
Face au matraquage médiatique sur le « retour des guerres de haute intensité », le premier ministre, Sébatien Lecornu, a demandé à l’Assemblée nationale d’approuver le principe d’une augmentation du budget de la défense pour soutenir une montée en puissance plus rapide des forces armées dès 2026″. Il faudrait accélérer « notre réarmement » par une augmentation des crédits de 6,7 milliards d’euros en 2026″ (contre 3,2 milliards supplémentaires initialement prévus), pour un budget total de 57 milliards d’euros. Les chiffres sont hallucinants au regard des besoins dans d’autres domaines tels la santé ou l’Education par exemple. Et la déclaration du Premier ministre a été soutenue par 411 députés, sur les 521 votants….C’est dire le consensus parlementaire en la matière. Et bien entendu, ce ne sont pas les conseilleurs et les donneurs d’ordre qui iront au front mais les travailleurs.
Le gouvernement « proposera un texte de réactualisation de la programmation militaire au début de l’année 2026 au Parlement ». Et comme la plupart des députés, hors LFI et P.C., sont d’accord pour le réarmement, Lecornu obtiendra ce qu’il veut. La volonté des militaires est de produire davantage de munitions mais aussi des drones « en masse », en plus de ce qui est déjà engagé. Les députés vont donc être appelés à voter, à terme, le budget de la défense. Et ce dans un cadre d’une préférence européenne . « L’argent européen et donc du contribuable français doit servir les intérêts européens et donc les industries européennes » d’armement, a expliqué le Premier ministre.
La seule lueur d’intelligence vient des Insoumis et des Communistes qui défendent l’idée de paix, dénonçant une « cacophonie belliciste ». Et presque sur l’idée tant répétée des libertaires : si l’on veut la paix, on prépare la paix, par tous les moyens possibles…
Parallèlement on sent poindre une militarisation croissante qui justifiera la continuité dans le démantèlement de nos services publics. Et fiers de leur mentor en matière de budget de la défense, les députés macronistes vantent la pugnacité de Macron. Lecornu rebondit : « Depuis 2017, le budget du ministère des armées est passé de 32,07 milliards d’euros pour atteindre 57,1 milliards l’année prochaine si les crédits du projet de loi de finances sont adoptés ».
Il est curieux que personne ne fasse le lien entre augmentation des crédits militaires et baisse du financement des services publics. Mais au contraire le gouvernement compte utiliser ses relais et entend mobiliser pour augmenter les dépenses militaires, « l’école, le monde du travail et les collectivités locales ». Nous espérons que les syndicats, loin des cocoricos nationalistes, combattront cette idée, notamment le bourrage de crâne et la fuite en avant guerrière.
La France est déjà à l’avant-garde du militarisme avec plus de 200.000 militaires dits d’active, l’armée française se classe à la première place en Europe en termes d’effectifs avec la Pologne et ses 202.000 soldats. L’effectif total de l’armée de Terre est de 100.084 personnes. L’armée de l’Air et de l’Espace compte quant à elle 56.977 personnes, un chiffre similaire à celui de la Marine nationale (55.236). Les effectifs totaux s’établissent donc à 212.297.
L’armée de terre en opération permanente, s’appuie sur 77.000 combattants, ce que l’on appelle la force opérationnelle prête à intervenir. Près de 60% de l’engagement opérationnel des armées françaises est assuré par l’armée de Terre.
Selon le ministère, 31.000 soldats de l’armée de Terre sont en posture opérationnelle et assurent ainsi « la sécurité de nos concitoyens en France et à l’étranger » dans diverses missions.
L’armée française peut aussi s’appuyer sur 47.078 réservistes opérationnels militaires sous contrat au 1er juillet 2025. On peut y ajouter les près de 35.000 volontaires de la Gendarmerie nationale et les 4.000 civils de la réserve citoyenne de défense et de sécurité (RCDS). De surcroît, près de 60.000 anciens militaires restent mobilisables pendant cinq ans après leur départ.
Ces chiffres devraient nettement croître dans les années à venir.
Alors que faire face à cette déferlante militariste ?
De nombreux jeunes, garçons et filles, se disent prêt à endosser l’uniforme et à s’engager. Des jeunes de 15 ans ! Pas tous, heureusement. Mais qu’est-ce qui peut bien passer par la tête d’une partie de la jeunesse pour ne pas hésiter à vouloir entrer dans l’armée ? Que savent-ils de la guerre ? Est-ce un jeu vidéo ?
Alors, d’autres jeunes disent qu’il faut à tout prix montrer les horreurs de la guerre et les anarchistes sont d’accords avec eux.
Il ne sert pas malheureusement à grand-chose de dénoncer le réarmement, les profits mirobolants des industries de mort…même s’il faut le faire.
C’est sur l’éthique qu’il faut porter nos efforts militants, sur les monstruosités que sont les guerres. Et choisir toutes les voies : économiques, historiques, littéraires, sociales…pour montrer l’horreur des champs de bataille et parfois les séquelles qui en découlent. Et aux parents et aux enseignants d’envoyer leurs enfants ou leurs élèves regarder des films tels « Les sentiers de la gloire, Capitaine Conan, Johnny s’en va en guerre, le pantalon rouge etc.
Dites aux jeunes de ne jamais regarder la guerre à travers cette atmosphère légendaire et romanesque tissée de galons, de décorations, d’aventures et d’exploits. Considérez-la avec vos yeux les plus réalistes, et vous ne verrez que ventres ouverts, figures en bouillie, membres déchiquetés, des gueules cassées, vos parents et vos amis qui pleurent, vos fiancé(e)s qui pleurent, des orphelins qui réclament leurs pères. Vous verrez des violeurs en série, excités par ceux qui les commandent. Vous verrez des exécutions sommaires, les tortures, l’agonie de soldats, des râles…
Voilà ce qu’est la guerre, nous en reparlerons régulièrement. Puissions-nous infléchir cet esprit guerrier qui pointe son immonde groin.
Micka (GLJD)