
Récupérer l’éducation politique et la mémoire historique.
L’oubli de l’histoire est l’une des plus grandes victoires du néolibéralisme. Il est essentiel de reconstruire une culture critique par l’apprentissage tout au long de la vie, l’étude des expériences historiques des mouvements ouvriers et libertaires, et la transmission intergénérationnelle des connaissances organisationnelles.
Combattre l’économie de guerre et l’autoritarisme.
La militarisation croissante, l’augmentation des dépenses militaires, l’expansion de la surveillance et la normalisation des états d’urgence sont autant d’instruments utilisés pour contrôler les travailleurs. L’opposition au militarisme et à l’économie de guerre est indissociable de la lutte contre le capital. Seule la lutte des classes et des individus conscients peuvent contrer les guerres du capital.
Démocratiser la production et la reproduction sociale.
La perspective libertaire ne saurait se limiter à l’amélioration des conditions de vente de la force de travail. Elle doit viser le contrôle direct de la production par les travailleurs, la gestion collective des biens communs, la socialisation des soins et le développement de formes coopératives et fédérales d’organisation économique.
Construire le pouvoir populaire à partir de la base.
L’objectif stratégique n’est pas de conquérir l’État pour gérer le capitalisme avec d’autres administrateurs, mais de développer un réseau croissant d’organisations autonomes capables de contester le capital dans ses fonctions économiques, sociales, culturelles et politiques. L’auto-organisation, le coopérativisme, le fédéralisme, la démocratie directe et l’entraide ne sont pas de simples principes éthiques ; ils constituent aussi les conditions matérielles d’une transformation révolutionnaire de la société.
Organisez-vous là où la plupart des gens travaillent aujourd’hui.
Le nouveau mouvement ouvrier doit prioriser son implantation dans les secteurs de la logistique, des transports, des plateformes numériques, de la santé, de l’éducation, de l’hôtellerie-restauration, du commerce de détail, du nettoyage, des services à la personne, de l’agriculture intensive, de la sous-traitance industrielle et des grands centres de distribution… Cette organisation doit s’adapter aux évolutions réelles des flux de capitaux.
Surmonter la fragmentation du travail.
La division entre travailleurs permanents et temporaires, nationaux et migrants, salariés et faux indépendants, employés des secteurs publics et privés, constitue l’un des principaux instruments de la domination des entreprises. L’organisation de classe doit être reconstruite sur la base d’une réalité matérielle partagée et non sur des catégories administratives imposées par le marché ou l’État.
Réaffirmer le syndicalisme d’action directe.
Le syndicalisme doit redevenir un outil de lutte quotidienne, et non un appareil de gestion institutionnelle. L’assemblée, la révocation des délégués, le fédéralisme, l’autonomie vis-à-vis de l’État et l’action directe demeurent des principes pleinement valables.
Construire nos propres institutions d’entraide.
Les fonds de résistance, les coopératives de consommateurs, les services de conseil aux travailleurs, les centres culturels, les bibliothèques sociales, les réseaux d’entraide… constituent l’infrastructure matérielle indispensable pour soutenir les conflits prolongés et renforcer l’autonomie de classe.
Coordonner les luttes à l’échelle internationale.
Face à un capital mondialisé, les réponses purement nationales sont insuffisantes. La coopération entre les travailleurs d’une même chaîne d’approvisionnement ou de production, les campagnes internationales et une solidarité effective doivent devenir des pratiques permanentes.