Unité politicienne factice

Aujourd’hui, nous assistons au spectacle de la politique, un spectacle fait de corruption, d’insultes, de mensonges, de mépris… bref, de politique. Et nous le regardons avec exaspération, observant comment ces spectacles sont mis en scène – ceux du passé, ceux du présent, ceux du futur proche jusqu’aux prochaines élections c’est-à-dire d’élections en élections. Médias de tous bords, qu’il s’agisse de porte-paroles, d’images ou d’articles… d’extrême droite, de droite, de centre, de gauche… Tous ont le même objectif : prendre le pouvoir. Et dans les faits pour bon nombre, reproduire la corruption, les insultes, les mensonges, le mépris… le fameux « vous voyez ce que je veux dire ! ». Or, quelque chose de nouveau a émergé – enfin, pas vraiment nouveau : le besoin pour la gauche de se présenter comme unie se fait toujours sentir à l’approche des élections. Et c’est là où nous en sommes. Mais pas trop unis quand même avec LFI qui sent le soufre pour certains, surtout après l’épisode de la jeune garde et le jeune fasciste qui a été tué. Alors même que nous allons commémorer le 90 ème anniversaire du Front populaire, il est fort étonnant que le gouvernement ferme les yeux sur le fascisme – soutenu par la droite, l’extrême-droite et la bourgeoisie – et renvoie dos-à-dos les fascistes et les antifascistes. Prenant plutôt le parti, au final, des néofascistes cependant.

Et nous constatons la résurgence de ce besoin d’« unité ». Il est pour le moins curieux qu’aucun média, tous bords politiques confondus  ne s’intéresse au phénomène de l’unité circonstancielle. Pour le reste, c’est toujours la même rengaine. Il semble désormais normal que la gauche s’unisse par décision d’en haut. La direction fait ses propositions, elle accepte d’en discuter, puis elle décide de ne même pas en discuter à la base… Quoi qu’il advienne de ces discussions, ou plutôt de ces vaines conversations – qu’elles aboutissent à un accord et à l’union, ou qu’elles échouent et que les partis restent divisés –, cela ne mènera à rien de bon. Ce sera une nouvelle phase qui ne fera que copier la précédente, laquelle avait elle-même copié la précédente…

Tant que cette « union tant désirée » sera imposée par une direction – puisqu’elle est celle qui dicte la voie – que ce soit par ordre et commandement de la direction du parti, ou plutôt, tant que les partis eux-mêmes s’expriment, choisissent ou rejettent cette « union », elle est vouée à l’échec: « Ce qui ne peut être, ne peut être, et de plus, c’est impossible. » On pourrait ajouter qu’elle ne sera même pas efficace. Tant qu’elle sera imposée d’en haut. Tant que les gens n’exprimeront leurs opinions qu’en déposant un bulletin de vote dans une urne le moment venu ou en appuyant sur un bouton. Tant qu’aucune assemblée à l’usine, à l’école, à l’université, dans le quartier … ne se prononcera sur la question et ne décidera des conditions et des modalités de sa mise en œuvre… Eh bien, il n’y a rien à faire. Et pire encore, toute cette information, toute cette manipulation, ne fait que démobiliser les manifestants dans la rue. Une fois de plus. Alors que l’on sait par expérience que seule la lutte paie, seules les mobilisations de masse dans les rues peuvent contraindre les politiciens et les gouvernements à plier et accorder des avantages sociaux que l’on appelle dans ce cas des conquis. L’unité ne peut se faire qu’à la base. Toute autre unité n’est que factice et vouée à l’échec. Dis leur merde aux leaders.

Ty Wi (GLJD)