Dockers: erreurs et oublis de John Barzman

L’ouvrage intitulé Les dockers du Havre de la Révolution à nos jours de John Barzman publié en novembre 2024, s’inscrit dans un champ déjà bien exploré, notamment sur les ancêtres des dockers et le modèle de la manufacture. Dans le cadre du centenaire de la mort du syndicaliste libertaire Jules Durand, nous concentrerons notre lecture critique sur le chapitre 4, « L’ère de Jules Durand (1885-1928) », et le chapitre 5, « Docker = syndiqué (1928-1965) ».

Nous comparerons alors les analyses de John Barzman, militant d’obédience trotskyste, avec d’autres travaux, en soulignant des divergences de fond et de forme. Bien évidemment, nous n’allons pas lister tous nos désaccords historiques avec John Barzman car ils sont trop nombreux et nos lecteurs seraient vite découragés. Nous ne prendrons que quelques points qui nous paraissent symptomatiques d’une analyse historique tronquée et parfois fausse.

Concernant les dockers, nous soulignons aussi un travail très intéressant à propos de « Les dockers de Marseille » de M.R. Loew, paru dans « Economie et Humanisme », étude écrite en 1943 et publiée en 1944. Son chapitre « Des portefaix aux dockers » mérite le détour.

Commençons par mettre en lumière l’historiographie partielle de cet ouvrage historique de John Barzman qui s’appuie sur un corpus existant, mais omet certains apports importants. Aussi, il est étonnant de constater qu’il ne mobilise pas les travaux de thèse et les articles historiques d’Hélène Rannou dédiés à l’histoire du syndicalisme révolutionnaire au Havre, devenus incontournables, ni même certains ouvrages récents sur l’affaire Durand. Ces silences bibliographiques maintenus sur ces travaux de recherches et publications posent question.  Leur absence interroge autant qu’elle surprend surtout lorsque l’ouvrage est présenté comme « exceptionnel » (Préface du livre P. 11).

Outre cette contribution à une vision partielle assumée des continuités et ruptures du mouvement ouvrier local, nous pouvons également signaler des imprécisions de forme et de chronologie.  Par exemple, John Barzman présente L’Idée ouvrière comme « premier journal ouvrier havrais » paru brièvement en 1888, sans préciser qu’il s’agit d’un hebdomadaire anarchiste publié en 1887-1888 sur une quarantaine de numéros.[1] Or, tenir un hebdomadaire à cette période est une véritable prouesse pour des militants qui doivent en parallèle gagner leur vie. La place des anarchistes dans les mobilisations des chômeurs de 1885-1886 est également minimisée. Ce sont pourtant eux qui sont à l’initiative des réunions d’ouvriers sans travail à Franklin, et nombre de délégués élus (Caron, Glasser, Godeau) appartiennent à ce courant. Ainsi, le 25 mars 1886, 2400 à 2500 ouvriers sans travail se réunissent à Franklin. Si le commissaire central indique dans son rapport du 26 mars que la réunion est organisée par les membres du parti socialiste du Havre, il faut bien comprendre que ces « socialistes » sont anarchistes : « A l’ouverture de la réunion, un président de séance est nommé : le citoyen Godeau. Celui-ci, conformément à la volonté des anarchistes locaux de ne pas intervenir comme « présidents » ni de former un bureau car un président devient maître alors, ne répond pas à l’appel de son nom. Des assesseurs sont alors nommés, ce qui n’empêche nullement Godeau d’intervenir ultérieurement quand le débat est lancé. « Il dit que depuis 1849, c’est la première réunion publique qui a lieu où il soit possible au parti socialiste de développer ses idées. Arriver par la science à ce que l’Etat (Il entend par l’Etat, tous les travailleurs) s’empare des canaux, des chemins de fer, de la navigation, etc. Faut-il détruire les machines ? (des cris oui, oui se font entendre) Non, car les machines sont faites pour soulager l’homme qui doit les faire travailler sans se fatiguer. Il faut agir avec fermeté, bien réfléchir avant d’entreprendre, car le temps des barricades est passé ; mais le temps est proche où le peuple se gouvernera, il sera libre. De nos jours, il y en a qui mangent trop et d’autres qui ne mangent pas assez. Supprimer cela, voilà ce que veut l’anarchie. (Applaudissements)

