
La dégradation et la catastrophe socio-environnementale actuelle dans lesquelles nous sommes plongés, et qui s’aggravent sans cesse, trouvent leur origine dans les premiers stades du développement du système capitaliste de relations sociales. Dès lors, la planète est considérée comme une immense carrière exploitable, d’où l’on extrait sans cesse des matières premières pour alimenter l’industrialisation, sans égard aux conséquences néfastes que cela peut avoir – et a déjà – sur la nature, les territoires, les corps et les communautés.
Nous nous trouvons dans un contexte de crise sociale et écologique profonde. Le développement du système capitaliste a atteint un point de rupture, brisant la branche sur laquelle il repose et ne faisant que repousser le problème.
L’intensification du changement climatique, l’épuisement des ressources énergétiques, la pollution généralisée, les maladies, les déplacements forcés de populations et la perte de biodiversité due à la disparition des monocultures transgéniques, conjugués à l’augmentation de la pauvreté, des inégalités et de la précarité sociale à l’échelle mondiale, partagent un même contexte : un processus que la logique même du système rend inéluctable et inorientable.
Par conséquent, aspirer à une vie digne, durable et harmonieuse – tant sur le plan humain qu’écologique – un « Bien Vivre » implique de lutter ouvertement et de manière relationnelle contre la logique capitaliste et les États qui la perpétuent.
Il est également essentiel de construire d’autres types de relations sociales et écologiques visant à dépasser le paradigme de domination, de pillage et de mort dans lequel nous vivons, en établissant d’autres modes de vie, au sein d’une société auto-organisée par la base.
Nous n’avons plus le choix. A défaut nous nous enfoncerons dans des guerres sans fin. Nous subirons la pollution qui tue déjà depuis plusieurs années. Nous serons empoisonnés par les pesticides. Nous n’aurons plus d’eau potable etc.
18 Mars 1871
Entre le 18 mars et le 28 mai 1871, Paris va vivre un épisode révolutionnaire. Les partisans de la Commune, les Communards, défendent la décentralisation de tout ce qui touche au politique, et l’autonomie de la Commune de Paris à travers l’instauration d’un conseil communal. Certains communards sont proches de la pensée fédéraliste de Proudhon (1809-1865) et soutiennent l’extension de ces principes à un ensemble de communes qui seraient libres de se fédérer entre elles, indépendamment de toute structure étatique. A noter que Proudhon se réfère à la puissance publique aussi. Les Communards défendent également la mise en œuvre d’une économie autogérée et un projet de redistribution des richesses, nourri du socialisme et du mouvement coopératif. De ces prémisses socialistes libertaires au communalisme kurde au Rojava, il y a une trajectoire libertaire indéniable. C’est dans ce fédéralisme-là que nous nous reconnaissons et si nous voulons la disparition de l’Etat, il faut bien créer un système qui fasse sens et qui le remplacera avantageusement pour les humains que nous sommes, tout en consacrant notre liberté individuelle.
- Briollet (GLJD)