Les femmes afghanes défient les talibans

Des dizaines de personnes, principalement des femmes, ont bravé les talibans en manifestant ce mardi à Jibril, dans la province d’Hérat. Scandant des slogans tels que « Du pain, du travail et la liberté » et « L’éducation », les manifestantes protestaient contre la répression croissante des talibans à Hérat. Récemment, ces fondamentalistes soutenus par le gouvernement ont enlevé 48 femmes en plein jour sous prétexte qu’elles portaient un hijab jugé « inapproprié ». L’enlèvement de femmes dans la rue est une pratique courante chez les talibans, et c’est à cela que s’exposent les femmes qui osent manifester, en plus des violences et de l’ostracisme social.

Selon le journal afghan Hasht-e Subh,  les manifestations ont été violemment réprimées, faisant de nombreux blessés et un nombre indéterminé de femmes enlevées. D’autres sources font état d’au moins deux morts aux mains des talibans.

Le Front anarchiste d’Iran et d’Afghanistan a publié la déclaration suivante :

« Aujourd’hui, 9 juin, les courageux habitants d’Héra ont manifesté en réaction à l’arrestation de femmes par les forces talibanes dans la ville de Jibril, province d’Hérat. »

La manifestation populaire à Jibril, dans le gouvernorat d’Hérat, a une fois de plus mis en lumière le profond fossé qui sépare le désir de liberté du peuple et la politique répressive du gouvernement. Les femmes et les hommes descendus dans la rue sous la bannière « Du pain, du travail, de la liberté » ne réclamaient pas seulement les droits humains fondamentaux, mais bien le droit de vivre dans la dignité, le droit au travail, le droit à la liberté et le droit de choisir leur propre destin.

Selon certaines informations, au moins deux personnes sont mortes et des dizaines ont été blessées lors de la répression. Par ailleurs, de nombreux blessés craignent de se rendre dans les centres médicaux de peur d’être identifiés et arrêtés. Le gouvernement, par le biais des talibans, menace non seulement le droit de manifester pacifiquement, mais aussi le droit aux soins médicaux et même le droit à la vie.

Nous soutenons toutes celles et ceux qui ont réclamé la liberté, la justice sociale, l’égalité et la dignité humaine sans recourir à la violence. La voix des femmes d’Hérat est celle de celles et ceux qui défendent leur droit à vivre librement, même dans les circonstances les plus difficiles.

C’est pourquoi nous appelons les anarchistes du monde entier, les médias libres, les organisations populaires, les mouvements sociaux et la conscience de toutes les personnes de bonne volonté à suivre et à ne pas oublier la situation à Hérat, à faire écho à la voix des victimes de la répression et à ne pas rester indifférents à la violation des droits et libertés fondamentaux du peuple afghan.

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