
Le réchauffement climatique avec ses trois vagues de canicules récentes n’est pas une vue de l’esprit mais bien la conséquence de notre inconséquence. Ce réchauffement est accompagné d’une pollution de l’air. Cette dernière tue aussi et la pollution de manière plus générale empoisonne les sols, l’eau…bref on assiste à une destruction écologique systémique. Faute d’agir immédiatement, nous allons laisser aux générations futures un sacré bordel. De surcroît la généralisation de l’Intelligence Artificielle nous entraîne vers un renforcement du contrôle social. Si on ajoute un regain de la foi religieuse, l’aliénation que nous avons tant combattue va encore faire davantage de dégâts dans des cerveaux déjà bien encombrés par des réseaux sociaux peu rationalistes. Ce qui était fiction entre dans nos vies à grande vitesse et pénètre le monde réel. Nous sommes donc inquiets, pas par pessimisme mais par réalisme. Nous constatons que le mot crise a été employé à de nombreuses reprises : crise économique et financière, crise humanitaire dans tel ou tel coin du monde, crise sanitaire (Covid, Ebola etc.) et maintenant crise climatique. Nous vivons dans une société en crise. Le pire, c’est que chaque expérience nouvelle devrait nous inciter à changer et à modifier les priorités mais ce n’est pas le cas. Après l’épisode du Covid, nous aurions pu penser que la santé deviendrait la priorité et qu’il faudrait allouer davantage de moyens à l’hôpital public d’autant que ce dernier est à nouveau sollicité et débordé par les afflux de patients dus aux canicules. Pourtant, le gouvernement a continué à fermer des lits et à agir selon les anciennes façons de faire. Le droit au logement (décent), à une alimentation saine et variée, l’éducation, les services de base (eau, électricité, gaz…) ne sont toujours pas pris avec le sérieux qu’il conviendrait. C’est toujours l’économie qui prime sur tout et l’inventivité de personnes peu scrupuleuses pour faire de l’argent et trouver de nouvelles niches juteuses est sans borne…et sans éthique. Nous sommes dans un cercle vicieux où les bénéfices de structures sanitaires privées sont gonflés par une multiplication de pathologies due au système. Explosion des cancers, maladies diverses…L’agriculture intensive et chimique rompt les équilibres écologiques et est parfois source de maladies professionnelles et de voisinage.
Nous sommes dans une logique d’amputation de prestations sociales, de services publics alors que la valeur du patrimoine des plus argentés augmente a contrario. Ceux qui possèdent du patrimoine spéculent et connaissent toutes les ficelles pour payer le moins d’impôts possible. Ils ne créent rien par aucun travail contrairement aux travailleurs. Les bénéfices obtenus sont la conséquence de la revalorisation récurrente des actifs financiers, immobiliers ou autres. Cela ne correspond à aucune fonction sociale et on assiste à une inversion des vraies valeurs, à savoir que les métiers d’utilité sociale sont sous-payés : travailleurs des premières et deuxièmes lignes. Le lucre sans contrepartie ne cesse d’augmenter alors que de plus en plus de gens ont du mal à boucler les fins de mois tout en travaillant. Les plus désargentés sont aussi parmi les premières victimes du dérèglement climatique.
Nous sommes à la fois dans une impasse socio-politique et écologique. Nous n’avons d’autres choix que d’orienter les transformations sociales vers des horizons écologiques et sociaux plus salutaires. A défaut, le capitalisme ainsi que le capitalisme d’Etat accroîtront encore davantage leurs effets négatifs sur les populations les plus vulnérables. Tant que la déconnexion des décisions économiques par rapport aux dommages sociaux et écologiques qu’elles occasionnent fonctionnera en boucle, l’affrontement entre développement économique et détérioration écologique perdurera et augmentera au profit du premier. Avec pour conséquences l’aggravation des inégalités et de la précarité économique ainsi que la détérioration écologique.
Ce ne sont pas des réunions incantatoires et/ou institutionnelles qui vont changer les choses si on ne s’attaque pas aux facteurs qui engendrent le réchauffement climatique. Autrement dit, on ne corrige pas les effets (réchauffement climatique) sans s’attaquer aux causes (l’usage de la Terre et ses ressources).
Ty Wi (GLJD)