Le Libertaire de juillet-août 2026

Par néofascistes, pour être précis, nous entendons les partisans de Donald Trump, Santiago Abascal, Viktor Orbán, Javier Milei, Jair Bolsonaro, Giorgia Meloni, Alexander Gauland, pour ne citer que les plus connus, et ils sont nombreux.

Nous entendons par néo-fascistes ceux qui se disent, se maintiennent et se proclament conservateurs sur le plan politico-social-culturel et capitalistes sur le plan économique, ceux qui ont abandonné aux yeux du public l’irrationalisme qui caractérisait le fascisme classique et qui se présentent désormais comme les véritables bénéficiaires et défenseurs de l’héritage de la modernité.

La modernité était autrefois le domaine des sociaux-démocrates éclairés, des libéraux au sens ancien et originel du terme, ceux qui défendaient le rationalisme et l’universalisme contre l’irrationalisme irrémédiablement corrompu de l’Église et des monarques. Aujourd’hui, cependant, nous constatons clairement que les néolibéraux les plus enclins au néofascisme ont adopté ce point de vue comme stratégie et comme moyen de se présenter comme les garants de l’ordre auprès des citoyens.

Une fois l’idéologie des Lumières et du Progrès volée et expropriée à une social-démocratie faible, hésitante entre accepter ou non les nouveaux mouvements sociaux et les critiques actuelles du système de domination existant, le néofascisme s’est enhardi, son masque de modernité tombant de plus en plus souvent et le fascisme irrationnel de ses grands-parents refaisant surface.