Travailleurs, chômeurs, étudiants: les élections passent et les problèmes demeurent

Bal anarcho

Le suffrage universel, à l’origine, était bien mal nommé puisque les femmes n’avaient pas le droit de vote, ce qui excluait la moitié de la population du processus électoral. Pendant de nombreuses années, la classe dirigeante a joui librement du pouvoir sur la base de la tromperie stupide selon laquelle le pouvoir qu’elle détenait avait été transmis par les électeurs de manière démocratique. Le droit de vote était un acquis et les dirigeants étaient chargés d’administrer ce pouvoir en leur nom ; au fil du temps et après que des milliers de personnes aient donné leur vie contre le pouvoir absolu de droit divin, du temps de la monarchie absolue, le droit de vote fut considéré par certains comme un acquis. Le soi-disant suffrage universel a été présenté comme une grande avancée depuis 1848. Pour la bourgeoisie, certainement, pour les travailleurs, nettement moins. Les libertaires ont bien compris et démontré que l’égalité politique n’était rien sans égalité économique et sociale. Proudhon et Bakounine ont été précurseurs en la matière.

À l’heure actuelle, cette approche « démocratique » du suffrage universel n’est toujours pas vraie, car dans les élections qui nous sont imposées, une personne n’est pas une voix, et nous ne parlons pas du morceau de papier qui est placé dans l’urne ou du bouton sur lequel on appuie en cas de vote électronique ;  nous nous référons aux formules mathématiques par lesquelles un certain nombre de voix sont nécessaires pour l’élection d’un candidat, et celles-ci varient en fonction de certaines variables, bref, on se fiche à la fois des variables et du nombre de voix pour élire un représentant. Aux Etats-Unis, les dernières élections présidentielles ont vu s’opposer deux milliardaires. En France, que ce soit Macron, Le Pen ou Pécresse, encore une fois, les millions d’euros sont nécessaires pour arriver en tête de l’élection présidentielle d’avril 2022. Cette année, la présidentielle a du mal à capter l’intérêt des foules. Télé-réalité, clowneries en tous genres…ne passionnent plus d’autant que bonnet blanc et blanc bonnet ne se distinguent pas trop. Sans compter ces histoires de parrainages qui empêchent certaines candidatures, toujours sous couvert de démocratie.

Les libertaires sont CONTRE LES ÉLECTIONS et nous nous abstenons car VOTER SIGNIFIE NON SEULEMENT DÉLÉGUER son pouvoir mais DONNER LA CAPACITÉ EXÉCUTIVE AUX ÉLUS pour le temps de leur mandat sans contrôle.

Bien sûr, nous avons nos réunions, colloques et assemblées et il nous arrive de voter sur les propositions des compagnons. Nous les valorisons et bien entendu des camarades sortent avec un mandat de ces assemblées ; nous plaçons en eux notre confiance pour représenter notre groupe ou collectif ou syndicat mais ces compagnons désignés n’ont pas de capacité exécutive, étant désignés pour un certain temps ou pour une question spécifique. Le mandat est impératif et il nous possible de révoquer un camarade qui aurait outrepassé son mandat.

Mais les élections politiques aux parlements ou à la présidentielle sont très différentes ; d’une part la fameuse formule du suffrage universel n’est pas comme ça dans la réalité puisque d’une part elle se fourvoie avec des formules et des pourcentages, et d’autre part les élus vont recevoir une grosse somme d’argent public en fonction de leurs scores électoraux. Ce qui permettra aux différentes structures de se renforcer. D’autre part, les élus des principales formations politiques sont au service du capital dans les faits. Et là, impossible de démandater un élu même s’il fait le contraire de ce pourquoi il a été élu, en totale contradiction avec son programme électoral. Il reste élu pour la durée de son mandat, pas moyen de le débrancher.

Parlant d’une autre manière, on donne une procuration, un blanc-seing pour qu’un autre soit notre représentant pour une période de plusieurs années selon le type d’élection, 5 ans pour la présidentielle, période au cours de laquelle le mandataire décide pour nous des questions importantes, telles que l’élaboration de règlements  et lois qui affectent directement notre famille ou notre communauté de voisins.

Les élus prennent une grande partie de la population pour des imbéciles ; mais les anarchistes ne sont pas des imbéciles, et nous n’allons pas leur donner cette procuration de représentation, procuration certifiée avec nos nom, prénom, et adresse devant un président de bureau habilité par l’Etat et divers représentants de partis politiques, pouvoir qui est donné et signé lors d’un certain acte qui se trouve quand le président de bureau de vote dit « a voté » afin qu’ils exercent le pouvoir exécutif que nous leur accordons avec notre vote et obtiennent leur soi-disant acte.

