
Pour David Graeber, l’anarchisme n’est pas une utopie lointaine mais se vit dans le présent dans des mouvements sociaux à base horizontale dont l’entraide est un facteur déterminant. Ce compagnon affirmait que de nombreuses personnes étaient anarchistes sans le savoir. Au-delà du terme « anarchie » qui pour la plupart des gens l’identifient au sbeul, au chaos, il faut passer au-dessus de ce préjugé pour aller plus loin et voir les possibilités de changer le monde pour un autre futur. Graeber voyaient dans les mouvements sociaux des laboratoires d’échanges égalitaires et de « démocratie directe ». Gaston Leval proposait de changer le mot anarchie par celui de fédéralisme ou de socialisme libertaire afin d’éviter l’écueil du mot pensé de manière négative dans l’opinion publique. Au regard de ce qui se passe aujourd’hui, on constate que les travailleurs sont pour la liberté, veulent être les acteurs de leur présent et souhaitent des mandats révocables à tout moment afin de contrôler les élus qu’ils soient politiques ou syndicaux. On l’a bien vu avec les gilets jaunes ou dans de nombreuses A.G. de grévistes. Le municipalisme libertaire commence même à faire des émules. Dans ces espaces « autogérés », l’autorité se dissout dans des formes horizontales. Pas d’autorité comme horizon indépassable mais un horizon naturel où les gens peuvent s’organiser sans dieu et sans maître.
Si l’on parle de bien-être et de liberté, ça parle aux gens. C’était d’ailleurs le slogan de la CGT anarcho-syndicaliste dès le départ. Quand il faut défendre les services publics, un large consensus se fait et bien au-delà des clivages politiciens habituels. Quand on parle du droit au logement, d’une nourriture saine, d’une nature la moins polluée possible, d’une égalité d’accès au soin et à l’éducation…on regroupe une majorité de personnes. Les gens ne sont donc pas hostiles aux changements. C’est aux anarchistes de proposer de repenser le politique à partir de pratiques horizontales plutôt que dans des instituions hiérarchiques qui ont démontré leur mauvaise capacité de gestion et leurs mauvaises pratiques sur le plan humain. Nous savons que le pouvoir est maudit par essence. Et il ne faudra pas compter sur les responsables politiques pour entamer un débat allant dans le sens des aspirations « libertaires » du peuple. C’est aux travailleurs, ceux qui produisent les richesses de déconstruire le pouvoir et de révéler les hiérarchies implicites qui s’engouffrent ou s’insinuent dans nos institutions. Au final, les gens sont prêts pour aller vers une économie radicalement différente. Ce sont les discours formatés, les tenants du pouvoir et leurs alliés objectifs qui freinent des quatre fers. A contrario, les travailleurs peuvent proposer des mesures efficaces pour protéger le climat et l’environnement à condition bien sûr de ne laisser personne sur le bord du chemin, notamment les plus défavorisés. L’anarchisme représente la seule alternative où l’on invite les gens à penser le politique, non comme l’art de gouverner les autres mais comme la capacité à s’organiser entre égaux. Le débat public occulte totalement le désir de changement voulu par les gens parce que nous sommes dans une société de délégation de pouvoir avec des élus qui sont des professionnels de la politique qui prétendent mieux savoir que nous ce dont on a besoin.
En continuant à faire l’autruche et à fonctionner dans une économie de marché, nous allons droit dans le mur. Ce qu’il nous faut, ce sont des ruptures sinon les capitalistes ressortiront les vieilles méthodes qu’ils ont toujours utilisées pour rebooster l’économie à leur profit : réinstauration des guerres pour piller les ressources d’un autre pays, mise en concurrence de belligérants pour éviter toute révolte sociale etc.
Il suffit de voir Trump qui bombarde le Vénézuela, le Nigéria, l’Iran ou d’autres pays riches en pétrole, terres rares…Il suffit de voir Poutine en Ukraine qui essaie par tous les moyens de prendre le Donbass. Il suffit de voir les colons israéliens qui spolient les terres des Palestiniens. Il suffit de voir toutes les guerres en Afrique (Yémen, Soudan…) et celles à venir malheureusement. Il n’est plus exclu que Trump s’accapare le Groenland…Le droit international existe autant aujourd’hui qu’à l’époque de la SDN avec des Mussolini, Staline et Hitler.
Un autre monde est possible. Il nous faut bifurquer : il n’y a pas de fatalité historique.
Ty Wi (GLJD)
Trump et le Venezuela
Trump n’a jamais fait mystère de sa volonté de prendre possession des réserves de pétrole de ce pays, les plus importantes au monde. Effectivement le Venezuela possède des réserves de pétrole estimées à plus de 300 milliards de barils, soit plus que l’Arabie saoudite (297 milliards). Mais « le gros orange » veut faire main basse sur ces réserves car elles ne représentent aujourd’hui que moins de 1 % des exportations mondiales. Et de surcroît, la Chine est tributaire du pétrole vénézuélien. Et comme la Chine est un concurrent direct des Etats-Unis…
Trump soutient l’extrême-droite au Venezuela et prétend que les gouvernements vénézuéliens précédents avaient « volé notre pétrole ». C’est de fait le grand retour de l’impérialisme en Amérique latine. On a connu dans le passé, une CIA impliquée dans des camps de tortures basées en Amérique du Sud pour lutter contre le communisme ou le maoïsme. On a vu les Etats-Unis financer la chute d’Allende au Chili en 1973 et mettre un Pinochet à la tête du pays en remplacement d’un gouvernement de gauche. On a vu Trump intervenir récemment dans les élections en Argentine sous forme de monnaie sonnante et trébuchante, au grand profit du libertarien Mileï.
Nous ne savons pas à ce jour si l’armée américaine va intervenir sur le sol vénézuélien pour mettre un gouvernement d’extrême-droite à sa botte mais qu’il se méfie de la guérilla qui pourrait coûter très cher aux soldats U.S., sans compter qu’il pourrait enfoncer son pays dans un nouveau bourbier.
Nous n’avons aucune sympathie pour Maduro et son régime répressif mais nous n’en avons pas plus pour l’extrême-droite à venir.
Mais l’histoire nous a montré qu’à chaque intervention américaine, l’instabilité qui s’en est suivie a été la règle avec des conséquences dramatiques pour les populations des pays concernés : Lybie, Irak…et que dire de l’Afghanistan.
Les militants libertaires en Europe et à l’internationale feraient bien de se regrouper afin de lancer une véritable campagne de boycott de produits américains, à commencer par le coca-cola si nuisible pour la santé.