A l’issue de la réunion, il est acté qu’une pétition représentant les différents vœux émis par l’assemblée sera présentée au Maire du Havre par une commission. Celle-ci est constituée des délégués suivants : Lefèvre, L’herbinger, Carron, Louis Sommer, Bérenger, Glasser, Traquete, Cheminot et Collet. Le secrétaire de cette commission étant l’anarchiste Caron. [2]

Cette première série d’imprécisions en annonce d’autres, qui touchent cette fois à l’ordonnancement même des événements. Il aurait été plus cohérent, à nos yeux, de garder la chronologie des faits. Nous les resituons donc.

–            1886 : organisation des chômeurs par des militants libertaires, grandes réunions à Franklin.

–            1887-1888 : parution de L’Idée ouvrière, hebdomadaire anarchiste.

–            9 novembre 1892 : création de la Fédération des Chambres syndicales havraises.

–            1898 : création de la Bourse du Travail du Havre.

–            1901 : éviction des syndicats de la Bourse du Travail.

C’est une époque où le mouvement ouvrier évolue rapidement et l’on voit d’anciens anarchistes comme Verson et Rathier rejoindre les socialistes allemanistes (socialistes révolutionnaires anti-guesdistes (anti-marxistes) et pour qui le parti socialiste doit être au service des syndicats et non l’inverse). Mais la fermeture de la Bourse du Travail en 1901 sera leur chant du cygne au Havre. Il est à noter que John Barzman effleure dans ses écrits l’impact de la fermeture de la Bourse du Travail en 1901, qui provoque pourtant une véritable débandade syndicale et une perte de cohésion difficilement compensée par la création de la Maison du Peuple fondée par Charles Marck (dont le parcours biographique est aussi écorné par John Barzman).

Passons donc au Premier Mai 1901 qu’il évoque très brièvement alors que cet événement représente un tournant syndical au Havre. Après la conférence de Capjuzan dans la grande salle Franklin où se sont groupées 3000 auditeurs, quelque 600 manifestants au sortir de la réunion forment un cortège et demandent à aller chez Marais, le maire du Havre. Des dégradations s’ensuivent : bris de vitres, de tous les réverbères et dégradation aussi des tramways, et de certaines habitations. L’armée se trouve devant la résidence du maire et stoppe les manifestants qui se dispersent…Le maire, tenant là un bon prétexte, ferme la Bourse du Travail. Monsieur Barzman parle d’éléments incontrôlés qui brisent des vitres mais oublie de mentionner que le 24 avril 1901, Laville avait demandé à la mairie la grande salle du bâtiment Franklin pour y accueillir Braun, Secrétaire de la Fédération Nationale de la Métallurgie. L’adjoint au maire, Monsieur Jamein, ayant refusé d’obtempérer, Montagne des marins donna rendez-vous pour le Premier Mai : « Nous irons manifester à l’Hôtel de ville et chez Marais ».[3] Ce sont donc les socialistes qui échauffèrent au préalable les esprits. D’où les incidents qui s’ensuivirent.

Et après, on y perd son latin. John Barzman indique que Charles Marck quitte le Havre en 1903 et, après un bref séjour à Londres monte à Paris où à partir de 1905, en tant que secrétaire de la Confédération générale du travail, il défend une perspective syndicaliste révolutionnaire. (P. 196). Tout d’abord, rien ne corrobore un court séjour à Londres (Cf la critique de Michel Pigenet) et de surcroît s’il est employé par la CGT à partir de décembre 1905, Charles Marck n’a jamais été secrétaire de la CGT mais il prit la suite d’Albert Lévy comme trésorier confédéral en 1909, ce qui est différent.

