
Contre toutes les guerres et l’industrie militaire qui les alimente
Depuis la chute de l’URSS et la fin de la Guerre froide, le monde est entré dans une phase multipolaire. Le discours qu’on nous a servi – selon lequel, dans un monde globalisé, les tensions internationales et les guerres diminueraient – était bien un mensonge. Les conflits armés sont une constante en Europe et dans le reste du monde. La preuve avec la guerre en Ukraine, le Moyen-Orient, le Soudan etc.
Le moteur de la guerre : l’industrie militaire
La guerre est désastreuse à tous égards : pour la population, réduite à compter ses morts et ses estropiés, pour la société dans son ensemble avec toutes les destructions possibles et imaginables, et bien sûr pour l’écosystème. Les terres et les mers sont encore davantage polluées, l’agriculture est souvent réduite à la portion congrue ce qui peut conduire à des famines etc. Mais ceux qui vivent de cette industrie de la mort et en tirent profit ne sont jamais touchés. La diplomatie ne sert plus à grand-chose, les traités de paix internationaux sont bafoués. Et les Trump, Nétanyahou et consorts jouent la surenchère et déstabilisent un peu plus les populations, les marchés et les possibilités de régler les conflits.
Ces dernières années, nous avons assisté à un essor fulgurant de l’industrie de l’armement, dont les profits ont explosé, tout comme sa valeur boursière. Les principaux bénéficiaires sont les propriétaires de cette industrie, les banques qui la financent et les investisseurs qui l’alimentent. Tout cela est suscité par les mandats de l’OTAN, qui imposent aux États membres d’investir, sous la pression de Trump, jusqu’à 5 % de leur PIB dans les dépenses militaires. La France est en tête des exportateurs d’armes dans le monde, par habitant. Triste record en haut du tableau. Notre pays jongle avec ses 413 milliards initialement prévus par la loi de programmation militaire quitte à demander des rallonges budgétaires de plusieurs autres milliards.
Le discours belliqueux des pouvoirs politiques
Les pouvoirs politiques nous préparent, par une rhétorique guerrière, à justifier les changements économiques qui résultent de l’augmentation des investissements dans l’industrie militaire. Ceci nuit à « l’État-providence » par des coupes budgétaires et se traduit par le démantèlement ou l’affaiblissement des services publics, ce qui est clairement contre-productif pour la classe ouvrière. Il s’agit pour le gouvernement et le patronat de rendre progressivement acceptable et désirable la militarisation de la société. Conditionnement et embrigadement de la jeunesse sont les deux mamelles de l’industrie militaire et de l’Etat. Engagez-vous, engagez-vous, qu’ils disent !
Pendant la pandémie de coronavirus, la présence de militaires à la télévision et dans d’autres espaces publics, empreinte d’une rhétorique belliqueuse et d’une exaltation nationaliste, s’est normalisée. De même, l’autoritarisme, les abus de pouvoir policiers et l’exercice du contrôle social ont été normalisés. L’État reste légalement armé pour réprimer l’action politique des individus et des organisations de travailleurs. La justice n’est pas en reste.
Depuis quelques années, de hauts responsables européens comme Josep Borrell et Ursula von der Leyen intègrent dans leurs discours des questions telles que les exportations d’armes, l’économie de guerre et l’augmentation des dépenses militaires. Le gouvernement français, par la voix de son Premier ministre et de son ministre de la Défense, évoque ouvertement une « économie d’avant-guerre », le déploiement de troupes…
Le président Macron, inaudible politiquement en France, tente d’apparaître comme un médiateur de paix dans les conflits en cours. La scène internationale demeure son joujou afin de terminer son second mandat. Mais ce « pacifiste » encourage le savoir-faire français de l’armement qui tôt ou tard servira car il faudra bien utiliser les stocks.
Anarchistes contre la guerre
Notre position politique, en tant qu’anarchistes, est contre la guerre et la fragmentation de la société par les haines nationales, ethniques et identitaires, exacerbées par la mondialisation. Dans un monde multipolaire où les intérêts géopolitiques et l’économie capitaliste s’articulent autour de la guerre, de la mort et de la destruction pour s’emparer des ressources et des marchés, il est plus nécessaire que jamais pour les anarchistes de diffuser leurs positions pacifistes au sein de la classe ouvrière d’Europe et du monde. Il s’agit non seulement de sensibiliser l’opinion publique, mais aussi de permettre aux travailleurs et travailleuses d’utiliser les moyens à leur disposition – boycotts, grèves, action directe etc. – pour entraver autant que possible la machine de guerre vers laquelle les pouvoirs politiques et l’économie capitaliste nous poussent.
Face à l’ordre militariste fondé sur la domination, l’exploitation, la peur et l’oppression, nous militons pour la démilitarisation et la dissolution des armées. Nous œuvrons pour la solidarité et l’entraide entre tous les travailleurs et travailleuses, ainsi que pour leur indépendance politique vis-à-vis des partis et des institutions parlementaires.