Canicule, érosion côtière et souffrance

Tout d’abord, en tant que libertaires, nous n’avons pas à jouer sur les peurs des gens et il nous les informer objectivement selon les connaissances scientifiques du moment.

Concernant l’érosion côtière, cette dernière n’est pas nouvelle. Il suffit d’étudier la situation des côtes bretonnes pour le vérifier depuis quelques milliers d’années. Des plongeurs ont trouvé récemment une digue de 120 mètres de long sur 20 mètres de large sous l’eau, construite avec des mégalithes à côté de l’île de Sein, ce qui indique que celle-ci avait une surface bien plus grande qu’aujourd’hui et que le niveau de la mer a monté de 7 à 8 mètres en 7000 ans, date de construction de cette digue.

Toujours en Bretagne, l’île Téviec était auparavant attachée au continent ( à la Presqu’île de Quiberon). Le niveau de la mer était 10-12 mètres plus bas par rapport à aujourd’hui.

Les alignements de Kerbourgnec sont maintenant en partie immergés à 100-150 mètres de la mer.

Les enceintes d’Er Lannic sont pour moitié sous l’eau. Plusieurs menhirs sont de même sous l’eau à Penvins (Les trois demoiselles, la truie…). Et on n’abordera pas la montée des eaux dans le Golfe du Morbihan, tout cela est étayé scientifiquement.

Mais ce qui diffère de nos jours, c’est qu’il est aussi prouvé scientifiquement que le réchauffement climatique est aujourd’hui dû à l’action humaine. C’est toute la différence entre hier où la montée des eaux était naturelle et aujourd’hui où cette montée naturelle est accentuée par l’action humaine (anthropocène). Le désordre planétaire nous incombe donc et inutile comme le font les politiciens de se cacher derrière son petit doigt. L’érosion côtière est donc inéluctable mais ne rien faire aujourd’hui contre le réchauffement climatique, c’est accentuer le phénomène quant à la rapidité de la montée des eux et à la violence des assauts de la mer.

Avant-hier, nous avions 72 départements qui étaient classés en vigilance rouge et 17 autres en vigilance orange.

Au Havre, par exemple, alors que notre ville est située au bord de la mer, nous avons atteint les 41 degrés (avec une température ressentie de 48). Nous n’avions jamais vu cela avant. Et partout en France, les exemples vont dans le même sens : des records de chaleur et une France qui suffoque. Et cela devient très dur de résister à ces chaleurs hors normes. Les Hôpitaux et les écoles crèvent de chaud. Les travailleurs de première et deuxième ligne aussi. Pourtant cela fait des années que les climatologues tirent la sonnette d’alarme. Et les politiciens autruches (pléonasme) regardent ailleurs à défaut de mettre la tête dans le sol.

Les centrales nucléaires sont sous tension. Ce vendredi 26 juin 2026, il y a eu une coupure générale électrique dans une unité de la raffinerie de Total énergie sur la zone industrielle havraise occasionnant des fumées, des bruits de torche…Nous savons aussi que des écrans se sont éteints dans certaines salles de contrôle. Le POI niveau 3 a été déclenché. Résultat : de la pollution dans le ciel de Gonfreville l’Orcher se dirigeant vers Honfleur…en attendant peut-être un incident majeur une prochaine fois ?

La surchauffe en Méditerranée s’accentue d’année en année. La biodiversité va encore en prendre un coup.

Le réchauffement climatique est principalement causé par l’utilisation des énergies fossiles. Les politiciens n’en parlent pas et ils s’exonèrent à bon compte. Mais ils ne sont pas élèves dans des classes à 35 degrés, ni ouvriers de chantier etc.

Le sursaut politique ne viendra pas des politiciens mais des travailleurs qui subissent des conditions de travail dégradées et dangereuses. Les politicards, à part inventer des mesures placebos ou le fil à couper le beurre, ne feront rien si on ne les oblige pas à prendre au sérieux le dérèglement climatique.

Ils sont plus à l’aise avec backlash environnemental qu’avec des décisions courageuses et coûteuses à prendre. Ils nous disent qu’il n’y a pas d’argent. C’est faux car il y en a (dans les poches du patronat) et il est aussi utilisé pour les actionnaires des industries de mort.

Au lieu de favoriser les services publics, le remboursement des soins médicaux, la lutte contre le réchauffement climatique…, les gouvernements successifs augmentent les crédits militaires à l’encontre de tout bon sens. Dernièrement les parlementaires sont revenus en commission mixte paritaire à l’effort initial, fixé par le gouvernement à 36 milliards d’euros supplémentaires pour la défense sur la période 2024-2030. Les sénateurs en voulaient encore davantage…. Au sein de cette enveloppe de plus 36 milliards, ces élus du peuple ont obtenu une accélération anticipée, avec + 1,2 milliard de plus en 2028. L’économie de guerre se porte bien au détriment de tout le reste.

Macron encense et panthéonise Marc Bloch car celui-ci s’est opposé à l’esprit de défaite et a toujours respecté l’armée. Il fut un penseur de la défaite qui fustigea les carences françaises quant à son armement avant 1939.  Macron peut ainsi chausser les chaussons de l’ancien résistant et faire le parallèle avec son action de réarmement de la France…Macron récupère et se veut visionnaire.

Les pacifistes comme nous le disent : l’ennemi russe (assassin et peu sympathique à nos yeux), malgré sa puissance, a bien du mal à vaincre l’Ukraine et ce sera peut-être même le contraire. Alors pourquoi encore et encore augmenter les budgets de la loi de programmation militaire en France. Pour faire allégeance à Trump ou pour que les copains aillent à la soupe aux profits ? Voire pour les deux.

Ce n’est pas notre conception de la vie. L’argent doit aller à la vie, aux jeunes qui ont du mal à se loger, à la santé des aînés, aux retraites, à tous ceux et toutes celles qui ont du mal à finir le mois. Et actualité oblige, il doit servir aux collectivités locales (pour les écoles…) afin de s’adapter au réchauffement. Il doit servir à l’amélioration du bâti et à tout ce qui permettra aux gens de mieux vivre et de supporter la chaleur extrême en attendant de réduire drastiquement les énergies fossiles.

Micka (GLJD)