Le libertaire d’octobre 2020

corona

La religion assassine nos libertés puis les gens

Il y a ceux qui ne croient qu’aux limites de la peur qui leur ont été instillées depuis l’enfance; ceux qui vont à la messe ou à la mosquée par habitude. Il y a ceux qui pensent faire du bien en répandant la parole contenue dans la Bible, le Coran même si c’est une parole haineuse. Il y a ceux qui pensent aussi que grâce à la religion, le monde peut être changé, qu’il peut y avoir une relation entre la religion et une lutte d’émancipation. Ce point de vue est erroné et dangereux. L’un propage la parole de Dieu ou Allah par ignorance; le second, qui devrait être une personne plus érudite, la propage par peur, par sottise ou par ignorance encore plus grande que celle du croyant.

« La religion a fondé l’Etat » dit Bakounine dans ses « Écrits ».

En effet, c’est sur l’ignorance du peuple que les croyances se sont construites, et celles-ci à leur tour ont fondé et justifient en ce moment les privilèges de la bourgeoisie.

Pour exercer sa fonction d’exploiteur, l’Etat a besoin avant tout d’une soumission complète du peuple à cette tâche. La soumission se fait soit par les armes, soit par la faim.

Cependant, ces deux dernières formes risquent de briser la patience du peuple et de faire apparaître des soulèvements.

Quelle meilleure manière alors d’obtenir la soumission du peuple que celle imposée dès l’enfance, celle qui enseigne que c’est un monde de souffrance, mais que tout sera compensé dans un futur paradis? Quelle méthode plus efficace que celle qui conseille que les coups des puissants ne soient pas opposés par une résistance révolutionnaire, mais par la résignation, la prière et la rotation de l’autre joue dans l’espoir de ne plus être frappé?

Ceux qui proclament l’existence d’un être supérieur, de la même manière, proclament l’existence d’êtres inférieurs.

Parce que s’il y a un dessus, il y a un dessous; et si Dieu est tout, l’être humain n’est rien; si Dieu est le salut, nous devons nous agenouiller pour mériter le pardon.

Jésus-Christ, dit-on, a proclamé l’égalité, la fraternité et la justice, et c’est ce qui doit être propagé, que ce soit de manière chrétienne ou révolutionnaire. Idem pour certains musulmans. Autour de leur prophète Muhammad qui a reçu la révélation de la parole de Dieu, s’est mise en place une communauté nouvelle.

Mais nous demandons de quel genre d’égalité, de fraternité et de justice, ces personnages parlaient-ils?

Egalité disent-ils. L’égalité mais dans «les limites et l’obéissance à leur Dieu». Si votre Dieu est le maître, le reste d’entre nous sont les esclaves. Dieu est le chef, et les autres doivent seulement obéir. Par conséquent, en proclamant l’égalité, cela ne signifie rien d’autre que le fait que nous sommes tous «également» esclaves. Il ne s’agit pas d’autre chose à laquelle tout le monde obéit également soumis. Ni rébellion ni justice, esclaves pareillement. Et si leur Dieu nous veut de cette manière «égalitaire», les gouvernements proclament à leur tour «l’égalité devant la loi». La religion ayant fondé l’État, le parallélisme entre l’un et l’autre ne pouvait qu’être semblable à un degré aussi étendu.

Fraternité, disent-ils, quand ils promettent le paradis après la mort et la résignation dans la vie. En d’autres termes, ne pas s’organiser, et si on fait «fraternel» qu’ils soient fascistes, autoritaires ou socialistes, peu importe, il faut être «fraternel». En d’autres termes, pas de révolution sociale, pas de guerre de classe … une réforme et seulement une réforme est ce qui peut sortir d’une telle façon de comprendre l’organisation sociale, et de cette manière, le peuple est à nouveau persuadé de continuer à être les esclaves d’une petite minorité d’exploiteurs. Ni guerre entre classes ni révolution sociale, ils ne revendiquent que passivité et impuissance face aux injustices sociales. «Liberté et non-violence» comme ils le proclament parfois, ne veut rien dire d’autre qu’une acceptation passive des conditions actuelles. A cette devise nous opposons cette autre, la Liberté et l’égalité économique et sociale. A différents moments de l’histoire, la religion s’appuie aussi sur la violence. Croisades, Inquisition, assassinat chez les chrétiens. Mise en esclavage des non-musulmans, djihad, califat, assassinat chez les musulmans.

Justice disent-ils tous. Et tandis que la justice est proclamée, ils proposent précisément que l’être humain s’agenouille devant un être inexistant dont la croyance provient précisément de l’organe le plus injuste: l’État. Même si la religion est antérieure à l’Etat, ce dernier a vu ses prérogatives renforcées par la religion. Les religions d’Etat.

À toutes ces choses, l’anarchisme doit déconstruire les mythes religieux et les textes religieux tout simplement.

