Aujourd’hui, nous continuons à voir la barbarie en Ukraine

Drapeaux rouge et noir

Il n’est pas d’État qui, au cours de son histoire, n’ait souillé son histoire de la brutalité de la guerre. Les conflits de guerre, menés entre puissances pour des intérêts économiques, n’ont jamais apporté que misère et mort parmi les peuples, tandis que les puissants ne meurent jamais et ne mourront jamais sur le champ de bataille. Cela a toujours fonctionné ainsi, en envoyant des pions pour défendre un pays et des intérêts qui ne profiteront jamais qu’aux riches. Ici, nous laissons ces mots classiques et sages pour nous concentrer sur le sujet actuel : l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

Aujourd’hui, nous continuons à voir la barbarie, d’une manière beaucoup plus complexe que jamais, avec plus de technologie militaire et d’armement. Une fois de plus, la science, au lieu de faciliter la vie de la population, est utilisée pour défendre les intérêts des États et de leurs classes dominantes. De cette façon, la guerre, aidée par de grandes avancées technologiques, est devenue l’une des plus grandes affaires des dirigeants. Ainsi, aujourd’hui, dans un monde « mondialisé » avec de grandes armées, nous nous retrouvons avec les plus grands exodes et génocides de l’histoire. La moitié des enfants d’Ukraine par exemple  ont fui leur lieu d’habitation. Les Russes bombardent les civils : maternités, crèches, écoles, centres culturels…Ils menacent de même d’utiliser l’arme nucléaire. La menace est à peine voilée. Celle des armes chimiques serait à l’ordre du jour. C’est une nouvelle calamité qui risque de survenir bientôt car Poutine veut à tout prix gagner. Il jour sa survie politique. A moins qu’un coup d’Etat ne vienne stopper le dictateur car ce dernier fait perdre beaucoup d’argent aux oligarques.

On est scandalisé quand on voit à la télévision les flots de réfugiés, les images des champs de bataille, les immeubles éventrés, les ruines encore fumantes d’habitation, etc. mais on oublie que tout cela commence chez nous, avec nos gouvernements membres de l’Otan et nos entreprises qui fabriquent des armes et les vendent. Ce ne sont pas seulement les militaires qui prennent part au conflit armé et forcent la population à abandonner leurs maisons par des tirs de mortier ; la guerre commence dans les usines de nos villes et villages, car il est clair que sans les ventes d’armes, les guerres ne pourraient être menées. La paix est un enjeu de civilisation. L’antimilitarisme aussi par voie de conséquence.

Là où certains d’entre nous voient la tristesse et la mort, d’autres, sans éthique et sans scrupules, voient les affaires, et malheureusement tant qu’il y aura un marché pour les marchands de canon et des profits juteux à la clef, cela ne s’arrêtera pas. Les armes sont acheminées d’ici vers les pays acheteurs. Il n’y a pas de frontières pour les ventes d’armes. L’argent n’a pas d’odeur.

La France est l’un des pays qui exporte le plus d’armes dans le monde entier : navires de guerre, drones, grenades, canons, rafales etc. sont fournis  à toute personne qui montre son argent ou la promesse de contrats à venir pour reconstruire ce qui aura été détruit. Alors que la télévision nous divertit avec des séries policières, sur les trafiquants de drogue et leurs conséquences mortifères… nous ne réalisons pas que dans les bureaux des grandes entreprises européennes et dans la classe politique, nous avons le meilleur matériau pour une série TV qui, nous vous l’assurons, serait très difficile à supporter si nous pouvions voir les conséquences de nos actes, à savoir des ventes d’armes produites par des travailleurs français ou d’autres pays et qui tuent ou mutilent des populations civiles.

De nombreuses entreprises de notre pays ont un contact direct avec la production d’armes de guerre et d’autres s’y consacrent exclusivement. C’est ainsi que cela fonctionne ; des conflits se créent puis des armes sont vendues. Ces entreprises sont composées, comme toujours, d’hommes d’affaires peu scrupuleux, désireux de profiter de la mort et, d’autre part, d’ouvriers désireux de produire de la richesse pour les patrons ou les actionnaires… et la mort pour d’autres habitants de « pays malheureux ». Il n’y a rien d’étrange dans le comportement des ouvriers puisque depuis qu’ils sont enfants, ils connaissent la culture du travail et ont appris à remplir leur frigo sans regarder celui d’à côté et les problèmes que cela peut engendrer. Sans aucun remords, ils continueront à acheter des jouets guerriers  pour leurs enfants et apporteront le malheur aux enfants des autres.

