Misère et délocalisations

centre appels

Dans la société de classes dans laquelle nous vivons, les classes sociales continuent de jouer un rôle fondamental. Ainsi, tous les produits que nous sommes encouragés à acheter et à consommer sont souvent fabriqués dans des pays où le coût du travail est bas avec son corollaire un taux de pauvreté important. Combien d’entreprises  fabriquent des vêtements en Asie, en utilisant des femmes sous-rémunérées voire des enfants qui cousent dans des industries qui font partie d’un vaste réseau de sous-traitants qui dépendent de marques vendues parfois avec un label européen. Sans parler de l’exploitation par le travail, de l’insécurité (Bengladesh…) et de l’humiliation auxquelles sont soumis les travailleurs dans les pays qui produisent pour les grandes marques vendues dans les pays riches ou même du textile vendu peu cher aux européens par des magasins low cost.

La misère n’est pas seulement le monopole des multinationales dans l’industrie textile. Nous avons d’autres exemples d’exploitation dans le secteur de la technologie. Un rapport de la BBC, il y a quelques années, a mis en lumière l’exploitation des ouvriers des usines Apple en Chine. Heures de travail démesurées,  14 jours d’affilée sans pauses, conditions de travail terribles, salaires ridicules, suicides etc. Et en plus d’Apple, d’autres cas d’entreprises ayant pignon sur rue ont été découverts.

C’est tout bénéfice pour les multinationales qui produisent dans des États dans lesquels les travailleurs n’ont ni garanties de droits ni libertés, afin de faire baisser le coût de la main-d’œuvre et de gonfler le prix des produits en Occident, d’où des profits colossaux.

Les exportations de matières premières d’Afrique en sont un autre exemple. Un continent en proie à la misère et aux guerres «civiles» dont le seul objectif est de piller des ressources naturelles telles que l’or, le diamant, le coltan (basique pour les ordinateurs et les mobiles), le pétrole, etc. Telles sont les raisons des guerres violentes qui se déroulent dans ces pays et qui sont promues par les grandes entreprises transnationales pour déstabiliser les communautés, les régions, les pays, et ainsi contribuer à maintenir des milliers de personnes dans la misère.

Les délocalisations ont un impact sur l’emploi des pays européens. Le démantèlement de l’industrie pour la délocalisation a détruit des milliers d’emplois et rendu les pays dépendant du secteur des services. Les différentes réformes du travail promues par le patronat et les différents gouvernements de gauche comme de droite, ainsi que le démantèlement de l’industrie, ont fait de la précarité de l’emploi une priorité. Le caractère temporaire et la diversité des contrats précaires font que le travailleur n’a aucun moyen de se défendre contre les abus de l’employeur et que l’embauche et le licenciement du personnel par les employeurs est une affaire instantanée selon son caprice et sa rentabilité. Les taux de chômage sont encore très élevés et s’accentuent avec la crise sanitaire. La docilité des ouvriers et la peur du licenciement pour être ancré dans un chômage de longue durée, nous fait vivre dans une terreur et une angoisse constantes, sans savoir si nous pourrons avoir un avenir clair. C’est difficile de se projeter pour un logement, un crédit…quand on n’est pas certain d’avoir un boulot pour payer les traites.

On parle des caissières, des vendeuses, des magasiniers, des réapprovisionneurs, des serveurs et de tous ceux qui sont embauchés à temps partiels ou pendant les fêtes…et qui servent finalement à ce que les entreprises et l’Etat se fassent de l’argent tout en se votant une médaille dans la «lutte contre le chômage». Parallèlement, les fonctionnaires tant décriés, enseignants, personnels des services publics (médico-social, agents territoriaux…) se sont montrés indispensables à la vie quotidienne des gens au même titre que le personnel soignant.

Les temps de Covid 19 ont accéléré la casse sociale et l’effet d’aubaine est patent. L’Etat à coup de milliards sauve l’économie et les profits mais refuse de conditionner les aides publiques à l’interdiction des licenciements. Les plans de licenciements se multiplient ; ce sont 763 plans qui ont été lancés depuis le début de la crise Covid. Parfois dans des groupes qui dégagent des bénéfices faramineux.

L’acquisition de produits est nécessaire pour vivre dignement (vêtements, nourriture, logement, etc.). Nous devons cependant être conscients et échapper au maelström consumériste dont nous sommes constamment bombardés. L’origine de tous les produits que nous achetons ne provient  bien souvent que la sueur et le sang de millions de personnes qui sont honteusement exploitées pour une bouchée de pain pour nourrir notre consommation parfois futile.

Les produits acquis ne naissent pas dans les rayons des hypermarchés, mais sont manipulés, transformés et transférés par les travailleurs, et non par les employeurs, qui sont ceux qui bénéficient du  fruit du travail des autres. L’auto-organisation des travailleurs, la solidarité, la dignité et l’autogestion de notre travail sont les seules clés pour vaincre le capitalisme et toutes les classes qui divisent les êtres humains. Les libertaires, compte tenu des urgences sociale et climatique, tout en démontrant depuis des décennies que sans les travailleurs, l’économie est à l’arrêt, pensent qu’il est temps de mettre en place une société socialisée au service de la population et de la planète.

Pas besoin de politiciens pour agir directement sur les enjeux actuels, sociaux et écologistes. D’ailleurs, ce sont ces mêmes politiciens qui ont permis le retour dérogatoire des néonicotinoïdes, qui désirent découper EDF avec le projet Hercule, qui amenuisent nos libertés avec le projet de loi « Sécurité globale »… Assez d’hypocrisie !

TI wi ( Gljd)

 

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