Canicules et incendies : le Mordor

Tous les spécialistes s’accordent à dire que les incendies sont hors normes. Que d’importantes reprises de feu aujourd’hui rendent la situation critique et parfois imprévisible (côté de Lège-Cap Ferret par exemple). Les qualificatifs ne manquent pas : c’est l’enfer, ce sont des mégafeux, c’est une lutte acharnée de tous les instants, le système est à bout de souffle, les incendies sont XXL, c’est la désolation… Les milliers de personnes évacuées redoutent que leur maison ne brûle quand elle n’a pas encore brûlé. Le feu peut passer une deuxième fois, c’est l’incertitude et les prévisions ne sont que provisoires et aléatoires. Dans les bois et sous-bois calcinés, c’est le Mordor.

Nous savons tous et toutes que les ravages du feu sont dus au réchauffement climatique. Tous les climato-sceptiques auront bien du mal cette fois à nier l’évidence car les gens ont vraiment souffert des fortes chaleurs chez eux lors des deux dernières canicules et aujourd’hui dans le Sud-Ouest et notamment en Gironde avec les fumées toxiques et les évacuations massives. Et la quatrième canicule se met en place sur une bonne partie de l’hexagone. Nous constatons avec les scientifiques que le dérèglement climatique entraîne un démarrage plus précoce et une fin plus tardive de la saison des feux d’année en année. C’est un signe que la crise climatique s’aggrave et s’aggravera encore davantage si les travailleurs ne s’en mêlent pas, en déléguant leur pouvoir aux politiciens dont on voit tous les jours leur inefficacité car mus par le pouvoir, les lobbies et les conjectures qui s’avèrent dramatiques dans certaines situations.

Depuis longtemps les pompiers demandent des moyens supplémentaires mais les pouvoirs publics font la sourde oreille alors que le dérèglement climatique est indéniable. Les pompiers sont fatigués, exténués et ont parfois le moral dans les bottes quand ils n’arrivent pas à sauver des maisons alors qu’ils ont tout donné au risque de leur vie. Depuis 2004, la sécurité civile indique qu’elle a perdu mille camions destinés à lutter contre les feux de forêts. Des entorses au code du travail se font jour quand on demande aux pompiers de poser des jours de congé pour aller renforcer d’autres effectifs dans d’autres régions quand on ne leur demande pas d’y aller avec le statut de pompier volontaire…

Le gouvernement a fait appel aux canadairs croates et autres moyens aériens pour lutter contre les feux. La solidarité européenne se met en place, on n’est pas dans la situation du Canada avec son voisin trumpien. Mais la solidarité s’effectue surtout à la base avec des personnes qui hébergent des sinistrés quand elles le peuvent, avec des gens qui prennent en charge la logistique pour fournir des vêtements et de la nourriture pour ceux et celles qui ont été évacués. Cette même solidarité que l’on avait constatée en Espagne quand il y avait eu des inondations meurtrières. Cette pratique de l’entraide est naturelle lorsqu’un gros problème surgit. C’est celle quotidienne que nous appliquons à bas bruit avec notre entourage, nos amis…qui en ont besoin. Nous l’assumons volontairement et naturellement. Alors quand elle s’applique à grande échelle, nous ne pouvons que nous en réjouir.

Mais il serait illusoire de penser que Macron et les politiciens en général vont prendre les mesures nécessaires face aux futurs dégâts climatiques. Pourquoi ? Et bien parce qu’ils ont fait le choix d’une économie de guerre pour la plus grande joie des marchands de mort et que les fonds nécessaires aux services publics et pour lutter contre le réchauffement climatique se réduisent comme peau de chagrin ou ne sont pas à la hauteur des enjeux.

Par exemple, le projet de loi de finances 2026 n’a dégagé de l’argent que pour quatre Canadair supplémentaires pour la lutte contre les incendies, alors que parallèlement une commande de 60 avions de combat Rafale supplémentaires a été passée, sans compter les 11,7 milliards d’euros en plus de la loi de programmation militaire. On voit que les moyens aériens vont pour des causes de guerres à venir dont les dirigeants tireront profit et que les causes vitales présentes sont passées aux oubliettes. Voilà ce que signifie concrètement flécher l’argent public, celui des salariés, vers des œuvres nuisibles. Nous voulons au contraire sauver l’hôpital dont nous avons tant besoin au quotidien et a fortiori lors des crises : Covid, allergies dues aux fumées de particules fines (pollution atmosphérique, pathologies respiratoires…).

Si nous laissons l’Etat et le patronat décider des priorités, ce sont les pompiers, les sinistrés, la biodiversité, les travailleurs (chez eux ou au boulot) …qui paieront le prix fort.

Il est temps de reprendre en main notre destinée pour le bien de l’humanité et notre planète qui est la seule dont nous disposons. Ne pas apporter de réponses autres que celles imaginées et mises en place jusqu’à présent au titre des événements climatiques récurrents et à rythmes de plus en plus soutenus, ne peut que nous emmener dans le mur. Les étés 2026 vont se répéter et s’intensifier à l’avenir. La réponse à apporter ne peut venir que de la population car les politiciens sont à la ramasse. Pour une révolution écologique et sociale ; alors, on s’y met !

Patoche (GLJD)