Euthanasie

Euthanasie

« Euthanasie Papy, euthanasie Mamie, votre calvaire est fini », chantaient les Olivensteins dans la veine punk de l’époque.

Ce mot euthanasie a longtemps fait peur, aujourd’hui, un peu moins, quoique. Nous retrouvons toujours d’un côté les opposants irréductibles à l’euthanasie pour des questions d’éthique (professionnelle, religieuse…) et de l’autre ceux et celles qui sont partisans d’aider les personnes à vouloir mourir dans la dignité, sans souffrance.

Les religieux catholiques et leurs adeptes essaient d’imposer à tous leurs idées au nom d’une soi-disant vérité révélée qui clame que seul dieu donne la vie et que seul il peut la reprendre.

Idem chez les musulmans pour lesquels la vie est considérée comme sacrée. Il n’y a donc que leur dieu qui puisse reprendre ce don qu’il a fait à l’homme. L’euthanasie et le suicide assisté sont donc tout deux proscrits. 

Notre législation a donc été longtemps calquée sur la morale religieuse et il est temps d’en finir.

Si la religion peut jeter aux flammes de l’enfer « l’âme » du suicidé, la loi, quant à elle, ne s’intéresse pas à celui qui abrège ses jours, puisqu’à l’évidence elle ne peut condamner un défunt.  S’il est athée, tant mieux, le péché mortel lui est inconnu ! S’il est croyant tant pis, il se débrouillera dans l’au-delà…

Les religieux combattent l’IVG, la contraception et l’euthanasie. De quoi, je me mêle ! Leurs objections sont uniquement mues par leurs principes aboutissant à une intolérance inadmissible car la mort voulue par un individu – qu’importe le motif – est un droit, un choix, une liberté, n’en déplaise aux curés, imams et Cie et pas plus qu’une femme n’est obligée de prendre la pilule ou d’avorter, une personne ne sera euthanasiée que si elle en a exprimé le souhait. On voit les mêmes intégristes contre l’euthanasie mais pour la peine de mort. Va-t’en comprendre.

D’aucuns diront que celui qui endure le martyr ou qui se sent diminué à un tel point qu’il juge son handicap insupportable, peut toujours mettre un terme à son calvaire. Si c’est vrai pour une minorité de cas, c’est faux pour la majorité. En effet, de grands malades, grabataires, infirmes, n’ont ni l’énergie, ni le courage, ni la détermination, ni la lucidité de mettre fin à leurs jours. Ils sont alors à la merci de la corporation médicale, de l’acharnement thérapeutique souvent odieux, parce que cela ne leur octroie qu’un sursis plus ou moins long qui éternise inutilement leurs souffrances, leur supplice.

A travers les âges et les continents, les forces obscurantistes ont continuellement attaqué la science et le progrès. Heureusement, en France, la religion a perdu sa puissance d’antan même si la religion musulmane prend malheureusement de l’ampleur.

Le droit à mourir dans la dignité devrait être un droit imprescriptible inscrit dans la Déclaration universelle des droits humains, tout comme la liberté de conscience dont il est le corollaire.

Il a fallu tant d’années, tant de luttes, tant d’avortements mortels, tant d’existences gâchées, pour que les femmes disposent de leur corps. Combien faudra-t-il de temps, d’affres inutiles, d’avilissements insoutenables, pour que nous puissions enfin disposer de notre vie et décider de notre mort.

Mme Firmin Le Bodo, avant d’être rattrapée par des histoires de cadeaux, épinglée pour avoir reçu « sans les déclarer » des cadeaux d’une valeur estimée à 20.000 euros des laboratoires Urgo, en tant que pharmacienne, avait proposé un texte comprenant un chapitre III consacré à « l’accès à l’aide à mourir » qui incluait huit articles. L’aide à mourir, explique le document dans la présentation du contenu de ces articles « ouvre à la personne en fin de vie la possibilité de bénéficier de l’administration d’une substance létale ».

Jusqu’à présent pour la fin de vie, on n’avait que les soins palliatifs ; en attendant une loi sur l’aide à mourir. Une première mouture du texte gouvernemental ouvrait à la personne en fin de vie la possibilité de bénéficier de l’administration d’une substance létale. Mais plusieurs personnes réunies dans un collectif de soignants  dénonce « un schéma qui se rapproche des modèles étrangers les plus permissifs ».

A partir du moment où c’est la volonté d’un individu de mourir dans la dignité, nous sommes pour un nouveau droit, celui d’une aide active à mourir sous la forme du suicide assisté et/ou de l’euthanasie.

Le reste, c’est de la bigoterie, des bondieuseries d’une autre époque.

Ni dieu, ni maître, ni tribun, ni prophète !

Le libertaire