
Tout faire pour que l’extrême-droite n’arrive pas au pouvoir mais s’y préparer et fourbir nos armes de défense au cas où.
L’extrême-droite promet le bon sens près de chez vous, de maintenir les traditions, d’assurer la sécurité de tout le monde, de faire des économies (en s’attaquant aux plus faibles), de prendre des mesures contre l’immigration comme si le patronat n’avait pas besoin de main d’œuvre bon marché, d’assumer une politique débarrassée des idéologies comme si le R.N. n’avait aucune idéologie sous-tendue… Elle ajuste son costume de gestionnaire raisonnable avec quelques cadres issus de la haute fonction publique, caution d’un savoir-faire élitiste. Elle tire à boulets rouges sur les oppositions et leurs pseudo-outrances. Mais nous savons par expérience que là où l’extrême-droite gère des municipalités, la misère n’est pas traitée mais seulement déplacée. Que la peur fait office de politique. Qu’il faut davantage de sécurité pour faire face aux menaces et cette extrême-droite à court d’idées possède une logique simplette. Ya qu’à mettre des caméras, davantage de policiers pour augmenter les contrôles…Ce discours permet de faire croire que l’on agit et de faire dire aux chiffres ce que l’on veut.
Mais objectivement, est-ce que la société est plus sûre depuis la mise en place des mesures sécuritaires ? Est-ce que les caméras de surveillance ont empêché l’ignoble massacre à Nice en 2016 par des islamistes ?
Si la multiplication des caméras et des moyens sécuritaires suffisait à régler l’insécurité, le problème de la délinquance et des attentats serait réglé depuis longtemps. Il ne semble pas que cela empêche le narcotrafic. Il ne semble pas que ces caméras s’attaquent aux causes de la pauvreté et de ces conséquences.
Mais est-ce vraiment ce qui intéresse les extrémistes de droite ou ne serait-ce pas plutôt le sentiment d’abandon et la fabrique d’un sentiment permanent de menace qui leur sert de carburant. Les faits divers font la Une des journaux et il faudrait davantage de budget pour stopper les incivilités voire les meurtres. C’est la communication qui devient gage d’action. Exit la prévention, l’éducation, la santé mentale, les logements dans des quartiers ghettos, l’accompagnement social…
Elle balaie d’un revers de main la prévention au profit de la répression, toute politique de la peur a besoin de cibles, notamment celles qui n’ont pas les moyens de se défendre, les plus faibles, les plus démunis. Est-ce vraiment glorieux et courageux ? De surcroît, quand vous dénoncez de tels agissements, vous vous trouvez dans le collimateur des autorités en place et l’on cherche à vous discréditer, à vous disqualifier, à vous faire peur. Pour assumer des procès, cela coûte cher.
Et l’on ne parle pas de la prise de conscience écologique des élus d’extrême-droite. Parallèlement, ses alliés objectifs qui recherchent une alliance électorale de toutes les droites, Sarah Knafo en tête, veulent des services publics réduits au minimum et considèrent les fonctionnaires comme une charge dont on pourrait se dispenser. Les deux tiers des fonctionnaires ne seraient pas vraiment utiles. Cette dernière se voit comme une nouvelle Tatcher et entend faire 130 milliards d’économies dans le fonctionnement de l’Etat. La compagne d’Eric Zemmour est éditée par Bolloré, tout un programme. Et Eric Ciotti, l’allié de Marine Le Pen, milite pour les retraites par capitalisation.
Les travailleurs dont les fonctionnaires ont-ils vraiment intérêt à voter pour l’extrême-droite ? Bien sûr que non. Elle annonce la couleur, personne ne pourra dire « on ne savait pas ».
Alors quels sont les leviers dont nous disposerons une fois l’extrême-droite arrivée au pouvoir dans le pire des scénarii.
Pour les anarchistes, les élections donnent le pouvoir à des minoritaires d’un point de vue global. Et ce mandat minoritaire ne donne pas tous les droits. C’est pour cela qu’il faudra s’attendre à moult procès et qu’une caisse de secours juridiques devra être abondée.
Nous voyons aujourd’hui que tous les politiciens font la course à l’échalote mais au lendemain de l’élection présidentielle, il faudra bien se serrer les coudes et agir de concert. Les petits intérêts politiques devront laisser la place à la constitution d’un rapport de force conséquent. D’autant que la police et l’armée possèdent de nombreux sympathisants du R.N. dans leurs rangs. Les matraquages seront couverts voire encouragés.
Face à une extrême droite qui sera au pouvoir, personne ne devra rester seul, notamment les plus faibles. Notre opposition devra être active, encore davantage que celle qui se fait jour aujourd’hui.
Nous avons des outils : les syndicats, les associations et les mouvements écologistes de lutte. La résistance passe aussi par le syndicalisme et notamment la grève générale.
Ty Wi (Groupe Libertaire Jules Durand)