 

Nous proclamons la mort de l’idée du Dieu chrétien, juif, musulman ou de tout autre Dieu. Nous affirmons l’indépendance de l’être humain de toutes sortes d’être créateur.

Plus d’esclaves soumis. Plus d’irrationnel. Plus de christianisme tiède. Plus d’églises. Plus de couvents ni plus de théologie, pas même la soi-disant «théologie de la libération». Plus de mosquées, plus d’apostasie, plus d’ascension céleste, plus de chûra, plus de Dhimma, plus de fatwâ…

La révolution sociale proclamée par les anarchistes donnera à chacun la plus grande liberté de croire ce qu’il préfère ou d’être athée. Mais aucune religion ne nous soumettra.

Scientifique et rationnelle, l’éducation doit démolir avec un maillet de géant les croyances absurdes du créationnisme, de Dieu, du prophète et de toutes les idées fondées sur l’irrationnel.

La religion ne s’adresse pas à l’esprit, mais au cœur. Par conséquent, malgré les milliers de preuves qui réfutent l’existence de leur Dieu, les croyants continuent d’exister. Ils ne croient pas en vérifiant les choses, mais par sentimentalité ou par peur. Mais la science, implacable dans ses démonstrations, doit remplacer définitivement les cultes religieux, car comme le dit Nietzsche: «Rien n’est plus nécessaire que la vérité et, par rapport à elle, tout le reste n’a qu’une seconde valeur.  »

 

Ainsi, les libertaires doivent accorder une place primordiale à l’éducation et les écoles confessionnelles doivent disparaître pour ne plus être des centres d’ignorance où nos enfants sont éduqués dans l’irrationnel, dans l’absurde, dans le conditionnement.

La morale religieuse est la morale des lâches, des soumis, de l’injustice et de l’inégalité.

Nous devons nous battre parce que lorsque les gens se lèvent, les prêtres, les imams ne peuvent pas les faire plier. La morale religieuse est opposée à une éthique humaine, juste et rationnelle.

Que nos enfants ne soient plus assujettis  par la croyance en un Dieu, quel que soit son nom.

S’ensuit-il que nous rejetons l’humanisme?

En aucune façon.

Mais l’humanisme que les croyants comprennent est l’humanisme absurde, celui qui fond dans la tendresse envers les fascistes et la police «parce qu’ils sont aussi humains», cet humanisme chrétien et conformiste qui ne mène qu’à l’absurdité, aux contradictions et à la perte de dignité et rébellion. Cette sentimentalité absurde qui convient si bien aux intérêts des exploiteurs et qui fait tant de tort à la liberté.

L’humanisme que nous désirons est un humanisme différent. Nous souhaitons la fraternité universelle de tous les êtres humains sans distinction d’âge, de sexe ou de couleur de peau. Mais nous comprenons parfaitement que pour que cela se produise, il est essentiel que le peuple cesse d’être soumis, silencieux et résigné. En d’autres termes, le peuple doit être rebelle, révolutionnaire, digne et juste. Entreprendre et poursuivre continuellement le combat contre tous les types de gouvernement, contre le capitalisme, le capitalisme d’Etat et surtout contre cette idée néfaste qui l’a aveuglé pendant si longtemps: la religion. Faire de la lutte, une lutte sans ambiguïté, rebelle, révolutionnaire, athée, anarchiste, digne, juste, radicale et fraternelle parmi les exploités.

Ces termes sont incompatibles avec la religion et la croyance en toutes sortes de Dieu.

 

C’est pourquoi nous proclamons qu’en parallèle de la lutte contre le capitalisme, nous devons frapper sans pitié cette croyance néfaste qu’est la religion.

Pour être physiquement libres, nous devons aussi être mentalement libres et vice versa.

Revendiquer la liberté économique et sociale, mais pas la liberté de pensée, équivaut à ne rien réclamer.

« Eh bien, en fait et en droit », dit Sébastien Faure, « l’anarchisme est antireligieux, anticapitaliste – le capitalisme est la phase historiquement contemporaine de la propriété – et anti-étatiste. » L’anarchisme doit donc affronter le triple combat contre l’autorité : contre l’Etat, contre la propriété, contre la religion. Humanisme, oui, mais humanisme digne, juste et libertaire. Pas d’humanisme soumis et lâche.

D’ailleurs, en ce qui concerne l’actualité, nous voyons comment les religions s’entendent pour casser le droit à l’avortement. Les évangélistes aux Etats-Unis ou au Brésil, les catholiques en Pologne, les musulmans au Pakistan… Tous sont d’accord pour inférioriser les femmes et leur dénier le droit d’avorter. La communauté LGBT est aussi dans le collimateur des fondamentalistes de toutes les religions. Quant aux dirigeants des pays précités, à force de côtoyer des ânes, ils finissent par braire.

le Libertaire Octobre 2020-v2

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