Derrière tout cela se trouvent, comme toujours, des banques, des conglomérats et des sous-traitants et même « l’éducation », par exemple, le SNU, apprend également la soumission sous couvert d’intégration à la nation. De vrais hypocrites nous gouvernent ; alors qu’ils nous parlent de paix et de démocratie depuis leur fauteuil, confortablement installés, ce sont indirectement de par l’armement vendu à des belligérants, les complices de véritables criminels. Nous parlons ici de l’armement destiné à être utilisé contre des populations civiles (Yémen…). L’exemple de l’Ukraine est atypique car dans ce cas précis, les Ukrainiens se défendent ; c’est de l’auto-défense.

Mais que dire des ventes d’armes et de matériel sophistiqué vendu à la Russie avant 2014 et jusqu’en 2020. Que dire de notre dépendance aux énergies russes que l’on finance à coups de millions d’euros quotidiennement finançant ainsi la guerre menée aujourd’hui.

De la même manière que les médias nous bombardent du message constant que la Russie est dirigée par des êtres sans sentiments, des terroristes et sans cœur…, nos armes tuent ailleurs dans le monde. Mais ne vous y trompez pas, dans ce monde : nous ressentons tous quelque chose, nous  existons, nous pleurons, nous rions, nous tombons amoureux, nous nous battons… Nous sommes tous égaux, alors personne ne devrait mourir pour les intérêts du capital. Dans le cas de l’Ukraine et la Russie, ce sont le gaz et le pétrole qui sont des enjeux économiques et on peut y ajouter de la géopolitique pour les Russes qui aspirent à retrouver les frontières de la Grande Russie, voire au-delà, en souhaitant peut-être absorber toute l’Europe afin de devenir un troisième bloc de puissance face à la Chine et aux Etats-Unis.

Nous ne pouvons pas le permettre ! C’est vrai, mais cependant, ne laissons pas fabriquer d’armes ! A la course aux armements, il y aura toujours un plus fort. Désarmement dans tous les pays. Voilà ce qu’il nous faut. Nous savons tous que seuls les travailleurs sont capables de réaliser la production et qu’eux seuls peuvent l’arrêter, car les patrons d’usines d’armement ne produisent rien et dans ce cas, à part garder les bénéfices, ils laissent des milliers de cadavres derrière eux. Cela semble impossible, utopique, mais comme tout, c’est entre nos mains. C’est nous qui travaillons, c’est nous qui décidons.

Nous voulons qu’il soit clair que nous ne sommes pas  simplement pro-réfugiés, même si c’est utile et nécessaire, ainsi nous sommes anti-guerre, c’est-à-dire anticapitalistes. Il faut chercher l’origine des problèmes pour s’y attaquer et trouver la solution. Le problème, c’est le capitalisme comme toujours, ce capitalisme avancé à un niveau sauvage, dévastant tous les médias, accompagné de concurrence effrénée, de nationalisme, de patriotisme, une invention créée de longue date  pour mettre fin à la solidarité entre les peuples et inciter les populations à se haïr et à se faire la guerre pour les intérêts d’une minorité qui s’enrichit honteusement.

C’est ainsi que le système continuera de fonctionner tant que nous ne travaillerons pas pour aider tous les travailleurs et aujourd’hui, comme toujours, la solidarité et la sensibilisation sont nécessaires. Organisons-nous et arrêtons d’être complices des guerres et de leurs meurtres ! Aujourd’hui ils meurent ailleurs, demain ça peut être nous.

En tout état de cause, que les travailleurs soient sous la dépendance d’un employeur ou de l’Etat, c’est notre capacité de lutte collective qui peut permettre dans un premier temps d’améliorer notre rémunération et nos conditions de travail. Dans un second temps de s’organiser ensemble pour créer l’alternative libertaire qui seule est à même de changer l’orientation mortifère actuelle. De notre subversion à l’ordre établi, de notre volonté de lutter collectivement, de notre capacité à imposer un rapport de force, dépend la possibilité de s’émanciper et de créer un autre futur basé sur l’égalité économique et sociale.

TI Wi (GLJD)

Partager cet article