
Le piège du militarisme
La fin du service militaire obligatoire en 1997 avait de fait engendré un antimilitarisme restreint car les jeunes n’étaient plus confrontés à des choix importants pour leur vie comme ce fut le cas pour leurs aînés: insoumission, objection de conscience ou faire le service militaire. Certains firent le choix de l’exemption par facilité, surtout ceux qui étaient salariés et qui n’avaient pas envie de perdre une année de salaire pour rien. Et pour ne pas subir des ordres absurdes, une discipline non consentie…
Aujourd’hui dans un processus de militarisation accrue de la société, de renforcement des dépenses militaires au détriment des besoins sociaux, notamment des services publics, le gouvernement entend baser sa nouvelle armée sur trois supports : les engagés, les réservistes et les militaires d’active. Le président Macron vise une adhésion populaire à la culture de défense. Pour les anarchistes, l’embrigadement de la jeunesse participe à la mise au pas de celle-ci et à la fascisation de la société déjà bien engagée par la montée de l’extrême-droite. La pression idéologique et médiatique renforce le poids de l’armée dans la société, au service du patronat et des multinationales. L’appel à l’union nationale en attendant l’union sacrée permet de mettre sous le boisseau l’impopularité croissante des dirigeants politiques et la corruption de nombre d’entre eux. (1) Les attaques accentuées ces derniers mois contre les travailleurs et la détérioration de nos conditions de vie devraient nous faire réfléchir. L’heure est venue de désarmer le militarisme mais pour cela, il nous faut ne pas tomber dans les rets du militarisme.
Le discours que l’on entend est assez simpliste : ceux qui sont pacifistes défendent les intérêts de la Russie. Ce sont des Poutinophiles, des idiots utiles de la Russie… Rien de plus absurde.
Les libertaires ont de l’empathie pour les victimes ukrainiennes, de la sympathie pour la résistance des Ukrainiens. La Russie est bien identifiée dans nos rangs comme étant le pays agresseur et nous condamnons fermement le bellicisme de la Russie. Nous ne sommes pas russophiles comme François Fillon, ancien premier ministre, ancien membre des conseils d’administration des sociétés russes Zaroubejneft et Sibur (jusqu’en 2022). Nous n’avons jamais contracté de prêts russes comme le F.N./R.N.
Nous avons toujours considéré la Russie de Poutine (ancien du KGB) comme étant de filiation marxiste-léniniste-stalinienne et n’en déplaise à certains trotskystes qui ont vu en l’URSS un Etat ouvrier dégénéré qu’il ne fallait pas critiquer…nous insistons encore sur notre antimilitarisme, notre anifascisme et notre anticapitalisme de toujours. Nous privilégions tant que nous le pouvons la vie de nos enfants aux guerres des puissants et leurs profits.
Nous ne sommes pas des campistes et nous répétons que la situation actuelle est anxiogène, que faire de la publicité pour des kits d’urgence participe à cet état d’esprit, que le chômage des jeunes permet le recrutement de ceux-ci, l’engagement dans l’armée représentant une porte de sortie à un marché du travail bouché pour eux. Que tant qu’il y aura des quartiers ghettoïsés, il n’y aura pas de cohésion sociale…
Les anarchistes vont reprendre leurs efforts pour désamorcer les entreprises néfastes des hommes de proie qui nous entraînent vers de nouveaux affrontements toujours plus ruineux et meurtriers. Nous avons foi en l’Homme pour nous acheminer, malgré les obstacles récurrents, vers une société plus juste et plus humaine. D’autant qu’un autre danger, celui du réchauffement climatique, ne nous laissera aucun répit. Nous devons relever le défi cumulé, de la guerre (nucléaire et conventionnelle) qui arrive et de la crise climatique qui est déjà là.
Patoche (GLJD)
- Nicolas Sarkozy, condamné dans les affaires libyenne, Bygmalion et Bismuth, s’en sort toujours bien malgré les condamnations : seulement vingt jours de prison effectués, bracelet enlevé parce qu’il a plus de 70 ans etc. Mais son entourage actuel ou ancien, c’est la même engeance, avec des condamnations en veux-tu en voilà : Claude Guéant, Bernard Squarcini, Thierry Gaubert, François Fillon, Patrick Balkany, Thierry Herzog, Brice Hortefeux, Arnaud Claude, Michel Gaudin, Alexandre Djouhri… Voilà qui donne une bonne image de la politique. Sarkozy voulait nettoyer les banlieues au karcher, s’occuper de la racaille…et maintenant, c’est qui la racaille ?