
Nous avons de quoi nous réjouir avec le taux d’abstention record pour une telle élection : 42,18% au deuxième tour. Les abstentionnistes sont en France les grands gagnants. Pourquoi fanfaronner ? Et bien parce qu’au soir du second tour, sur les plateaux TV, tous les politiciens se réjouissaient de leur victoire. Ils avaient tous gagné, alors pourquoi pas nous ?
Depuis des lustres, on a pris l’habitude de la mauvaise foi des politiciens, de leur morgue, de leur arrogance, de leurs mensonges, de leurs réflexes d’attaque ou de défense, de leur déconnexion totale avec les intérêts des gens qui ont voté pour un maire, enfin pour ceux et celles qui ont voté. Les électeurs ne s’attendaient peut-être pas à être déjà jetés dans l’arène des présidentielles. Ceux qui ont les crocs acérés, les aspirants au pouvoir et leurs soutiens n’en peuvent déjà plus et sont prêts à en découdre avec leurs concurrents. Car c’est bien de cela qu’il s’agit : de la compétition où tous les coups semblent permis. C’est leur monde : les cabales, les crocs en jambe, les fake-news, les caricatures…A l’opposé du monde que l’on souhaite basé sur l’entraide et la solidarité.
Regardons-les se pavaner, se vanter…La gauche était toute contente de conserver les trois plus grands villes de France : Paris, Marseille et Lyon. Et puis venaient Lille, Rennes, Quimper, Nantes, Rouen, Le Mans, Strasbourg, Nancy, Montpellier…et Pau, la ville du béarnais.
Les Républicains se présentaient comme la grande force et même la première force politique locale en France, avec le plus grand nombre de voix et d’élus. Et d’égrener quelques prises de guerre à la gauche : Besançon, Tulle, Brest, Clermont-Ferrand…
La France insoumise se réjouissait de plusieurs conquêtes : Saint-Denis, Roubaix, Vénissieux, Vaulx-en-Velin, Creil, La Courneuve…LFI va pouvoir obtenir un grand nombre d’élus dans les conseils municipaux.
Le R.N. n’était pas en reste et revendiquait 70 villes. Il accroît son implantation dans les quarts Sud-Est et Nord-Est de la France. Il empiète ainsi sur les plates-bandes de la droite. On constate toujours ce paradoxe entre une implantation dans plusieurs communes bourgeoises du pourtour méditerranéen et celle relative à un enracinement populaire dans le bassin minier. Le R.N. dispose maintenant de 3000 conseillers municipaux, ce qui va lui permettre d’essaimer aux alentours de ses lignes de force.
Il n’y avait que les écologistes qui faisaient grise mine mais comme il n’y avait pas eu de vague verte en 2020, il ne peut y avoir reflux. C’est de la dialectique politicienne aussi.
Alors, ils sont tous contents. Et bien nous aussi, mais pas pour les mêmes raisons.
Laissons place maintenant aux guerres fratricides, à couteau tiré, entre politiciens professionnels. L’opportunisme, les rivalités reprennent et vont donner une image déplorable de la politique. La partie de petits chevaux qui consiste à éjecter ses concurrents et les renvoyer à l’écurie est repartie.
Au Havre, nous avons toujours eu une « ligne abstentionniste » et nous comptons la garder. Il suffit de consulter notre site pour connaître les bases et arguments de notre engagement contre la délégation de pouvoir.
Ils ont voté, et alors ? Rien n’a changé depuis lundi pour les travailleurs. La seule chose qui va changer, c’est la hausse de l’essence et des factures de gaz et d’électricité…puis des denrées alimentaires. Ce qui va encore accroître nos difficultés à finir le mois. Merci au crétin Trump et au criminel Nétanyahou.
Micka (GLJD)