Elections municipales au Havre du 15 mars 2026: Abstention

Elections municipales au Havre du 15 mars 2026

Pourquoi les anarchistes appellent les travailleurs à ne pas voter.

En dehors du fait que nous sommes contre la délégation de pouvoir, le fait de voter ne changera rien pour le quotidien des gens. Que nous ayons un maire de gauche ou de droite, le 23 mars les bus et les tramways continueront à circuler au Havre. L’exploitation au travail ne changera pas pour les travailleurs, la paie sera toujours la même et les difficultés à finir le mois seront toujours présentes.

Les jeunes auront encore et toujours du mal à trouver un emploi. Et sans CDI, pas de logement etc. En France, au moins 742 000 jeunes sont exclus à ce jour du marché du travail. Et si on ajoute le 1,5 million des 15-24 ans qui ne sont ni en emploi ni en formation, ça fait beaucoup de chômeurs chez les moins de 25 ans. Et les municipalités ne peuvent suppléer aux carences structurelles de l’Etat. Depuis 40 ans, le chômage des jeunes en est au même stade. C’est dire que les politiciens de gauche comme de droite n’ont pas fait grand-chose à part la mise en place de dispositifs-bidons visant à réduire l’impact du chômage à court terme au niveau des chiffres mais rarement avec des emplois en CDI à la clef.

Les retraités qui sont en moyenne smicards, contrairement à ce qu’affirment les extrémistes de droite avec leur « c’est Nicolas qui paie », ne passent pas leur temps à faire des croisières mais à jongler avec les factures de gaz et d’électricité qui flambent et qu’ils ont bien du mal à payer.

Pour ces élections municipales, 68% des communes connaissent déjà le nom de leur maire, car une seule liste a été déposée en préfecture. Dans ces conditions, le vote est-il vraiment utile ?

Pour les 32% de communes qui ont différentes listes, un choix est proposé. Mais un choix est-il une liberté ? Vaste question philosophique. Avec un maire de droite comme de gauche, les travaux d’urbanisme, les réfections d’école etc. doivent, de par la loi, être réalisés car les maires ont certaines responsabilités et certains devoirs, notamment sur le plan de la sécurité. Le seul point qui pourrait différencier la gauche de la droite, c’est le culturel. Et le culturel pèse combien dans un budget municipal ? Et l’on voit bien au Havre, par exemple, que le centenaire de la mort de Jules Durand est assez bien traité. Que l’exposition qui se déroule actuellement jusqu’au 6 juin 2026 à la bibliothèque Salacrou, est de qualité. Des kits pédagogiques ont même été réalisés. Pourtant le maire est de droite. La gauche aurait-elle fait mieux et que ne l’a-t-elle pas fait auparavant ?

Mais revenons au Havre. Qui se présente ?

Nous avons trois listes de témoignage car elles ne pèseront pas lourd dans le score du premier tour. Deux listes citoyennes, au demeurant sympathiques : – La ville est à nous et Le Havre en débat. Mais au-delà de poser quelques principes, on voit tout de suite l’impasse électorale.

La liste de Lutte Ouvrière, « le camp des travailleurs » est la plus cohérente car elle sait pertinemment que les élections ne changeront rien mais cela lui permet de faire de la propagande pour ses idées. En attendant… Un peu comme le faisaient les anarchistes-abstentionnistes qui utilisaient les élections pour en dénoncer le principe et faire passer aussi quelques idées. Méthode qui a été assez vite abandonnée.

Passons à la gauche unie ( ?) de Jean-Paul Lecoq, « Mieux vivre ensemble au Havre ». Mais qui a envie aujourd’hui de voter pour une liste qui a pour allié le Parti Socialiste ? Celui de François Hollande qui nous a grugés avec la loi travail, avec les retraites (cf Marisol Touraine). Et plus près de nous, localement, avec ce PS qui a permis la sortie de toutes les écoles d’Harfleur et du collège de la Zone d’Education Prioritaire. C’était qui la députée ? Madame Troalic, celle qui s’est pris une veste ensuite au bénéfice de Monsieur Lecoq. Alliance de circonstance, alliance factice dont nous avons parlé dans un précédent article du Libertaire. De la politique politicienne en clair !

De la gauche, désunie, parlons maintenant de la liste de la France Insoumise. Elle est créditée de 6%. De quoi faire une alliance pour le second tour ? En mettant un mouchoir dessus les dissensions ? Tout comme dans l’Après (ex-Ensemble), nous trouvons d’anciens trotskystes (et peut-être même toujours militants trotros).

On est quand même à cinq listes de sensibilité de gauche…Et après, on vient nous donner des leçons d’unité.

Nous avons une liste d’union à l’extrême-droite qui se verrait bien en faiseur de roi au deuxième tour. Nous avons pu apprécier le sondage « Opinion Way » financé par Stérin, donnant Edouard Philippe perdant au second tour en cas de triangulaire. Quand l’extrême-droite pointe son groin, il faut toujours se demander quelle arrière-pensée la motive. Frank Keller, candidat de l’UDR et du RN, tient son slogan : « Le Havre d’abord, les Havrais toujours ». C’est du pur jus d’extrême-droite pour ce parachuté inconnu au Havre. Et il ne compte pas se désister afin d’obtenir des élus en cas de triangulaire. De quoi mettre la pression sur le maire du Havre. Ce dernier ayant mangé avec Marine Le Pen, il n’y a pas si longtemps, n’a pas encore dit son dernier mot. Et on voit mal un extrémiste de droite assumer la responsabilité de l’élection d’un communiste au Havre. Gageons que des accords et tractations (ça s’appelle de la politique) se dérouleront pour éviter à Edouard Philippe une défaite…Quitte à donner des strapontins et maroquins si Edouard Philippe est élu président de la République. A moins que la mission de Keller soit de faire chuter Edouard Philippe qui semble le mieux placé aujourd’hui pour combattre au deuxième tour de la présidentielle Marine Le Pen ou Bardella.

Là encore, nous appelons les travailleurs à ne pas voter. Certes la gauche a trahi, certes le Parti communiste est de filiation stalinienne, certes la gauche n’est pas unie…mais est-ce une raison pour voter à l’extrême-droite, le pire ennemi des travailleurs ? Plutôt que de montrer ton mécontentement, ta colère, en votant pour Keller, travailleur, abstiens-toi. Tu signifieras que les combines politiciennes,  c’est pas ta tasse de thé. Que tu n’attends rien des politiciens quels qu’ils soient mais que tu peux leur donner rendez-vous dans la rue. Pour le troisième tour social.

Et pour finir, la liste de l’actuel maire du Havre, en lice pour un troisième mandat. Une liste d’union au centre. Le juste milieu. Edouard Philippe n’en fait pas mystère, l’élection municipale doit lui servir de tremplin pour le présidentielle. Alors, on se doute bien que les travailleurs n’ont pas envie de prendre leur retraite à 67 ans comme préconisé par l’ancien premier ministre.

Là encore, travailleur, ne sois pas complice de ton exploitation. Abstiens-toi. Et même si tu penses sanctionner Edouard Philippe en votant pour un autre candidat, sache qu’un autre président qu’il soit de gauche, de droite ou d’extrême-droite trouvera toujours un moyen de te faire travailler plus. Pour remettre les comptes d’aplomb, pour financer la guerre …les motifs ne manqueront jamais pour ceux et celles qui en veulent à notre bien-être et notre liberté.

Patoche (GLJD)