Si personne ne travaille pour nous, que personne ne décide pour nous. C’est aussi le principe de l’action directe, c’est-à-dire sans intermédiaire.

De nos jours, plus que jamais, il y a une fracture sociale profonde, une rupture qui se voit, se palpe et se ressent puisqu’aujourd’hui cette nouvelle classe sociale (celle du pouvoir) est plus prégnante. Dit ainsi, il semble que ce soit le vieux mot d’ordre de tous contre le pouvoir et contre les puissants, car ils ont devant eux le peuple avide de liberté, et ce n’est qu’en partie puisque ce nouveau Pouvoir est comme un cancer qui se propage dans la société. Il n’est qu’à voir le nombre d’indigents et de sans- abris qui vivent dans la rue, sans compter les mal-logés. Aujourd’hui, le pouvoir englobe tous les segments de nos vies. De nos jours, ce sont des milliers d’hommes politiques qui paissent dans la caisse du budget, au gouvernement, chambre, sénat, conseils régionaux…

Avec un seul objectif qui est de pérenniser ou d’alterner politiquement pour s’enrichir, piller le peuple producteur avec des coupes budgétaires, des licenciements sous couvert de « plan de sauvegarde de l’emploi », des baisses de pouvoir d’achat, des baisses d’allocations chômage, etc… Mais en dehors de cette classe politique (disons première classe) il y a les autres qui font le sale boulot, ce sont « les commissaires politiques », les directeurs, les conseillers, les vice-conseillers, les managers, les DRH etc… Et il y en a encore plus avec une troisième rangée de ventouses : délateurs, contrôleurs… qui s’emboîtent comme  des kystes dans les administrations pour informer leurs supérieurs des éléments les plus indisciplinés, pour en informer l’employeur. Pour faire fonctionner ce système, le Pouvoir y parvient par des élections démocratiques, puisqu’elles sont un leurre, puisqu’elles servent aux élus à contrôler, espionner et garder les travailleurs dans leur bergerie comme des moutons, articulant  une série de mesures visant à contrôler le peuple telles que lois, règlements, arrêtés, décrets (tant au niveau étatique, régional, local et même européen) se qualifiant de directives pour une finalité qui est de rester éternellement au pouvoir. Or, pour appliquer ce pouvoir et ainsi l’exécuter, cette classe sociale a à sa disposition des armées (de terre, de mer et de l’air), un appareil judiciaire avec des juges et autres substituts pour appliquer les lois que le pouvoir pond et publie à travers sa presse officielle comme B.O, J.O.,  , bulletins départementaux, bulletins de la communauté européenne et bulletins des municipalités (voir le pouvoir des maires octroyés lors de la pandémie) …, mais le pouvoir utilise aussi son appareil de contrôle bestial (LBD, répression des gilets jaunes…) et sous le nom de « l’état de droit » se trouvent la police nationale et la gendarmerie.

Mais à part le pouvoir politique avec sa mégastructure, il y a le pouvoir des affaires qui vit dans le même lit et, à l’image et à la ressemblance du pouvoir politique, les entreprises s’articulent de la même manière où l’homme d’affaires est roi, avec leurs conseils d’administration , et avec leurs élections démocratiques pour l’élection des délégués syndicaux, et avec leurs forces de sécurité avec des petits vigiles et des caméras de surveillance presque dans les toilettes, avec leurs lécheurs de botte et délateurs et avec leur arme légale, les licenciements, tous légalement légiférés par le pouvoir politique.

Le pouvoir économique se consacre généreusement à l’augmentation des profits contre les producteurs qui triment; les hommes d’affaires qui, avec la loi en main faite par les politiciens, l’appliquent pour leur propre bénéfice ; les banques accordent et continuent d’accorder des prêts faciles aux travailleurs, prêts dissuadant de faire grève et empêchant la classe ouvrière de se rebeller contre le pouvoir qui planifie ainsi la docilité du peuple.

C’est ça le pouvoir et quand nous, anarchistes, parlons de pouvoir, nous parlons de tout cela et plus encore ; pas seulement du président et de ses armées ou du gouvernement du jour. Et où se trouve notre réponse ? Dans l’ACTION DIRECTE, EN DÉMOCRATIE DIRECTE, dans laquelle le peuple s’organise en dehors des partis, des unions factices et des religions, et agit par tous les moyens, puisque de nombreuses formes traditionnelles de lutte (aujourd’hui corrompues par le pouvoir) ont déjà été dépassées. il est temps d’attaquer le système dans tous les secteurs de la société, assemblées contre les politiciens, contre les hommes d’affaires, contre les expulsions, contre la loi, assemblées écologistes, assemblées de quartier, assemblées de nuit debout, etc…A chacun de voir où il/elle est le plus utile pour construire dès maintenant une alternative au capitalisme.

Gwen (Guidel)

Partager cet article