
La colère sociale gronde et les mobilisations contre la vie chère se succèdent week-end après week-end, rassemblant chaque fois des centaines de milliers de personnes dans la rue, malgré une importante répression policière. Et pour cause : les salaires stagnent alors que les prix augmentent, les services publics manquent de moyens, notamment dans l’École et à l’Hôpital, tandis que l’État invoque le poids de la dette pour justifier ses politiques d’austérité.
Pourtant, nous produisons toujours d’avantage de richesses, et au seul premier semestre 2026, les 40 plus grandes entreprises françaises ont généré pas moins de 73,3 milliards d’euros de bénéfices, soit 40 % de plus qu’à la même période l’année précédente.
Une question s’impose alors : où passe l’argent ?
La réponse, on la connait déjà: dans les poches du patronat et de ses actionnaires !
Près de 61 milliards d’euros de dividendes ont été distribués au deuxième trimestre 2026, plaçant la France au deuxième rang mondial de la rétribution des actionnaires, derrière les États-Unis.
En haut du podium, on trouve Sanofi, géant pharmaceutique abreuvé d’aides publiques pour faire de la santé un marché particulièrement lucratif ; puis AXA, assureur qui tire lui aussi profit de la privatisation de la prévoyance santé et de la couverture des risques de la vie ; et enfin le groupe Bolloré, du nom du milliardaire dont l’empire médiatique contribue chaque jour à empoisonner les esprits avec les idées de l’extrême droite. Les acteurs de la finance ne sont pas en reste grâce à leurs opérations de prédation financière, qui leur permettent d’accumuler les profits en démantelant des pans entiers de notre industrie, à coups de délocalisations et de licenciements. Mentionnons enfin TotalEnergies, véritable profiteur de guerre, qui tire avantage de la flambée des cours du pétrole provoquée par l’impérialisme américain au Moyen-Orient : avec près de 11,2 milliards d’euros de bénéfices réalisés sur la période, le groupe a déjà annoncé vouloir privilégier notamment la rémunération de ses actionnaires.
Pendant ce temps, à la pompe, les prix étranglent celles et ceux qui dépendent de leur voiture pour aller travailler, se soigner ou simplement vivre. En un an, le prix du gazole a ainsi augmenté de près de 70 centimes par litre, l’essence E10, de 40 centimes par litre. Ces mêmes hausses des coûts de l’énergie se répercutent sur les prix des produits de consommation, alourdissant encore les dépenses des ménages, tandis que les salaires, eux, stagnent.

Que fait l’État ? Rien ! Enfin si : il préserve les intérêts du capital en refusant d’imposer une redistribution de toutes ces richesses, tout en enfonçant le clou avec une politique antisociale qui assèche les services publics. Ainsi, il prévoit d’ici la fin de l’année le passage en force d’un projet de loi de finances austéritaire qui entend réaliser 54 milliards d’euros d’ « économies », tout en augmentant de 6,4 milliards d’euros le budget de l’armée. Derrière ces chiffres se cachent le gel du traitement des fonctionnaires, celui de plusieurs prestations sociales (APL, prime d’activité, pensions de retraite), des dépenses de santé et du financement des collectivités territoriales… le tout sur fond d’une course mondiale au réarmement.
Et pourtant toutes ces richesses, c’est bien nous qui les produisons : dans les usines, les bureaux, les commerces, les écoles, les hôpitaux, les transports et partout où le travail fait tourner la société. Puisque l’État et le patronat organisent main dans la main notre précarité par le pillage des fruits de notre travail, construisons ensemble par la mobilisation sociale le rapport de force pour notre émancipation collective. Emboîtons le pas à la révolte de la jeunesse pour définir collectivement en assemblées générales, comme le font les lycéen·nes et étudiant·es depuis déjà des semaines, les modalités de la lutte et au premier rang desquelles, la grève générale reconductible.
Contre la vie chère, l’austérité et la guerre ;
Pour le partage des richesses et du temps de travail, l’abolition de l’exploitation capitaliste et l’autogestion des moyens de production par les travailleuses et travailleurs eux-mêmes, la solidarité internationale et l’abolition des frontières.
Communiqué d’appel à la grève générale reconductible par l’union régionale parisienne des syndicats CNT