L’éviction des syndicats de la Bourse du Travail représente une véritable rupture sur le plan syndical : « A la suite de la fermeture de la Bourse du Travail, les syndicats s’éparpillèrent et échappèrent dès lors à la discipline rigoureuse qu’avait su leur imposer l’énergie de Marck. Ce dernier tenta de rallier les syndicats  mais ce fut peine perdue et les étrangers aux syndicats n’étaient plus écoutés…

Devant cet échec, Marck fonda quelque temps après une Maison du Peuple. C’est là que tenait ses assises la Fédération des Chambres syndicales ouvrières mais elle n’existait plus que de nom. »[4]

D’ailleurs, cette Maison du Peuple, constituée sous la forme de la « Société coopérative des Travailleurs Havrais », est utilisée par les anciens dirigeants de la Bourse du Travail (Marck, Laville, Montagne) pour reconstituer une centralité syndicale dans le cadre de la loi de 1901. Ses statuts affirment explicitement un double objectif : étude des questions sociales et propagande des idées socialistes, via conférences, bibliothèques, universités populaires, etc. Cette dimension politique assumée, ainsi que le soutien à la « Bourse du Travail libre », mettent à mal le principe d’indépendance syndicale que la Charte d’Amiens viendra consacrer en 1906 et que défendront ensuite les anarcho-syndicalistes havrais.

Cette Maison du Peuple continuera à exister sur le papier au moins jusqu’en 1906 puisque «  Le Sous-Préfet de l’arrondissement du Havre certifie avoir reçu de M. Goré Albert, 134, Rue d’Etretat, secrétaire général, une déclaration en date du 28 avril 1906 par laquelle il fait connaître que la Société dite « Maison du Peuple » dont le siège social est au Havre, 134, rue d’Etretat, a nommé, dans sa réunion du 27 avril 1906, son bureau comme suit pour 1906 :

Secrétaire Général : M. Goré Albert ;

Secrétaire adjoint : M. Duchesnay ;

Trésorier : M. Laville ;

Trésorier adjoint : M. Gournay[5].

 Nous constatons que si les syndicalistes socialistes, y compris allemanistes, effectuent une certaine besogne syndicale, la politique n’est jamais bien loin : participation aux élections municipales et propagation des idées socialistes dans les syndicats.

John Barzman passe sous silence cet épisode politicien. Pourtant, il aura des incidences notamment pour les travailleurs portuaires, ce que nous verrons ci-après…

De surcroît, il nous semble important de revoir le découpage de l’action collective présenté par John Barzman. Effectivement, dans son ouvrage, il fragmente l’action collective des ouvriers du port en cinq séquences (1885-1899, 1899-1914, 1914-1918, 1919-1923, 1923-1928), ce qui ne rend pas justice à certaines continuités. Il serait plus pertinent, de notre point de vue, d’adopter les découpages suivants : 1886-1908, 1909-1914, 1914-1918, 1919-1928.

L’année 1909 apparaît comme un tournant majeur, avec la grève des ouvriers du port en octobre, qui mobilise jusqu’à 3300 grévistes et se traduit par de lourdes condamnations et l’intervention de l’armée sur les quais. L’Union des Syndicats du Havre sort une affiche « Appel aux Havrais » pour soutenir les grévistes du port.[6] Après trente-deux jours de lutte, le 2 novembre 1909, les ouvriers reprenaient le travail sans avoir obtenu satisfaction mais ils avaient compris la nécessité et l’utilité du syndicalisme et, à la presque totalité, ils se groupèrent dans le syndicat. Le syndicat compta rapidement 2600 membres et, pour son bon fonctionnement le secrétaire et le trésorier furent nommés permanents.

C’est à partir de ce moment-là que les travailleurs portuaires adhèrent massivement à l’Union des Syndicats du Havre (U.S.H), transformant celle-ci en union de masse dirigée par l’anarchiste Adrien Briollet (élu secrétaire général le 21 novembre 1909 ; à noter que ce militant sera dans l’entre-deux guerres l’un des fondateurs du S.N.J.), avec une forte participation des dockers. Labay, docker, sera nommé trésorier-adjoint de l’U.S.H. Fin novembre, l’U.S.H. compte 9500 adhérents.

Et nous avons une information cruciale parue dans Vérités, le journal de l’U.S.H : « Quand nous fondâmes l’Union des Syndicats du Havre, les syndicats des ouvriers du port : marins, voiliers, camionneurs et port n’acceptèrent point nos statuts malgré la part active qu’ils prirent à les combattre afin de détruire l’œuvre que nous entreprenions. Ces derniers fondèrent l’Union des Syndicats des ports de la Manche et demandèrent à la C.G.T. leur affiliation. La Confédération répondit que cette organisation faisait double emploi avec la nôtre… »[7] C’est dire que l’adhésion des travailleurs du port à l’U.S.H n’allait pas de soi, et ce pour des raisons politiciennes.

