été, cependant, les propulseurs de tous les mouvements d’avant-garde, les voyants qui ont montré aux masses aveugles les chemins lumineux qui conduisent aux cimes glorieuses. » Regeneracion, Les utopistes, 12 novembre 1910

Quelle terre laisserons-nous à nos enfants et petits-enfants. Voilà une question qui demeure intemporelle mais l’urgence climatique va précipiter les solutions. Libertaires, nous le souhaitons ardemment.

Ti WI (GLJD)