Une sécheresse rarissime et dangereuse frappe la France

Qu’on se balade à pied à la campagne, qu’on traverse la France en train ou en voiture, qu’on effectue des randonnées vélo…partout les champs et les talus sont cramés par le soleil et les canicules qui se succèdent et dont l’intensité nous fait craindre le pire pour l’avenir. Le site mégalithique de Saint Just en Bretagne a brûlé, les rivières sont à sec, même le département de la Manche si pluvieux habituellement voit son agriculture fragilisée. Quand on voit la ruée sur les climatiseurs dans un magasin dont nous ne ferons pas la publicité, on s’imagine sans peine ce que pourrait être une ruée pour de l’eau potable. Et quand on pense à ces gros agro-céréaliers qui demandent davantage de « bassines » alors que l’évaporation de l’eau est un effet que tout le monde constate, on reste pantois devant l’égoïsme et l’incompétence de ces personnes. Même le Rhin est à sec ! Alors qu’il faudrait réhabiliter les zones humides, les faiseurs de fric aidés par des politiciens irresponsables les bétonnent. Le déficit d’eau était de 70% au mois de juillet. Et la première quinzaine d’août ne vaut guère mieux. Tous les cours d’eau en France sont en souffrance.

Les travailleurs suffoquent sur les lieux de travail et chez eux dans leurs passoires thermiques pendant que les zélus et les bourgeois bénéficient de climatiseurs. Pour le Français lambda, le réchauffement climatique, c’était en Afrique, au Mexique, en Asie…mais pas chez nous. Et puis, c’était prévu pour 2050, voire la fin du siècle, on avait le temps de voir venir. On en est réduit à vivre aujourd’hui dans le noir, à mettre des couvertures de survie aux fenêtres…Triste époque que ce soleil de plomb qui nous gâche des vacances pourtant bien méritées. On se calfeutre, on essaie tant qu’on peut de faire des courants d’air la nuit, quand elle n’est pas tropicale. Les pompiers se battent contre des feux hors normes et vont y laisser leur santé pour ceux qui respirent les fumées toxiques. Les masques chirurgicaux, les bouts de tissu sur le nez vont-ils protéger ces nouveaux héros d’une autre première ligne. Demander des moyens supplémentaires, c’est bien, réfléchir au pourquoi du réchauffement climatique, c’est mieux. Subir l’air saturé de particules fines et de fumées n’est pas une option. Et surtout prendre les mesures qui s’imposent pour limiter ce réchauffement. Que tous les climato-sceptiques se taisent ! Et ils vont chercher des coupables parmi les gens (dont les anarchistes) qui ont tiré la sonnette d’alarme depuis des décennies. Ils ânonnent que ce n’est pas la première fois que l’on a une canicule, que l’été il fait chaud…Ce sont les mêmes qui toute honte bue diront que les scientifiques n’ont pas donné suffisamment d’explications, qu’il aurait fallu faire davantage de pédagogie. Ce sera l’occasion facile de s’en prendre aux lanceurs d’alerte.

Ces canicules sont de même un révélateur des inégalités sociales. Elles nous montrent d’autre part que les personnes âgées vulnérables subissent de plein fouet les effets du dérèglement climatique : incendies (avec déplacement de population), inondations, canicules, et des milliers de mort, etc. Adaptation climatique et protection sociale vont devoir se conjuguer dès aujourd’hui. Parallèlement, il va falloir organiser le partage de l’espace public en ville. Il est encore temps de réduire les émissions de gaz à effet de serre : diminution de la circulation automobile (ce qui suppose des transports en commun dignes de ce nom), contrôler les rejets des usines dans les zones industrielles (ce qui atténuerait la pollution et contribuerait à décarboner le chauffage hivernal), créer des fonds d’emprunt à taux zéro et d’aides financières pour que les gens se dotent de pompes à chaleur (trop onéreuses à l’achat)…

Mais il y a loin de la coupe aux lèvres. Les politiciens détricotent les normes et lois environnementales et climatiques. Les budgets alloués à la transition écologique ont diminué ; il ne faut pas s’étonner dans ces conditions que les mesures contre le dérèglement climatique sont reléguées à l’arrière-plan. Nous avons perdu des décennies pour lutter contre les désastres d’aujourd’hui et ceux qui vont arriver dans les années à venir. Merci Claude Allègre (celui qui voulait dégraisser le mammouth plutôt que de se concentrer sur la diminution des gaz à effet de serre). Merci à tous ces politiciens de droite et d’extrême-droite qui ont tenu des propos qui confèrent au crétinisme. Et qu’a-t-on fait des propositions de la convention citoyenne pour le climat de 2020 ? Rien, pas étonnant de la part de Macron qui a préféré oublier les constats scientifiques.

Notre vie quotidienne est bousculée et nous souffrons de la chaleur. Pas sûr qu’on ait hâte au prochain été alors que celui-ci n’est pas terminé. Cette année a été l’été le plus chaud jamais enregistré depuis 1900. Gageons que les politiciens qui ont la triste habitude de retourner leur veste vont retrouver une lucidité climatique et qu’ils vont nous trouver des solutions placebo. Ils n’ont rien vu venir, un peu comme les bulles économiques ; ils ont attaqué bille en tête les scientifiques et quelques écologistes à leur remorque ; ils ont soutenu les pollueurs à grands renforts de chiffres et de mensonges ; ils n’ont fait aucune proposition pour atténuer ce réchauffement climatique (préparation d’infrastructures…) ; ils vont réécrire l’histoire à leur profit comme d’habitude…Les moins malhonnêtes plaideront un mea culpa pour se dédouaner des dégâts qu’ils ont finalement permis de par leur inertie. Tous ces politiciens ne pensent qu’aux élections : ils sont hypocrites et indécents. Des gros nuls.

La FNSEA va demander des milliards pour l’agro-business. Les industriels vont demander des agencements et moratoires fiscaux. Parallèlement, le gouvernement va demander des économies aux travailleurs et aux retraités. Voilà la logique du capitalisme. Donner aux gros et prendre aux petits.

Les anarchistes sont fédéralistes (donc contre le centralisme démocratique ou jacobin) et revendiquent l’entraide (qui s’est traduit par des actes concrets lors des mégafeux), les actions à la base pour atténuer les effets dévastateurs des canicules sur la santé mentale des gens etc.

Nous n’attendons rien d’un gouvernement quelconque. Si l’on érigeait un monument pour les politiciens corrompus et un autre pour ceux et celles qui ont tenu des propos climato-sceptiques, gageons que sur ces monuments figureraient des centaines de noms.

Patoche (GLJD)