Stèle Jules Durand

Stèledurand

Des prolongements : le Comité des amis de Jules Durand 

Ou comprendre la gravure funéraire de la stèle

 La cérémonie d’inauguration du monument érigé à la mémoire de Durand se déroula le dimanche 3 mai 1931 à 9h30 du matin au cimetière Sainte-Marie au Havre.

Furent invitées à assister à cette cérémonie les organisations qui avaient participé à la souscription.

Un seul discours fut prononcé par le président du Comité pour éviter de froisser les susceptibilités mais surtout pour éviter tout débordement. Une couronne de fleurs naturelles fut également offerte.

Les souscriptions reçues furent le fait des organisations suivantes :

 

Les syndicats autonomes :

–               Les ouvriers terrassiers

–               Les ouvriers du port

–               Les ouvriers métallurgistes

–               Les hospitaliers

–               Les ouvriers du cadre de la fabrication de la Manufacture des tabacs du Havre

–               Les ouvriers camionneurs

–               L’Union des syndicats autonomes du Havre et de la Région

–               Les ouvriers voiliers

–               Les ouvriers du bâtiment

–               Union autonome des locataires

–               Les boulangers

–               Les charbonniers des magasins

–               La Fédération des ports et docks

 

 

Les syndicats confédérés :

 

–               Les municipaux

–               Le syndicat départemental des instituteurs

–               La CGT

–               Les typographes

–               La section confédérée des instituteurs

–               Les agents du service général à bord

–               Les musiciens

–               Les tramways

–               Les employés de magasins

–               L’Union départementale confédérée

 

 

S’ajoutent à ces listes de souscripteurs, des individus :

 

–               Gosselin, du syndicat unitaire des PTT

–               Voisin

–               Leconte, du syndicat des 4 saisons

–               Maingui

–               Descherdeer

–               Madame Frémont

–               Alliet

 

L’essentiel des sommes perçues proviennent des syndicats autonomes, notamment les syndicats du Port. Jean Le Gall est secrétaire de l’Union des syndicats autonomes.

Les syndicats autonomes à direction syndicaliste libertaire ont établi un modus vivendi avec la C.G.T. confédérée tenue par des militants socialistes, alors que les rapports sont plutôt tendus avec les militants communistes de la C.G.T.-U.

Les syndicats unitaires dirigés par les communistes n’ont pas participé à la souscription. Il faut dire qu’à l’époque, la CGT-Unitaire ne pèse pas lourd au Havre.

L’Union régionale de la C.G.T.-U. (la XIXe) a moins d’adhérents que l’Union des syndicats autonomes au Havre et peine à trouver des fonds pour payer ses permanents jugés par les Autonomes comme « budgétivores »…

Si les militants communistes passent leur temps à attaquer les militants autonomes, ces derniers, très largement majoritaires les affublent de jolis sobriquets parmi lesquels : les prébendés de Moscou ; les Urnitaires ; les maboulards qui dirigent la CGT-U vassale du Parti communiste ; les béni-bouf-tout ; les moscoutaires…

L’érection du monument à la mémoire de Durand en 1931 fut donc le témoignage des tensions au sein des différents syndicats de l’époque séparés par leur vision politique de la société. La réunification syndicale portera à la tête de l’Union locale CGT du Havre en 1936, l’ancien syndicaliste autonome Jean Le Gall.

 

Ce rappel historique permet de juger de la légitimité des uns et des autres à se réclamer aujourd’hui du devoir de mémoire envers Jules Durand car la mémoire est effectivement politique…

 

 

 

 

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