
Quand le passé revient au galop
Aux Etats-Unis comme partout ailleurs, l’Etat ne tremble pas : il réprime. C’est sa fonction première : donner les rênes du pouvoir à des régimes de plus en plus autoritaires pour mieux accentuer la répression et sauvegarder les intérêts des puissants.
En Iran, les massacres continuent et bloquent les projets émancipateurs. En Israël, la barbarie du Premier ministre n’a toujours aucune limite alors que si l’on veut la fin des effusions de sang au Moyen-Orient, il convient de veiller à ce qu’aucun règlement ne contienne les germes d’un futur conflit. En Syrie, Daech reprend du poil de la bête et les Kurdes sont à nouveau dans la tourmente et peut-être au bord d’un génocide.
En Ukraine, la population civile subit de lourdes pertes tant les Russes continuent à utiliser leurs missiles et leurs drones contre elle. Poutine est certainement très fier de s’attaquer à une population qui ne peut se défendre. C’est très certainement cela le courage orthodoxe. L’impérialisme chinois n’attend que le feu vert de Trump pour s’emparer de Taiwan. En Afrique, les djihadistes sèment la terreur et enlèvent à tour de bras. En Inde, les suprémacistes hindouistes font régner la terreur dans certains quartiers.
En Europe, la Hongrie, l’Autriche, l’Allemagne et l’Italie renouent avec une extrême-droite que l’on croyait disparue. En France, l’extrême-droite est aux portes du pouvoir ce qui révèle une décrépitude démocratique. Et ceux-là même qui prétendaient avoir été élus pour éradiquer l’extrême-droite, ne subsistent qu’au travers d’une actualité internationale qui va mal et c’est un euphémisme. Des figures du patronat français et de grosses fortunes volent au secours du R.N. et grâce à leurs médias fabriquent l’opinion.
Aux Etats-Unis, ICE tire à vue sur les manifestants. La chasse aux migrants bat son plein. Et si de nombreuses manifestations, malgré un froid glacial, se déroulent un peu partout dans le pays, pas sûr que la base Maga n’y trouve pas son compte. Que des universitaires soient obligés de quitter leur pays à cause d’une haine attisée contre eux par Trump et ses sbires, en dit long sur l’état de l’Amérique. Trump utilise toujours la même rhétorique en accusant les démocrates de créer le chaos et de promouvoir la violence. C’est l’inversion des normes et des responsabilités. On se trouve dans une situation ubuesque où l’on ne menace plus les ennemis de l’Etat mais ceux qui enseignent comment les reconnaître (cf Mark Bray). Les antifascistes deviennent ainsi la cible de l’extrême-droite.
L’étau fasciste se resserre un peu plus chaque jour dans le monde. Et l’Etat choisit toujours la guerre à une révolution sociale. Et le fascisme n’est qu’une contre-révolution préventive.
Alors, il nous reste nos coups de gueule ; notre rébellion ; notre révolte contre la société française ou d’ailleurs ; notre contestation de l’ordre du monde ; la dénonciation de ces sociétés incapables d’assurer le bien-être des gens …Nous nous sentons parfois étranger à notre époque avec un ras-le-bol des passe-droits des privilégiés. Nous en avons assez du bruissement des atrocités des guerres en cours, des bruits de bottes qui reviennent chez nous. Aurons-nous la force de lutter contre le cataclysme qui s’annonce ?
Micka (GLJD)