Le capitalisme ne fait que voler

La concurrence est le  fondement même du capitalisme. Si l’argent est le Père, le monopole des entreprises est son Fils et l’exploitation, le Saint-Esprit. Le vainqueur rafle tout, du voisinage à la lointaine campagne, d’un pays à l’autre et entre les entreprises. Mafieux, membres de gangs, soldats, tueurs à gages, violeurs, bandits, escrocs… tous préfèrent mourir plutôt que de changer leur mode de vie parasitaire. Tout obéit à la même logique, celle du système. Par essence, sans concurrence, le capitalisme  se propage comme un cancer, un gouffre sans fond qui consume tout sur son passage et le quantifie en argent. Le profit, LEUR richesse, provient de notre exploitation, de nos corps et de notre temps. La seule limite à l’exploitation est le nombre de morts, car ils n’hésiteront pas une seconde à déclencher des guerres si cela remplit leurs coffres. Une guerre est un investissement, tant pour le soldat que pour le financier.

Le capitalisme est incapable de créer ; il ne fait que voler. L’innovation naît exclusivement de la dépossession et de l’usurpation. Une fois la domination établie, une fois la concurrence éliminée, le processus d’innovation s’achève et une exploitation impitoyable commence. Autrement dit, le capitalisme se limite au monopole. Cela signifie que, quoi qu’ils fassent, où qu’ils se cachent, quelle que soit leur organisation, les anarchistes seront persécutés et dépossédés. Il en va de même pour les communistes, les socialistes et tous les autres « -istes ». Au Chiapas et au Rojava, ils le savent et défendent leurs acquis par les armes. Ailleurs dans le monde, les travailleurs le savent et s’unissent au sein d’une multitude de syndicats.

Le destin du capitalisme est celui de la destruction et de la consommation, de la compétition et de la rivalité, forgé dans le chaos des guerres et du pillage. Il luttera contre tous pour devenir l’idéologie dominante, tout comme il rivalise avec les autres pour le luxe et le pouvoir. Le destin de l’anarchisme, lui, est déterminé non par sa vision, mais par les circonstances, par ses ennemis.

La concurrence est la condition de notre époque, car elle nous est imposée. Mais elle porte aussi en elle la possibilité que l’anarchisme triomphe un jour. La voie à suivre est celle de la concurrence avec le capitalisme. Et l’expression ultime du capitalisme n’est ni un nazi chauve et meurtrier, ni un génocidaire en cravate, ni un dictateur en costume : ce ne sont que des symptômes. Aujourd’hui, ceux qui  pratiquent l’impérialisme sont les monopoles transnationaux, qui ont coopté les États-nations et les traitent comme des chiens. Ce sont eux les véritables détenteurs du pouvoir, et ils ne se cachent pas ; ils dissimulent simplement leurs activités derrière un politicien corrompu.