Manifestation des Gilets jaunes au Havre, le samedi 8 décembre

Gilets jaunes L.H.

Gilets jaunes au Havre, le samedi 8 décembre

Petite mobilisation le matin avec 300 à 400 gilets jaunes qui ont joué au chat et à la souris avec la police. Mais l’après-midi fut tout autre. Ce sont 3000 gilets jaunes qui ont arpenté les rues du Havre. Le long du bassin du commerce puis dans les jardins de l’Hôtel de ville. Parallèlement, la CGT avait un cortège de 300 personnes avec un départ de Franklin. Deux choses : quand on a si peu d’effectif au regard de la manifestation des gilets jaunes, on s’abstient de montrer sa faiblesse. D’autre part, la CGT manifestant avec les JC et le PC, en toute indépendance syndicale, certainement, n’aide pas à la convergence des luttes. Erreur tactique de la CGT et de sa direction locale. Quant aux manifestants de l’urgence climatique, ils faisaient piètre figure avec leur petite centaine de manifestants près du volcan. Pas très éruptive leur démonstration.

Durant la manifestation, peu de slogans sont repris : Macron démission, Edouard au placard. Si Macron, démission, ne pose pas de problème, Edouard au placard, a l’air d’en poser un. Attaquer l’ancien maire du maire du Havre serait faire de la politique…Bien jouée, la droite. Quant à la personne qui gueulait « on est chez nous », son slogan n’a trouvé aucun écho. Comme quoi, le F.N. n’est pas si présent que cela dans les manifs. Plusieurs dockers avaient choisi les gilets jaunes plutôt que ceux de la CGT. C’est à noter.

D’habitude, on voit toujours les mêmes trognes dans les manifs. On en retrouve quelques-unes mais l’essentiel des troupes est inconnu au bataillon. Les pauvres sont dans la rue et ceux-là sont peu habitués aux manifs. Nous espérons simplement qu’ils ne se laisseront pas embobinés par les politiciens à l’affût de toute récupération.

Après le RDV aux jardins de l’hôtel de ville, la CGT est partie de son côté par la rue Jules Lecesne puis les gilets jaunes, parallèlement Boulevard de Strasbourg. On ne se mélange pas. Et les 3 drapeaux du PC en queue de cortège ont dû être rangés…Pas de politique chez les gilets jaunes.

Arrivée devant le commissariat central ; par provocation, la police a ouvert une fenêtre et commencé à filmer tous les manifestants. Huées, sifflets…Ce qui était à prévoir arriva, la police sortit et commença à gazer les manifestants pour les disperser…

Nous reviendrons sur l’évolution de la situation locale ultérieurement.

Sur le plan national, nous voyons la dérive d’un pouvoir autoritaire aux abois : présence de blindés dans les rues, de 90 000 gendarmes et CRS, des centaines de blessés depuis la mi-novembre, 1400 interpellations pour la seule journée d’hier, des gamins qu’on humilie en les mettant à genoux mains sur la tête, ce qui nous rappelle de tristes moments de l’Histoire, des heurts violents dans de nombreuses villes, en toute décentralisation parisienne. Le gouvernement va avoir du mal à faire rentrer les manifestants dans le rang d’autant que les chiffres officiels tombent. La France est le pays le plus taxé d’Europe et nous savons que depuis 1988, plus de 50% des émissions de CO2 proviennent de seulement 25 entreprises et pays. Alors taxons en priorité les grandes entreprises plutôt que de pénaliser les travailleurs.

Macron va devoir faire beaucoup de pédagogie pour nous faire avaler la pilule.

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