John Barzman passe très rapidement sur la création de l’Union des Syndicats du Havre en novembre 1907. C’est pourtant le renouveau du syndicalisme havrais… sur des bases syndicalistes révolutionnaires (anarcho-syndicalistes). Et quand les travailleurs portuaires adhèrent à l’U.S.H, deux années plus tard, fin 1909, ce sont le syndicat des ouvriers des Docks entrepôts, le syndicat des ouvriers camionneurs, le syndicat des ouvriers voiliers, le syndicat des ouvriers du port qui vont cotiser en nombre.

Pour résumer, les dockers n’étaient pas adhérents à l’U.S.H lors de sa création en 1907. Ils s’opposaient même aux statuts de l’U.S.H si l’on se réfère au journal de l’Union des Syndicats du Havre de juin-juillet 1908.

Puis pour avancer dans le livre, nous passons à l’année 1913. Six syndicats décident de s’unir à partir du 1er septembre 1913 dans un Syndicat général des ouvriers du port (SGOP) qui se dote d’un secrétaire permanent, Auguste Hervieu, et d’un trésorier permanent, Guillaume Le Moal.

Pour davantage de précisions, ce sont deux militants anarcho-syndicalistes. Le Moal Guillaume, né le 5 mars 1875 à Louargat, est trésorier adjoint permanent du syndicat des ouvriers du port du Havre depuis le 24/2/1911 ; c’est un antimilitariste. Et Hervieu crie à la fin de certaines réunions de dockers « vive l’anarchie ! ». Il est de même, comme Le Moal, inscrit au carnet B.[8]

John Barzman parle de la clinique syndicale, tenue par le docteur Houdeville de 1909 environ à 1914.

Plus être plus précis, la clinique a été fondée en mai 1908, avec la direction sympathique du docteur chirurgien Houdeville et sous l’égide de l’Union des Syndicats. Elle est située au rez-de-chaussée de la Bourse du Travail, rue Jean Bart. Elle sera transférée au 20, rue Rollon dans une maison indépendante et prendra le nom de dispensaire de l’Union des Syndicats, toujours sous la direction du docteur chirurgien Houdeville. Le dispensaire a été inauguré le 15 janvier 1911. Cornille Géeroms fera visiter le dispensaire aux congressistes cégétistes du Congrès de 1912 au Havre. Le dispensaire sera actif jusqu’en 1913, c’est-à-dire jusqu’au moment de la démission de Cornille Géeroms de l’U.S.H.

Le diable est dans les détails

Enfin, concernant Jules Durand, partie/chapitre de l’ouvrage dans lequel les oublis bibliographiques sont pléthores, John Barzman surprend également par ses approximations historiques. Par exemple, il date la création du comité de défense de 1912 au lieu de 1910 et fait naître le journal Vérités en 1903 alors que le premier numéro paraît en septembre 1906. Il surestime aussi le tirage initial du journal mais surtout sous-estime le rôle des mouleurs et de l’anarchiste Cornille Géeroms dans sa fondation.

De plus, concernant la stèle à la mémoire de Durand au cimetière Sainte-Marie, John Barzman attribue étonnement l’initiative à la mairie de Léon Meyer, alors que les sources syndicales montrent clairement que ce sont les organisations autonomes (anarcho-syndicalistes) et confédérées (socialistes) havraises qui financent le monument. Les syndicats communistes (CGTU) y contribuent très marginalement. Ces faits sont confirmés dans les articles de Vérités d’Avril, Mai, Juin et Juillet1931, très critiques d’ailleurs envers l’attitude des communistes locaux sur cette question.

Force est de constater que les communistes ne sont quasiment pour rien dans le financement de la stèle de Jules Durand au regard des 8.187.fr.10 collectés.[9] Et nous allons enfoncer le clou avec un document que nous n’avions jamais utilisé jusqu’à présent. Nous conseillons aux militants qui sont intéressés par le sujet de lire le journal « Vérités » de juin 1931 qui révèle concernant le financement de la stèle «  l’attitude scandaleuse observée des communistes de notre ville en cette circonstance ».

