L’anarcho-syndicalisme, toujours d’actualité

Faire référence à la Charte d’Amiens (C.G.T. 1906), aux collectivisations en Espagne révolutionnaire (1936-1938), ce n’est pas faire uniquement un retour vers le passé mais plutôt un retour vers le futur. L’anarcho-syndicalisme possède une boîte à outils encore valable à bien des égards. L’indépendance syndicale vis-à-vis de tous les partis politiques ( à ce titre, l’utilisation de son titre de confédéré devrait être prohibé) ; l’action directe qui n’est pas une action violente mais définie comme une action qui n’a pas besoin d’un intermédiaire politicien (les travailleurs agissent directement sans médium) ; la grève perlée (qui est encore utilisée dans certaines usines et corporations) ; le fédéralisme par opposition au centralisme (ce qui permet des actions décentralisées qui n’ont pas besoin d’attendre un quelconque mot d’ordre d’un chef ou d’une coterie) ; la lutte des classes (des classes ouvrières dirait Proudhon) ; l’autogestion ou plutôt la gestion directe (on travaille, on vend, on se paie) ; la grève générale (qui devrait être réactualisée et recentrée sur la grève des consommateurs) ; la Révolution sociale et libertaire ( toute égalité politique sans égalité économique et sociale est une fiction); la Révolution écologique et sociale (ne pas prendre en compte aujourd’hui les mesures à prendre pour lutter contre le dérèglement climatique est une faute) …

Cette boîte à outils qui demande à être complétée reste d’actualité et n’a rien d’obsolète. Les anarcho-syndicalistes n’ont aucune confiance dans le parlementarisme (les parlementeurs), ni dans les partis qui passent leur temps à se lancer des peaux de banane et luttent pour le pouvoir de leurs chefs et les subventions étatiques qu’ils obtiennent par nos impôts. Nous n’avons confiance dans aucun gouvernement. La gauche a trahi et ceux qui s’en réclament, trahiront à leur tour. Le pouvoir est maudit.

Ne nous laissons donc pas séduire par le chant des sirènes du réalisme politique. Le réalisme bourgeois, c’est l’acceptation de la servitude. Notre réalisme, c’est la conscience de la force de l’ennemi, alliée à la certitude de la nécessité de l’anéantir. La répression est là, dans la rue, dans les usines, dans les canons… Mais notre volonté de résister est là aussi, dans les ateliers, dans les champs, dans les quartiers les plus reculés. Que la répression nous trouve debout. Que le terrain actuellement défavorable nous trouve en mouvement. Que la tension nous trouve dans les tranchées. Car la victoire de la liberté n’est pas une récompense pour les prudents ; c’est une conquête pour les audacieux. C’est le renversement de l’ordre bourgeois qui nous apportera l’aube, mais ce renversement exige que chacun de nous, maintenant, à cet instant précis, prenne son outil, sa parole, son poing ou son intelligence pour détruire nos chaînes.

La lutte continue, au jour le jour. Non pas parce que nous espérons un avenir facile, mais parce qu’aujourd’hui, sans lutte, est insupportable. Non pas parce que l’avenir nous garantit la victoire, mais parce que le présent exige la rébellion. La répression est omniprésente, le terrain est hostile, la tension est extrême. Mais la résistance est notre essence. Et tant qu’il y aura un seul exploité, une seule femme opprimée, un seul travailleur enchaîné, il y aura un anarchiste qui posera la dynamite de la liberté. En avant donc ! La victoire est le chemin lui-même, et le chemin est la lutte jusqu’au bout.