Communiqué du Groupe Libertaire Jules Durand: Soutenons les lycéens et lycéennes

Soutenons les lycéens et lycéennes

Depuis une semaine un mouvement impulsé par des lycéens et des lycéennes prend forme en région parisienne et s’est étendu dans d’autres endroits du territoire. La Seine-Saint-Denis, département le plus pauvre de France métropolitaine est particulièrement touché par la casse des services publics et l’abandon, le mépris de la Région et du ministère de l’Éducation nationale. Les anarchistes félicitent les jeunes qui se mobilisent face au manque de moyens dans l’Éducation nationale et à la dégradation de leurs conditions d’études. Les lycéennes et les lycéens ont raison de se mobiliser. Ils ont raison de ne pas vouloir attendre l’élection présidentielle de 2027 dont il ne ressortira rien de bon quel que soit le vainqueur de cette joute électorale. Ce mouvement social prend de l’ampleur et c’est bon signe. C’est signe que la jeunesse n’est pas anesthésiée par deux quinquennats de Macron. C’est signe aussi que la jeunesse ne veut pas du Rassemblement National au regard des revendications portées et des slogans scandés.

Les lycéens en ont ras-le-bol des classes surchargées, des enseignants et personnels non remplacés, des établissements qui se délitent, du séparatisme scolaire, des emplois du temps à trous. Les classes de plus de 35 élèves sont monnaie courante. Les grands-parents de ces jeunes ont connu ces mêmes effectifs dans les années 1970, c’est dire que les conditions de travail et d’enseignement ne s’améliorent pas depuis plus de cinquante ans. Aujourd’hui, les lycéens manquent de tout et veulent des conditions d’enseignement dignes en termes d’effectifs, de personnels, de bâti scolaire et d’équipements. Ils en ont marre ainsi que leurs parents de la violence du tri scolaire et social, la pression de Parcoursup dont l’abrogation est demandée car Parcoursup renforce les inégalités et prive des milliers de bacheliers d’une place dans l’enseignement supérieur. Ils ont mille fois raison. Alors les manifestations et les grèves à l’appel de l’intersyndicale du service public l’ont scandé hier, mardi 29 septembre : « on veut des moyens. »

Les bocages se sont intensifiés durant cette journée de grève de la Fonction publique: 338 établissements concernés mardi, dont 45 encore bloqués, selon le ministère de l’éducation nationale. Les lycéens ne décolèrent pas car aujourd’hui, dans un établissement sur deux, il y a des équipes d’AED (assistants d’éducation) où il manque 50 % des effectifs, des établissements où il n’y a pas d’infirmière scolaire, où il n’y a pas d’assistante sociale, des établissements où il manque des enseignants même dans les disciplines où les élèves devront passer le BAC. Mais comme disent les jeunes, la réponse du gouvernement a été la répression : 440 interpellations et 10 blessés parmi les élèves et les personnels. Tout cela pour avoir demandé un service public de qualité. Que l’on soit en ville ou en milieu rural. C’est normal que les jeunes se mobilisent pour leur avenir, c’est sain.

La réponse violente à ce mouvement légitime nous choque : clé d’étranglement sur une jeune fille, tir à bout portant de lacrymogène brisant les dents d’un jeune homme, coups de matraques, gaz en plein yeux, utilisation de taser, gardes à vue abusives (environ trois cents à ce jour) insultes, fouilles de sacs au sein d’un établissement … Sans parler des témoignages de violences loin des caméras, au sein des commissariats. Cette brutalité policière est disproportionnée et insupportable. Les ordres donnés par le ministre de l’intérieur et validés par le premier ministre doivent cesser immédiatement et sont dignes d’un État autoritaire aux abois. Quel décalage entre les revendications simples des lycéens et lycéennes et l’intransigeance du « maintien de l’ordre » qui vise l’effet de peur.

Que le gouvernement prenne bien garde car les travailleurs sont du côté des jeunes et ils ne laisseront pas leurs enfants se faire tabasser sans rien dire.

Contre les violences institutionnelles et policières : solidarité !

Les parents d’élèves et tous les personnels des lycées se doivent de protéger les élèves de la violence policière en étant présents auprès d’eux et elles. Nous appelons les militants à fournir de l’information anti-répression aux élèves : droits durant la garde à vue par exemple.

Les lycéens et lycéennes font des demandes simples et essentielles qui devraient être comprises car évidentes et la réponse gouvernementale est la violence. La violence appelle la violence, c’est peut-être cela que le gouvernement cherche afin de discréditer le mouvement lycéen. C’est inadmissible que la police essaie de terroriser les jeunes qui bien entendu crieront de plus en plus « Tout le monde déteste la police » comme ce fut le cas hier quand la police passait devant les lycées bloqués.

Ne nous habituons jamais à l’inacceptable ! Solidarité avec les lycéens et lycéennes !

Amplifions la lutte pour un service public de qualité et égalitaire, pour l’intérêt général et que cesse cette politique de l’austérité. Leurs revendications sont les nôtres. Ce sont des revendications pour l’avenir. Cet avenir passera aussi par l’écologie sociale et libertaire pour la défense de la planète. Que le crétin Trump soit maudit. Maudits soient aussi ceux qui frappent les jeunes et ceux qui préparent la guerre.

Patoche (GLJD)