La question de la liberté d’expression va devenir essentielle pour les travailleurs

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Plus le côté sécuritaire est important, plus le contrôle des individus est grand et moins il y a de liberté et d’autonomie. Pour nous autres anarchistes, qui ne concevons rien au-dessus de la liberté, c’est à méditer. Le pouvoir est maudit, nous ne le savons que trop bien. Nous sommes confrontés aujourd’hui à une tyrannie utilisant la manipulation sournoise où il nous est conseillé d’obéir humblement sans opposer de résistance. Bref, une tyrannie light.

Une plus grande dépendance de l’individu  vis-à-vis de  l’Etat entraînera un plus grand contrôle et donc un plus grand degré de soumission. La survie de l’individu dans un État « libéral » ou « totalitaire » dépendra donc de son renoncement plus ou moins total à la liberté d’expression, de pensée et d’action. Plus l’Etat sera totalitaire, moins vous pourrez agir, sauf à vos risques et périls. La résistance se paie pour la minorité qui se rebelle. Pour les autres, le peuple peut être décrété décérébré ou tout simplement poltron. Au nom parfois de la sauvegarde des libertés, la censure s’insinue et se vaporise dans les cerveaux individuels. Nous avons subi durant la pandémie les distances kilométriques à ne pas dépasser, les couvre-feux, les confinements, les laisser-passer pour aller au restaurant…mais notre soumission avait été travaillée en amont par la loi sécurité et liberté, les caméras de surveillance… La société de contrôle se mettait en place insidieusement.

Dans les démocraties libérales occidentales, le changement qui s’est opéré pour engranger de l’argent avec son pendant de libertés et de droits formels (à un degré plus ou moins grand) nous entraîne sur la pente d’une dictature « libérale ». Le changement dénote une adhésion ou une attitude favorable et positive au système de domination aujourd’hui.

L’expansion du capitalisme dans le monde a facilité à la fois la concentration des richesses et l’adhésion de la société en général en raison d’une augmentation du pouvoir d’achat qui, après un court laps de temps, a progressivement et régulièrement diminué. L’âge d’or  du capitalisme avec son idéologie de progrès continu a fini par donner naissance à une idéologie de soumission et de contrôle. Le capitalisme a une capacité d’adaptation phénoménale. Il est capable de lâcher la bride quand un rapport de force se met en place puis il est capable de récupérer l’avantage dont il bénéficiait auparavant. Et encore davantage s’il le peut.

Cette économie ajustée,  imposée finalement par l’Etat et le Capital, en raison aussi de la concentration des richesses, constitue la base de la domination et sa force de désagrégation sociale avec tout son pouvoir inhérent de manipulation et de tromperie basée sur le contrôle de l’information et la propagande.

La question de la liberté d’expression va devenir essentielle pour les travailleurs des États occidentaux. La censure dans les réseaux sociaux, surtout après la « pandémie » ouvre un nouveau paradigme pour commencer à limiter les opinions exprimées par les utilisateurs de manière à ce qu’elles soient transférées directement au domaine social, réduisant ou annulant directement le jugement que l’individu qui peut avoir une dissidence sur toute question publique. De cette manière, l’opinion publique contrôlée par les médias de masse a également un impact décisif sur les questions d’affaires publiques. Le 25 avril 2022, le conseil d’administration de Twitter a finalement accepté l’offre d’achat du milliardaire Elon Musk, pour un montant de 44 milliards de dollars (41,7 milliards d’euros). Il  souhaite faire de cette plate-forme « une arène ouverte pour la liberté d’expression » en transformant, en particulier, ses règles de modération, jugées trop contraignantes. De quoi inquiéter quand on connaît le poids des réseaux sociaux et  la prolifération de la désinformation et du harcèlement en ligne. Maintenant que le complot est devenu à la mode, encore davantage après la « pandémie », il faut faire attention à la diversité des groupes d’idéologies différentes qui adhèrent aux théories du complot, notamment  l’extrême droite et les antivax de telle sorte qu’ils partagent au fond la même stratégie pour polluer les débats et aliéner les individus qui cherchent à se renseigner mais qui n’ont ni le recul ni l’esprit critique pour contrer les absurdités véhiculées…A un autre niveau, nous voyons la propagande russe distiller en Russie sa propre désinformation : les occidentaux soutiendraient les nazis ukrainiens. En Russie, aucun média pour contrebalancer cette ineptie.

Ces mensonges favorisent à court terme, la dictature du réseau et à long terme, la dictature tout court.

Les États sécuritaires qui se forgent alors n’ont plus grand-chose à voir avec les États libéraux du XXe siècle.

Les dictatures du passé auront peu à voir avec les dictatures du futur dans la mesure où les premières obéissaient à des régimes totalitaires à caractère politique et à un chef d’Etat, alors que dans celles-ci ce seront des totalitarismes à régimes de consensus partisan et d’un caractère technocratique dans le sens où les technocrates et la bureaucratie seront les dirigeants de l’Etat. On pourrait se diriger vers un système autoritaire fonctionnant sur le modèle du capitalisme d’Etat à l’époque du « socialisme réel » dans sa version soviétique.

Des concessions de l’élite au pouvoir à leurs sujets seront restreintes à mesure que de nouvelles mesures de contrôle seront imposées.

Sans aucun doute, c’est la vision matérialiste de la vie imposée par la propagande capitaliste qui a fait croire à l’homme moderne aux libertés que signifiait l’argent comme moyen d’acquérir tout ce qui pouvait être acheté et désiré.

La liberté économique est donc l’objectif principal qui détermine la pensée et la volonté de l’individu, assurant ainsi sa position au sein de la société et obtenant une reconnaissance qui lui donne plus de prérogatives pour atteindre plus de libertés au sein du Système. Ces libertés formelles accordées par le système de domination sont le piège par lequel l’homme moderne se laisse séduire par les désirs qu’il souhaite obtenir avec de l’argent.

D’où une uniformisation et une discipline de la société avec les règles imposées du fait de la « pandémie », de la situation économique, de la guerre en Ukraine…qui vont dans le sens de façonner un nouveau type d’individu, plus docile, plus obéissant et soumis, de manière à ce qu’il s’adapte aux temps d’inflation ou de rareté (pour une majorité) et  qui arrivera dans un court laps de temps à valider ce que veut l’Etat.

Pour nous autres, favorables à l’égalité économique et sociale, il devient très difficile et complexe de parvenir à un accord minimum entre égaux (sur des choses qui pourraient devenir vitales), pour que les idéologies qui gravitent autour du système capitaliste périclitent. Il est difficile aussi d’avoir une vision globale puisque chaque individu qui a absorbé une pensée spécifique est piégé par une portion de réalité qui divise les faits qui la composent dans son ensemble.

Ti Wi (GLJD)

 

 

 

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