
Bolloré ou les Editions Noir et Rouge
Tout le monde se plaint de la conquête des médias et l’édition par Bolloré, ce dernier ayant pour but de coloniser tout un secteur afin d’en faire un instrument de propagande. L’emprise de Bolloré sur l’édition vise la mise au pas de la liberté éditoriale mais cela correspond à la croisade culturelle qu’il a entreprise sur le plan idéologique. Les thèmes de l’extrême-droite sont ainsi portés par un milliardaire qui a les moyens financiers de ses ambitions. Les thèmes concernant le déclin français, l’insécurité, les migrants voire le grand remplacement… sont portés avec des moyens jusqu’à présent inégalés. Au-delà du capitalisme financier qui tend à davantage de concentration pour augmenter ses profits, c’est l’entreprise idéologique conservatrice et d’extrême-droite qui doit nous inquiéter. Les instituts de sondage nous martèlent déjà que Marine Le Pen et Jordan Bardella caracolent en tête des intentions de vote de la présidentielle de 2027. Si on ajoute l’ingérence russe dans les prochaines élections et la bollorisation de l’espace éditorial, on constate que les puissances de l’argent ( avec Stérin etc.) veulent faire la pluie et le beau temps dans l’espace politique.
Les anarchistes n’ont pas les moyens de contrebalancer le financement de la propagande réactionnaire sur laquelle se concentrent tous les efforts éditoriaux de l’extrême-droite mais ils ne sont pas démunis. Les Editions Noir et Rouge par exemple ont édité une quarantaine d’ouvrages de qualité et il ne tient qu’aux libertaires de soutenir ceux qui se battent pour un autre futur. Celui-ci passe aussi par l’édition et il nous faut donner la priorité aux éditeurs qui nous sont proches, à ceux qui oeuvrent pour un monde solidaire et égalitaire.
Les Editions Noir et Rouge ne peuvent rivaliser avec Bolloré mais elles peuvent gripper à leur mesure, comme un petit grain de sable, les rouages et l’emprise du milliardaire sur l’édition. Les journaux comme Le Monde se donnent bonne conscience en dénonçant la mainmise de Bolloré sur l’édition mais portent une lourde responsabilité quand ils se refusent à parler des livres parus dans les Editions Noir et Rouge. Ils agissent de fait comme Bolloré et sont au final très proches de ses pratiques qui consistent à marginaliser ceux et celles qui n’entrent pas dans leurs cases.
Des éditions comme Libertalia, SCUP…sont à signaler et à soutenir. Les libraires pourraient aussi ne plus exposer les livres issus de la galaxie Bolloré-Stérin…Les auteurs pourraient de même se coordonner pour créer une alternative et monter une maison d’édition concurrente de Grasset, Hachette…Mais en attendant, nous souhaitons valoriser ce qui existe et produit de bons livres : Les Editions Noir et Rouge.
Patoche (GLJD)