Dans « Vérités » de juillet 1931, c’est un vieux militant voilier, Henri Coupard, qui fait un bref historique du Comité Jules Durand : « Il faut que je rappelle aux néophites unito-communards qu’en 1926 un appel fut lancé, pour constituer notre Comité, à toutes les Organisations syndicales : confédérées, autonomes, unitaires et Syndicats de fonctionnaires. De toutes les Organisations ouvrières, seul le Syndicat des Charbonniers – qui était alors indépendant et qui est aujourd’hui ultra-révolutionnaire – ne répondit pas à notre appel malgré trois démarches successives.

Les autres syndicats unitaires versèrent pendant quelque temps puis cessèrent parce que notre Comité résista aux tentatives des communistes qui cherchaient à s’emparer de sa direction.

Voici, d’ailleurs, à titre documentaire, les sommes versées par quelques-uns de ceux-ci :

Parti Communiste : A versé 25 francs en 1926.

Métallurgie : 10 francs par mois jusqu’en 1928.

Gaziers : Ont versé en tout 150 fr. Plus de versement depuis 1928.

Coiffeurs : Un versement de 10 fr en 1926.

Produits chimiques : Ont versé 5 fr par mois jusqu’au début de 1927.

Livre : Cinq versements de 5 fr en 1926.

Les autres Organisations firent un ou deux versements puis ce fut fini. Nous n’avons pas besoin de nous appesantir longtemps sur les raisons qui ont motivé cet état de choses. La baisse constante des effectifs en est aussi la cause et ce n’est pas sans une certaine rancœur que les dirigeants des Syndicats unitaires voyaient notre Comité, plus solide que jamais, demeurer debout pendant qu’eux se désagrégeaient pour tomber à zéro.

Il paraîtrait, cependant, que certaines Organisations ont versé à l’Union Locale Unitaire des sommes qui devaient être versées à la mère de Durand. Si cela est exact nous serions heureux de connaître le chemin pris par ces fonds. Ou alors, nous prions les intéressés, puisque Mme Durand n’a jamais reçu un sou de ce côté, de mettre fin à cette hypocrite comédie en exigeant les reçus des sommes versées.

Le Comité Durand tient cinq membres à la disposition des communo-unitaires pour examiner, dans une Commission mixte, les pièces comptables justifiant ces versements.

Nous savons que le Syndicat des Charbonniers, qui a dans son sein les quelques trublions qui ont découvert la sépulture de Durand en 1930, s’est aperçu l’année dernière que la mère de notre regretté camarade devait être digne d’intérêt. Aussi lui octroya-t-il généreusement le reliquat de la grève qui se montait à environ 200 francs. Je regrette que ce geste fût si tardif et regrette aussi qu’il soit resté sans lendemain. Notre Comité, lui, a toujours fait son devoir, même en des moments difficiles. »

Nous apprenons donc que les communistes havrais ont essayé de prendre le contrôle, sans succès, du Comité des Amis de Jules Durand et que leur contribution financière fut des plus réduites et c’est un euphémisme.

Patrice Rannou (A suivre)


[1] gallica.bnf.fr › ark: › 12148L’Idée ouvrière : journal hebdomadaire paraissant … – Gallica

Presse et revues L’Idée ouvrière : journal hebdomadaire paraissant le samedi

[2] 135 ans de présence anarchiste au Havre ; site du Libertaire- Rapport du Commissaire Central de police du 26 mars 1886- AMH6 Fonds contemporain, série I 2 carton 1, liasse 2

[3] (CR séance du Conseil municipal du Havre du 29 mai 1901).

[4]  A.N. F/7/ 13619

[5] ADSM 4M 572

[6] Rannou Patrice -Les 110 ans de l’Union locale CGT du Havre- Editions Le Libertaire

[7] Vérités du 15 juin au 15 juillet 1908.

[8] Rannou Patrice- les 110 ans de l’Union locale CGT du Havre- Editions Le Libertaire- P. 62-63

[9] Vérités d’Avril 1931- Comité des Amis de Jules Durand, P. 4 ; article qui jouxte celui du 1er Mai 1931 où il est écrit : Le Premier Mai dès son départ a reçu le baptême du sang des martyrs de Chicago, assassinés sur l’ordre des sinistres exploiteurs du travail […].