Manifestation du jeudi 5 novembre au Havre

Les travailleurs de Stillwater ouvraient la manifestation puis assez rapidement des jeunes lycéens se sont mis à côté et derrière leur banderole. Stillwater, c’est 106 employés menacés. Le plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) est enclenché. La CGT et la CFE-CGC aimeraient bien trouver un repreneur. A défaut, c’est obtenir un maximum de fric pour partir le plus dignement possible. Pourtant la production de nickel aurait dû avoir de l’avenir avec les batteries de voitures électriques. Le nickel, c’est moins de cobalt donc moins de pollution. Mais voilà, nous connaissons la dialectique du patronat, il faut tenir compte de l’évolution de la technologie, des exigences et aléas du marché, d’un appel de capitaux etc. Le libéralisme bourgeois est avant tout usurier et profiteur de la force de travail des ouvriers et des cadres. Ici comme ailleurs, ce sont les ouvriers qui ont le plus donné au capital, leur sueur, leur force de travail, une partie de leur vie. La main d’œuvre n’est qu’une matière première que l’on utilise et que l’on jette quand on n’en a plus besoin.

Les lycéens, eux, subissent la répression et les coups de matraque. Au lycée François 1er, les bloqueurs ont été délogés par la police et ce sont 4 jeunes qui ont été interpellés et mis en garde à vue. Quelle est donc cette police courageuse qui matraque des jeunes ? A-t-on déjà vu cette police s’en prendre aux dockers ou aux métallurgistes au Havre ? Bien sûr que non ! Et que dire du jeune Nino qui était encore en garde à vue ce matin parce que le tribunal était en grève ce matin. Et qui passait devant un juge pour enfant cet après-midi. Nous soutenons bien sûr ce jeune et ses parents ainsi que toutes les victimes de la répression. C’est un très mauvais calcul de la part de la police que de réprimer de manière brutale. Les jeunes, ce sont les militants de demain et ils n’oublieront pas le slogan anarchiste : Police partout, justice nulle part.

Ces lycéens manifestants étaient très nombreux dans le cortège où flottaient quelques drapeaux de l’U.C.L, de R.P. et des jeunes du P.C. Ils font leurs premières armes dans la lutte sociale et vont prendre le relai de leurs aînés.

Une remarque cependant pour l’intemporelle Anita qui tenait la sono de la CGT. On sait Anita que tu prêches pour ta paroisse mais ce n’est pas en votant que les jeunes amélioreront leurs conditions d’enseignement, c’est en luttant. En se mobilisant massivement comme ils le font, ils font davantage que tous les bulletins de vote réunis qui ne confortent que des leaders politiciens et valident un système de domination.

En 1936, ce sont les ouvriers qui ont occupé leurs usines qui ont obtenu les congés payés par exemple. Il leur a fallu pousser aux fesses des politiciens et des patrons pour gagner des acquis/conquis. Et demain, il faudra agir de même. Jusqu’au moment où la population sera à même d’autogérer la société.

En attendant, 15000 personnes dans les rues du Havre, ce n’était pas rien. Comme à l’accoutumée, la sous-préfecture a minoré le nombre de manifestants (6100). Elle n’a pas tenu compte par exemple du cortège des dockers qui nous a rejoints près du Mercure. Mais ça, la police le sait et c’est toujours ça de moins de comptabiliser. Il faut bien servir ses maîtres.

Goulago (Groupe libertaire Jules Durand)