
Affirmer que la guerre devient chaque jour une réalité sanglante dans diverses régions du monde n’est pas une vaine affirmation. Il est évident que la paix capitaliste n’est qu’une phase préparatoire aux guerres futures. La classe ouvrière mondiale est confrontée à des forces et des puissances destructrices susceptibles de transformer les conflits actuels et futurs en une troisième guerre mondiale. Les conséquences seraient catastrophiques pour l’humanité. Pour l’éviter, une seule solution se dessine : transformer les guerres et la paix capitalistes en une révolution sociale.
Une telle solution suppose un mouvement déterminé qui démontrerait qu’il est possible de mettre un terme concret aux guerres, que les peuples ont le pouvoir de s’unir et de s’organiser, même contre les forces meurtrières de la guerre mondiale et de certains génocides. Les luttes et les grèves nous ont fait prendre conscience que nous ne sommes pas seulement des complices ou des sujets passifs, mais potentiellement des acteurs de notre rôle dans l’histoire et dans le monde. Nous devons empêcher que les plans de guerre, de colonialisme et de pillages de ressources… des actes guerriers qui consistent à transporter des armes par voies ferrées ou maritimes, à construire des bases où les soldats sont entraînés et où sont planifiées les opérations militaires, à fabriquer des aéroports où la logistique est cruciale, et des usines où sont fabriquées des bombes et des munitions un peu partout mais particulièrement en France, ne soient mis en œuvre en toute impunité.
Un autre objectif est de renforcer et de développer l’organisation et les possibilités de lutte : partout où nous pouvons imaginer comment nous défendre contre la militarisation ; quels outils nous devons utiliser pour nous organiser, quelles connaissances nous devons acquérir pour nommer ce qui opprime nos territoires et assumer un rôle de premier plan dans sa dénonciation ; être capables d’influencer le blocage de ce système de guerre, de libérer l’énergie et la volonté de lutter pour ce dont nous avons réellement besoin. Nous n’avons pas besoin de bases militaires, ni d’usines d’armement et d’infrastructures de guerre mais de services publics…et d’entraide. Nous devons récupérer les ressources gaspillées par l’armée, pour la santé, l’éducation, les services sociaux et un logement décent pour tous et toutes, développer des formes de prise de décision participative, en particulier dans les zones où ceux qui sont au pouvoir se montrent les plus despotiques et arrogants en imposant leurs propres actions et règles, imaginer de nouvelles façons de nous éduquer sur la diversité, l’amitié entre les peuples, la protection de la terre et de la communauté, et non sur la suprématie, le militarisme, l’isolement et la haine, ces « valeurs » qui alimentent la guerre pour se reproduire et se normaliser.
Nous sommes unis par les idéaux de soutien mutuel, d’anti-autoritarisme, d’éducation libertaire, de prise de décision par les assemblées, contre la politique politicienne, pour une politique indépendante des partis et des élections, d’action directe contre les formes de représentation politique fondées sur la délégation, d’internationalisme solidaire contre les nationalismes exclusionnistes, de féminisme contre le patriarcat, d’écologie sociale et libertaire contre la destruction de l’environnement, et de liberté et d’égalité contre la domination autoritaire, en nous appuyant sur le rôle prépondérant de ceux qui subissent la domination et l’exploitation sous ses différentes formes.
Tous ces idéaux, ainsi que beaucoup d’autres qui nous unissent, représentent les caractéristiques de l’anarchisme en tant que large sensibilité politique qui aspire à une société libre et égalitaire.