Marine Le Pen, une condamnée, candidate

De nombreuses personnes s’indignent qu’une personnalité politique de premier plan comme Marine Le Pen, si lourdement condamnée (trois ans de prison dont un an ferme sous bracelet électronique…), puisse se présenter à la fonction politique suprême. D’autres, peut-être majoritaires, espèrent qu’elle va gagner la présidentielle, c’est ce qu’indique d’ailleurs les sondages aujourd’hui. Les « indignés » pensent que cette responsable politique  discrédite le processus électoral et affaiblit les institutions de la France.  Ne disait-elle pas que le FN puis le RN, c’était « Mains propres et tête haute ». Mais on connaît le dicton : « Faites ce que je dis, pas ce que je fais ».

 Ainsi Marine Le Pen a confirmé mardi 7 juillet 2026, au journal télévisé de TF1,à une heure de grande écoute, qu’elle était candidate à l’élection présidentielle de 2027, alors que, quelques heures plus tôt, la cour d’appel de Paris l’avait condamnée pour détournement de fonds publics dans l’affaire des assistants parlementaires européens  du Front national, pour la somme rondelette de 1,9 million d’euros. La dirigeante du Rassemblement national prend le pari de faire campagne malgré la lourde sanction de la justice. Marine Le Pen est la plus ancienne dirigeante de l’extrême droite sur le continent et la favorite dans les sondages pour succéder à Emmanuel Macron. Ce dernier a donc perdu son pari de marginaliser la fille de Jean-Marie Le Pen à l’issue de son deuxième quinquennat. Deux quinquennats pour en arriver là ! Le roi Macron a donc fait le lit de Madame Le Pen qui si elle est élue sera à la tête d’un pays qui est à la fois une puissance nucléaire et un membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU. On a déjà le crétin Trump, ça va être chaud, plus chaud que la canicule de ces jours-ci.

Mais Madame Le Pen n’est pas la seule à discréditer le processus électoral. Regardons les Sarkozy et autres politiciens multi-condamnés ou en passe de l’être. Et nous verrions ces politiciens amnistiés si Marine Le Pen accédait au pouvoir. Le clan des coquins, des bracelets du cœur comme le disent des humoristes qui avec la politique politicienne ont du grain à moudre. Gageons que tous les candidats à la présidentielle vont se revendiquer de la probité, de la loi et de l’ordre. Tout un programme…qui n’a jamais été tenu car la corruption est consubstantielle de la politique. Le pouvoir est maudit.

Marine Le Pen ne demandait-elle pas des peines d’inéligibilité à vie pour les élus condamnés pour détournement de fonds publics ? Là encore, c’est faites ce que je dis…On connaît la chanson politicienne. Il vaut mieux dénoncer les turpitudes des concurrents pour mieux s’exonérer des siennes. Et il est curieux que tant d’électeurs s’apprêtent à voter pour elle. Comme quoi la délinquance en col blanc est nettement plus supportable pour l’opinion qu’on fabrique à celle des jeunes de banlieue.

Alors, que faire en ces temps troublés où même chez les libertaires, certaines digues cèdent et certains repères s’estompent. Alors, Résistance partout dans le monde!

La résistance individuelle et collective deviennent la nécessité première, la première réponse à apporter aux dangers qui nous guettent, mais elle ne surgit pas spontanément, du néant. La résistance exige fondamentalement une éducation, une formation et une culture libératrice. Une éducation qui renverse et déconstruit le paradigme de pensée dominant que nous imposent les puissants par le biais de leurs plateformes numériques, de leurs robots, de leurs processus algorithmiques et de leurs technologies castratrices. Il est urgent d’intervenir pour déprogrammer l’être humain inerte, inactif, robotisé, que les puissants tentent de construire selon les paramètres de la soumission.

Si l’on examine de plus près les changements que nous vivons, auxquels le pouvoir – avec son nouveau visage techno-oligarchique, comme on commence à le qualifier – nous soumet, on constate qu’il ne s’agit pas de développements totalement extraordinaires, impensables ou sans précédent, ni même de choses que nous n’aurions pas pu prévoir au cours de l’histoire récente. Cependant, ils révèlent assurément une nouvelle dimension en se présentant sans dissimulation, sans diplomatie, sans artifice. C’est peut-être pourquoi nous sommes si surpris par les attitudes et les pratiques viles et mesquines de ceux qui détiennent ou rêvent d’exercer le pouvoir de manière autoritaire (Elon Musk, Pavel Durov, Donald Trump, Javier Milei, Isabel Díaz Ayuso, Santiago Abascal, Vladimir Poutine, Benjamin Netanyahu, entre autres), attitudes et pratiques auxquelles ils entraînent de larges pans de la population.

Mais s’ils ne se soucient pas de rendre les changements visibles de manière ostentatoire, effrontée, arrogante et fière, c’est parce qu’ils pensent pouvoir le faire, parce qu’ils n’ont pas peur de la réaction sociale des êtres humains libres, parce qu’ils croient exercer un contrôle tel qu’ils en ont fait le sujet qui transmet les valeurs de l’autoritarisme, de la dictature, de la violence, du machisme, du négationnisme, du suprémacisme, du racisme, de la xénophobie et du fascisme.

La montée mondiale de l’extrême droite, de ses partis et de ses pratiques est indéniable et se déroule sous nos yeux. Elle instrumentalise la démocratie parlementaire, qu’elle manipule en influençant le vote populaire grâce à ses outils technologiques. Une fois au pouvoir, elle abandonne tout engagement social et démantèle tout mécanisme de contrôle, de responsabilité, de démocratie directe et de justice sociale, ouvrant ainsi la voie à l’instauration de régimes autoritaires et dictatoriaux…La France se tiendra-t-elle à l’écart de cette tendance, pas si sûr depuis que le patronat et certaines élites ont fait sauter la digue d’un RN infréquentable.

Patoche (GLJD)