Toutes les tendances anti-autoritaires sont dignes de respect et d’étude

chernobil-2018

L’anarchisme n’est pas qu’un critère fermé et par conséquent limité quant à la manière dont la société de demain devra  être gouvernée une fois la révolution sociale enclenchée; c’est-à-dire qu’il faudra détruire l’ordre social existant avec tout l’enchevêtrement des lois politiques et économiques, de l’autorité, de la propriété, de la religion, etc. car ce serait nier notre socialisme libertaire, l’essence même de notre idéal de liberté si on laissait perdurer les rouages qui permettent au capitalisme de fructifier. Les moyens à utiliser pour faire la Révolution ne doivent pas être contraires au but que l’on s’est fixé : le communisme libertaire.

L’anarchie, c’est l’absence de gouvernement, mais on peut très bien organiser la société autrement. C’est l’expression authentique de la liberté: liberté de pensée, liberté d’action, liberté d’expression, liberté de fonctionner ; tous ces concepts qui peuvent être considérés comme libres, sont représentés par l’acratie, concept de philosophie politique, inspiré de l’espagnol acracia, qui définit un état d’absence d’autorité, de domination, de pouvoir.

L’anarchie est donc un système politique pour ceux et celles qui veulent vivre dans une large atmosphère de liberté et sont par là-même, ennemis de l’autorité. Elle est donc la véritable représentation de la liberté dans toutes ses manifestations.

Ainsi, toutes les tendances anti-autoritaires sont dignes de respect et d’étude, en tant qu’idées qui se reconnaissent dans l’anarchisme. Au-delà de l’anarcho-syndicalisme, au-delà du communisme libertaire, au-delà de l’individualisme, il y a l’anarchie ; c’est pourquoi, nous, anarchistes, ne devons pas et ne pouvons pas enfermer nos critères, nos réflexions, dans les moules étroits d’un système, par le simple fait que dans les cellules et l’homme, tout se renouvelle et se transforme. L’évolution subit les renouvellements et les transformations conséquentes de tout organisme social.

L’anarchie est la base d’une société qui sera égalitaire et juste, parce que ses membres seront libres ; mais dans ce que représente l’anarchie, il y a des formules infinies. De nombreux systèmes reposeront sûrement sur la base libertaire au même titre que d’innombrables autres formes de gouvernement ont été construites sur la base de l’autorité. Plus tard viendront les affinités entre individus, entre groupes, entre communes… qui s’accorderont sur ce qui leur convient ou leurs envies.

Si un individu veut vivre complètement isolé, c’est ainsi qu’il vivra, sans que personne ne lui impose un autre mode de vie. Mais nous doutons qu’il puisse être heureux car l’homme est un animal sociable. S’il préfère la communauté, il sera dans la communauté ; s’il croit que la civilisation est un bien, une jouissance, qu’elle représente une somme de bien-être digne d’être savourée, il y restera. Si, au contraire, il croit que les raffinements de la civilisation ont amené les maladies et la dégénérescence des comportements, il essaiera autre chose. C’est le sens des progrès et des régrès. Pour celui qui recherche les joies de la civilisation, il aura besoin d’un travail complexe mais épanouissant. La vie sera ce que nous voulons qu’elle soit. C’est nous qui travaillons, c’est nous qui décidons.

Si l’anarchie était un idéal qui, comme tous ceux qui dominent dans le champ autoritaire, impose des dogmes, restreint les initiatives, inhibe les sentiments, nous cesserions d’être anarchistes, car il y a d’abord notre liberté individuelle, à laquelle nous ne renoncerons jamais sauf contraints par la force. Notre profession de foi anarchiste ne peut subir aucune faillite, car dans notre pensée, dans notre volonté, dans tout notre être, réside la force qui la constitue.

 

Avec ce concept, nous suivons les précurseurs de l’anarchisme et devançons ceux qui nous suivront dans les idées et les pratiques libertaires. Nous avons la profonde conviction que l’humanité jouira du bien-être dont il est juste de jouir, mais qu’elle en jouira si ceux qui se battent ne se découragent pas devant les difficultés auxquelles il faut faire face. Attention à ne pas se laisser enfermer dans le pessimisme ambiant ; c’est ainsi que naissent les éternels mécontents, dont la seule jouissance consiste à se tourmenter ou à prôner le  » y’a qu’à, faut qu’on « .

Nous savons pourtant et nous ne pouvons prétendre que tous les autres croient que l’anarchie est la seule forme de société possible. Nos idées, nos sentiments, nos goûts ne sont pas ceux de toute l’humanité, et nous pouvons très bien aimer quelque chose qui pour la grande majorité est détestable. En tant qu’anarchiste, nous ne pouvons rien imposer à personne ; en tant que personne de bon sens, nous militons pour que nos idées triomphent. C’est pourquoi nous devons être fermes sur nos champs d’action, nos pratiques et notre idéal.

Nous accueillons toutes les formules humaines qui partent du principe qu’il faut vivre  sans gouvernement  et qu’il faut jouir de toute la liberté possible.

Les grandes formules d’aujourd’hui sont l’action directe, l’écologie sociale et libertaire, le fédéralisme et l’égalité économique et sociale. Avec elles, tous les critères sont respectés, dans la mesure où avec la première on obtient sans intermédiaire politicien la liberté de chacun et de tous. L’homme et la femme autonomes s’accorderont et se fédéreront pour obtenir ce dont ils ont besoin ou envie. La liberté individuelle se démarque toujours, car même au sein de la communauté, vous pouvez être libre.

L’idéal anarchique est en capacité de sauver l’humanité car cette dernière court à sa perte si on ne prend pas les dispositions nécessaires et rapidement dans le cadre de l’urgence climatique. Il est aussi nécessaire et urgent d’intervenir pour mettre hors de nuisance tout armement militaire a fortiori l’armement nucléaire.

L’anarchisme possède de bons outils pour réorienter la colère et l’indignation des travailleurs (inégalités sociales croissantes, catastrophe écologique annoncée, possibilité d’une Troisième Guerre mondiale avec utilisation de missiles nucléaires…) vers des solutions égalitaires et empruntes d’humanisme libertaire. A défaut, les populistes de tous poils s’engouffreront dans la brèche de la désespérance pour nous faire entrer dans l’ère des tyrans.

Loïc L.H.

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