Du temps où le journal « Le Monde » répondait à « La Révolution prolétarienne »

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REPONSE  A M.TARTUFE

Nous avons reçu une seconde lettre de M.Beuve-Méry, le directeur du Monde. Bien qu’il nous demande cette fois de ne pas publier sa prose, nous croyons nécessaire de la faire connaître aux lecteurs de la Révolution prolétarienne :

Ayant lu dans le numéro de juillet de la Revue prolétarienne des appréciations  sévères, mais justes pour la plupart, sur la presse actuelle, je m’étais permis de relever une erreur de fait sur la prétendue impossibilité pour un quotidien d’équilibrer son budget « avec ses ressources propres ».

Je sais aujourd’hui combien était naïve cette démarche faite de bonne foi auprès d’un interlocuteur que je croyais également de bonne foi. La Revue prolétarienne a bien publié ma lettre. Ce dont je ne lui faisais nullement une obligation, mais pour l’agrémenter aussitôt d’insinuations calomnieuses avec un savoir-faire et aussi un manque de scrupules dignes des meilleurs politiciens professionnels.

Je vous prie d’excuser mon erreur et d’agréer tous mes regrets pour la revue et plus encore pour les causes qu’elle défend.

Hubert BEUVE-MERRY

 

N.B. Dans l’espoir de vous éviter une récidive, je préfère vous demander, cette fois, de ne pas publier ma lettre. Mais je me ferais le plaisir, le cas échéant, de vous ouvrir moi-même les archives et la comptabilité du Monde.

M. Beuve-Méry s’était imaginé sans doute qu’il nous faisait un grand honneur en nous invitant à l’admirer, lui et le Monde. Hélas nous n’accordons pas aussi légèrement notre estime, et notre admiration. Il ne nous suffit pas que son directeur nous dise que le Monde « équilibre son budget avec ses ressources propres ». Encore une fois, nous lui répondrons que nous ne demandons qu’à le croire. Mais seule la publication du budget du Monde, un budget sérieusement présenté et contrôlé, pourrait convaincre. Il veut bien nous ouvrir le cas échéant, ses  archives et sa comptabilité. Il serait bien plus sérieux de sa part de publier ce budget et de demander au comité des rédacteurs du Monde dont le fonctionnement est un peu à éclipse d’effectuer ce contrôle. Ce serait le meilleur moyen d’établir un point de fait.

Restent nos insinuations calomnieuses. Nous n’avons rien insinué nous avons dit que le neutralisme du Monde dégage généreusement une senteur prostalinienne trop caractéristique et des relents  significatifs d’antiaméricanismes. Nous ne pouvons que le redire.

Finissons maintenant par le savoir-faire et le manque de scrupules dignes des meilleurs politiciens professionnels que nous prête chrétiennement M.Beuve-Méry. Dernièrement, à propos de la publication par lui d’un faux, il a pu se faire dire par quelqu’un  de sa maison qu’il ne répugnait pas à recouvrir à des sources ni pures ni sûres. Nous lui dirons simplement qu’avec son étalage de naïveté et de bonne foi il nous fait penser à Tartufe stalinisant qui occuperait en 1952 le fauteuil directorial du journal qui incarne la bourgeoisie française.

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