À travers un autre paradigme social et écologique

La dégradation et la catastrophe socio-environnementale actuelle dans lesquelles nous sommes plongés, et qui s’aggravent sans cesse, trouvent leur origine dans les premiers stades du développement du système capitaliste de relations sociales. Dès lors, la planète est considérée comme une immense carrière exploitable, d’où l’on extrait sans cesse des matières premières pour alimenter l’industrialisation, sans égard aux conséquences néfastes que cela peut avoir – et a déjà – sur la nature, les territoires, les corps et les communautés.

Nous nous trouvons dans un contexte de crise sociale et écologique profonde. Le développement du système capitaliste a atteint un point de rupture, brisant la branche sur laquelle il repose et ne faisant que repousser le problème.

L’intensification du changement climatique, l’épuisement des ressources énergétiques, la pollution généralisée, les maladies, les déplacements forcés de populations et la perte de biodiversité due à la disparition des monocultures transgéniques, conjugués à l’augmentation de la pauvreté, des inégalités et de la précarité sociale à l’échelle mondiale, partagent un même contexte : un processus que la logique même du système rend inéluctable et inorientable.

Par conséquent, aspirer à une vie digne, durable et harmonieuse – tant sur le plan humain qu’écologique – un « Bien Vivre » implique de lutter ouvertement et de manière relationnelle contre la logique capitaliste et les États qui la perpétuent.

Il est également essentiel de construire d’autres types de relations sociales et écologiques visant à dépasser le paradigme de domination, de pillage et de mort dans lequel nous vivons, en établissant d’autres modes de vie, au sein d’une société auto-organisée par la base.

Pour une égalité économique et sociale

Malatesta affirmait que communisme et anarchie étaient synonymes. Rien à voir avec le système des casernes léninistes, simple façade pour un capitalisme d’État bureaucratique. L’anarchisme peut être défini comme un régime de coexistence sociale sans État ni classes, fondé sur le rejet de la division du travail et sur la propriété collective des moyens de production, leur gestion collective et la distribution du produit social selon les besoins. Né d’un libre accord, le communisme libertaire devrait offrir à chacun les conditions idéales d’un épanouissement matériel, moral et individuel maximal. C’est donc un idéal éthique inaccessible par la force, car il repose essentiellement sur la compréhension et le désir d’une majorité librement exprimée. Pour beaucoup, l’anarchisme serait la voie à suivre pour atteindre cet objectif, naturellement par la solidarité et des moyens universalistes, et non par des procédures parlementaires ou des dogmes religieux. Nous entendons l’anarchisme comme la caractéristique doctrinale du socialisme anti-autoritaire qui, longtemps, a accompagné une grande partie du prolétariat révolutionnaire, jusqu’à ce qu’il entre en crise, peut-être définitive, suite aux capitulations de la Révolution espagnole dont les 90 ans seront commémorés cette année.(1936-2026)