
Dans un article paru dans le journal L’Humanité, le 5 janvier dernier, l’auteur affirme que « des scientifiques britanniques viennent d’établir que nos lointains ancêtres étaient capables de faire du feu 350 000 ans plus tôt que ce que l’on pensait jusqu’à maintenant ».
C’est une équipe de chercheurs du British Museum de Londres qui a mis au jour « les plus anciennes traces connues de fabrication de feu », datant de plus de 400 000 ans, dans un champ du Suffolk dans l’est de l’Angleterre. À cette époque, en Europe, nos lointains ancêtres, des néandertaliens, savaient donc allumer du feu.
Cette découverte majeure situe la maîtrise du feu par des humains environ 350 000 ans plus tôt qu’on n’avait pu l’établir jusque-là. En effet, la plus ancienne preuve d’une production du feu, dans le nord de la France, datait de 50 000 ans.
Nous tenons à apporter quelques précisions sur cette affirmation. Non dans un souci de chauvinisme ni de polémique avec nos confrères de L’Huma mais pour donner une autre version de recherches qui se sont déroulées en Bretagne.
Les premiers feux d’Europe il y a plus de 400 000 ans
« Nous sommes en période glaciaire et la mer est bien plus basse qu’aujourd’hui. La Manche n’est qu’un petit golfe et ce qui constitue actuellement les îles britanniques est partiellement rattaché au continent. Le site le plus marquant de cette période du Paléolithique a été découvert en 1985 au lieu-dit Menez-Dregan, sur la commune de Plouhinec dans le sud-Finistère, en bordure de la baie d’Audierne. L’occupation humaine y a démarré vers 465 000 ans avant notre ère, dans une ancienne grotte marine effondrée.
On n’y a pas trouvé d’ossements humains, pas plus qu’à Saint-Malo-du-Phily. Mais des milliers d’outils en silex ont été découverts, ainsi que des vestiges d’animaux, en particulier un fragment, très altéré mais bien reconnaissable, de dent d’éléphant, un « éléphant antique » caractérisé par ses défenses droites, et non recourbées.
Surtout, on a mis au jour à Menez-Dregan des traces de feu, dont certaines ont été datées entre – 465 000 et – 400 000 ans, ce qui les place parmi les plus anciens vestiges de feu maîtrisé et entretenu par les humains. Cette innovation majeure permet désormais aux femmes et aux hommes de se chauffer, de cuire leur nourriture et de repousser les animaux hostiles, tout en favorisant la socialisation. Un pas de géant dans l’histoire de l’humanité ! »
Aux premiers temps de l’histoire | Histoire de la Bretagne https://share.google/VnK1X7HHceNm4E2kb
D’autres découvertes récentes nous passionnent. Récemment, des plongeurs ont découvert près de l’île de Sein une digue longue de 120 m et large de 20 mètres, sous les eaux. C’est une construction mégalithique datée d’il y a 7000 ans, ce qui indique que le niveau de la mer était 7 mètres plus bas qu’aujourd’hui et que l’île Sein avait une superficie bien plus grande et qu’elle était plutôt peuplée pour pouvoir organiser des travaux d’une telle ampleur. A ce jour, nous ne savons pas pourquoi cette digue a été construite. Etait-ce pour lutter contre les tempêtes, la montée des eaux…ou pour servir de bassin afin de récupérer moult poissons…A suivre, donc.
Et nous ne pouvons que conseiller la lecture des livres de David Graeber dont « Au commencement était… ».
Patoche (GLJD)