
L’anarchisme n’attend ni la grande révolution ni la prise d’assaut du pouvoir. Il reconnaît que le désastre est déjà là et que de véritables autonomies s’épanouissent dans les failles du système. Face à l’effondrement écologique, à la précarité de l’emploi et à la mainmise du numérique, à la cherté de la vie, nous proposons de reconquérir le quotidien comme espace d’émancipation directe.
Double pouvoir diffus : tout en boycottant les structures de domination, nous pouvons créer des institutions libertaires sur chaque territoire. Chaque espace libéré démontre qu’une vie sans capital ni État est à la fois possible et souhaitable. Sur le Plateau des mille vaches mais aussi en Bretagne, existent des expériences qui vont dans ce sens. C’est insupportable pour des gens comme Lisnard qui dénonce des camps d’entraînement d’ultragauche sur le plateau des mille vaches. Quel menteur et surtout quel crétin. Avec Aliot Marie, c’était le fiasco de Tarnac.
Sabotage (Merci Pouget) et interventionnisme actif : agir sur la consommation et les chaînes d’approvisionnement, désobéissance civile massive qui stoppe les expulsions, la déforestation et les expropriations. La joie subversive est notre moteur. Nous pouvons bloquer l’accumulation aux points stratégiques du métabolisme capitaliste.
Convergence sans hégémonie : nous nous articulons de manière situationnelle avec tous les secteurs en lutte (paysans, lycéens et étudiants, féministes, chômeurs, travailleurs du secteur informel, jeunes en situation précaire, écologistes…) sans chercher à les diriger. Nous cheminons en posant des questions, comme l’enseignaient les zapatistes au début de leur mouvement.
Les travailleurs n’ont pas de patrie car ils n’ont pas grand-chose à perdre. Notre patrie, c’est le territoire de l’utopie possible. Et aujourd’hui, émergent des pratiques annonçant une société nouvelle au cœur de la souffrance. Le bien vivre, dépouillé de toute rhétorique d’État, renoue avec l’autonomie territoriale et une frugalité joyeuse. Nous réfutons le monopole de l’État sur la violence légitime. Nous réfutons leur justice qui n’est justice que pour les riches. La reconquête des usines et des terres démontre que la production peut fonctionner sans patron ni commissaire politique. Nous devons bouleverser la logique salariale qui n’est qu’esclavage salarié et reconstruire le tissu social sur le principe de l’entraide.
Face à la tempête qui s’annonce (effondrement écologique, guerres des ressources, migrations massives, autoritarisme numérique, nouveaux fascismes), l’anarchisme du XXIè siècle offre un horizon de sens : dénouer les nœuds, et non les resserrer ; libérer les territoires (fédéralisme libertaire), et non les gouverner ; ouvrir des fissures dans le ciment du capital pour que la vie puisse respirer.
Nous sommes le fléau libertaire que le capitalisme ne parvient pas à éradiquer. Nous sommes le murmure avant l’éruption. Détruisons la machine qui engendre la pauvreté, la sécheresse et la souffrance. Laissons la dignité s’organiser d’elle-même, sans qu’on ait à la demander. Car un nouveau spectre hante le monde capitaliste, et cette fois, il ne vient pas pour s’emparer du pouvoir : il vient pour le démanteler.
Toutes les puissances de l’ancien ordre (l’État néolibéral, les Etats communistes, l’extractivisme progressiste, le narco-État, les églises complices et le capital financier mondial) unissent leurs forces dans une sainte alliance pour l’exorciser.
Mais nous ne sommes pas un spectre : nous sommes la graine qui germe sous le béton du développement. Nous sommes le cri des rébellions que le marxisme d’État et la social-démocratie n’ont pu contenir. Nous sommes le tissu vivant de celles et ceux qui n’ont jamais délégué leur pouvoir à un comité central, à un chef providentiel ou à un bureaucrate éclairé. Ce manifeste est la voix d’un nouvel anarchisme. L’anarchisme est né de la misère au XIXème siècle. Il se réinvente aujourd’hui pour sauver la planète qui va à sa perte à cause du dérèglement climatique dû aux actions capitalistes, toujours à la recherche de profits de plus en plus faramineux.
Notre confédéralisme est fondé sur des valeurs partagées, et non sur des structures rigides. Nous rejetons à la fois le centralisme démocratique et l’individualisme néolibéral. Nos actions s’effectuent par le principe du refus de la servitude volontaire, par le refus à une obéissance militaire ou civile, avec le principe d’une rotation de délégués révocables à tout moment et de porte-parole temporaires : syndicalisme libertaire, ZAD autogérées, plateformes coopératives, actions alternatives…
Tout est ouvert. N’entravez pas vos rêves de changement de société.