La rage et la haine parcourent nos corps contre les auteurs de logiques dévastatrices de la vie.

Maïs

Lorsque nous essayons de critiquer les différents gouvernements qui administrent l’État, nous ne le faisons pas simplement pour le plaisir d’une tentative de pensée critique, par antipathie pour telle ou telle forme de gouvernement, ou pour croire qu’il peut y avoir une manière bienveillante de le gérer. Nous le faisons parce que l’histoire politique, en général, nous montre que l’État en tant que garant du capital, au-delà de l’octroi de «droits» sous l’aile d’une politique interventionniste, au fond, écrase tout ce qui est à sa portée ; il ne peut rien faire d’autre que d’être le  gardien jaloux de la «machine productive-appropriative-extractive».

En ce sens, le modèle économique actuel est une politique étatique qui touche tous les gouvernements et viole les droits des populations bénéficiant ainsi au grand capital : sociétés pétrolières, sociétés minières, grands éleveurs, entreprises agro-industrielles, multinationales industrielles, spéculateurs en tous genres…. Il nous faut donc repenser la logique financière du capitalisme. Ce dont l’Europe a le plus besoin, c’est un monde environnemental durable. Arrêtons de produire en polluant. Arrêtons d’infecter l’air que nous respirons, arrêtons de salir l’eau que nous buvons, arrêtons de broyer les vies des travailleurs et des chômeurs. Et qu’on ne vienne pas nous tenir des arguments économiques pour essayer de soutenir que nous sommes obligés de continuer à contaminer le monde pour survivre.

Les «arguments économiques» sont des engrenages qui font avancer la roue de la domination capitaliste. Ce ton familier des Macron et consorts qui tente d’égaliser les positions entre le président politique et les citoyens, n’est rien d’autre qu’un artifice rhétorique chargé de démagogie. Si c’était juste cela, ce ne serait pas si terrible. Le langage des autorités politiques nous est plus que connu, sérieux et solennel, mais avec une touche de familier pour s’égaliser devant les citoyens, plein de crédibilité, de foi, ils nous enfument. Donc, dans un tel cas, le problème pourrait être réduit à croire ou non. Cependant, le fait est que ces discours, en plus de générer un consensus, une affinité politique et de garantir la «paix sociale», se transforment en actions politiques. Des actions qui génèrent une plus grande exploitation des ressources et des gens.

L’humain a été mis en relation avec la soi-disant nature en termes d ‘«ontologie de la guerre»: l’idée moderne de «savoir c’est pouvoir» impliquait la domination de la terre entière comme objet disponible, comme ressource. «Ontologie de la guerre», pour caractériser la manière dont nous nous rapportons à ce qui est considéré comme «nature», guerre vicieuse contre les animaux, et contre les modes d’existence humaine considérés comme animaliers. Cette «ontologie de guerre» montre un nouvel aspect dans la lutte contre les zoonoses. (Cragnolini, 2020)

Le « transfert zoonotique », qui est une manière technique de dire que de telles infections « sautent » des animaux aux humains, est un mécanisme que le capitalisme aide à se reproduire et à déclencher. Avec l’éventuel accord entre les gouvernements dont celui de la Chine, le risque pour la santé collective est indéniable, mais il risque d’être négligé. Tout comme ce fut le cas en 1996 avec l’introduction du soja transgénique avec la signature de pseudo-experts et responsables politiques. Ces personnages polyvalents et inconstants semblent avoir une obsession pour l’avancement de la technologie, du machinisme et du numérique. Bien que nous sachions que ces individus ne sont que des pions dans le jeu, nous sommes étonnés de leur capacité politique à intensifier la guerre contre les écosystèmes et l’existence humaine.

À cette époque, l’introduction de semences qui ne poussent qu’en combinaison avec un paquet de poisons a été approuvée, augmentant l’utilisation de pesticides de 1400% en près de 25 ans d’agro-industrie transgénique. Ce soja qui occupe aujourd’hui 60% des terres cultivées en Argentine par exemple, qui pousse le défrichage dans les provinces du nord, faisant d’eux l’un des  10 pays avec le plus de déforestation au monde , et qui est ensuite exporté vers des pays comme la Chine pour nourrir des animaux comme les cochons. ( Action Biodiversité , 2019)

«Nous avons commencé la guerre quand nous pensions que tout ce qui était vivant était à notre service, là, « à portée de main », prêt à être utilisé, fabriqué, consommé, anéanti», explique Cragnolini. Oui, «l’homme» de notre culture et de notre civilisation a lancé la guerre contre tous les êtres vivants. Mais nous devons avertir qu’il y a ceux qui essaient d’assumer nos responsabilités et de construire d’autres modes d’existence animal-humain et qui n’écouteront jamais. Nous pourrions commencer à ne pas croire ces négationnistes en série des vivants.

La rage et la haine parcourent nos corps contre les auteurs de ces logiques dévastatrices de la vie. Que pouvons-nous ressentir d’autre? Quel dialogue pouvons-nous établir avec ceux qui sont chargés, jour et nuit, de tracer les empoisonnements à venir qui se produiront contre ceux qui habitent les territoires et subissent la loi du profit ? Quels mots pouvons-nous échanger s’ils ont toujours fait, font et feront tout ce qui était en leur pouvoir pour que «le mécanisme productif-appropriatif-extractif» ne s’arrête pas?  Au plus fort de cette pandémie 2020, n’y a-t-il pas déjà trop d’exemples que l’Etat et le Capital sont contraires à la vie?

Nous souhaitons de tout notre être, entendre à nouveau le chant des oiseaux. Ecouter encore la nature, retrouver des eaux limpides, respirer un air plus pur…Mais nous entendons les sirènes des lobbies, le retour de la vieille économie basée sur la concurrence et la guerre commerciale. Les vieilles habitudes ont la vie longue. Nous craignons les autoritaires de tous poils qui attendent de nous emmurer, nous aliéner pour mieux masquer leurs projets liberticides.

TI WI (GLJD)

 

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