L’anarchisme: la belle Idée

Le Grand Quai Le Havre Monnet

A tous ceux et celles qui voudraient récupérer et dénaturer le terme libertaire, nous affirmons que libertaire est bien synonyme d’anarchiste.

Rebelles, nous entendons enchanter et ré enchanter les murs de nos villes et nos campagnes, leur donner cette parole confisquée par les caméras de vidéosurveillance, les procès d’intention ou juridiques, les bienpensants des murs muets, les sectateurs de tous poils hérissés ou non.

Soucieux de leurs icônes mais pas trop, les libertaires s’attachent plutôt aux lectures et écritures de fond, loin de l’actualité factice et rapidement obsolète. Nos textes préférés sont empreints d’humanité, d’humour, de profondeur aux jeux de mots déroutants ou d’une verve intelligente et sensuelle. L’Idée nous questionne, nous promène dans la pensée et dans l’esprit de nos frères humanoïdes. Nos actions sont comme les mots de tous les jours, drôles, investis de poésie, de philosophie, d’irrévérence qui font la saveur de la révolte. Le désir d’un changement pour une société égalitaire est notre moteur, celui qui vient de la vie, la vraie. Créer, c’est résister mais c’est aussi jouir, découvrir, inventer, penser, évoquer le désir, partager les territoires subversifs de la pensée et de l’être.

Rêverie, utopie, j’écris vos noms comme une aventure au quotidien. Nous savons d’où nous partons et nous arriverons quand nous arriverons car nous avons le temps, celui que l’on aime tant. Nous allumons les flammes de la culture transgressive et fêtarde, nous jouons à créer des situations qui s’adressent aux travailleurs au sens large. Nous descendons dans la rue pour gueuler notre colère face aux injustices de ce monde. Notre projet collectif se conjugue avec nos moi, nos je qui forment souvent un mouvement spontané.

Fiction, provocation, réalisation, invention, expression,  nous ne préjugeons de rien. Les souvenirs de nos pensées critiques, la gêne de l’intrusion, la prise de risque, l’adrénaline militante et individuelle face à nos détracteurs choqués, dérangés dans leur humeur morbide et quotidienne remplie de tristesse, de lassitude et de fatalisme. A l’opposé nous faisons face à l’adversité, aux promoteurs de la mauvaise interprétation de nos idées, aux préjugés ventilés sciemment par les tenants du pouvoir et d’un ordre social qui ne repose sur aucune justification morale. Notre éthique choque ceux qui troquent leur liberté contre un os et une caresse que l’on quémande à plat ventre.

Nous récusons les prédateurs quel que soit l’objet de leur désir. Nous sommes aux antipodes de ces stars qui se trémoussent, qui jouent de leur beauté rassurante, séduction trompeuse où les apparences ne sont que l’art de l’illusion.

Nous sommes comme des évidences pourtant pour quiconque réfléchit par lui-même loin des médias tronquées, manipulatrices et castratrices.

Au plus fort de la répression nous nous terrons pour mieux ressurgir une fois la tempête passée. Obstinément, nous poursuivons notre volonté de changer le monde pour lui donner une autre image et un sens solidaire. Malgré les difficultés qui se renouvellent sans cesse et sous d’autres formes toujours réactualisés en fonction des époques, nous nous remettons en question et continuons à œuvrer pour le bien commun. Nous oeuvrons dans les quartiers, la cité, sur les lieux de travail, ces lieux d’exploitation…partout où nous continuons à nous exprimer. Nous pouvons subir le mépris, l’opprobre ou l’indifférence, tôt ou tard notre mouvement sera reconnu. Etre libertaire, ce n’est pas faire carrière. Miroirs aux alouettes. Bientôt viendra l’heure de la notoriété, pas pour quelques individus sortis du lot mais pour l’Idée, avec un grand I. Nous rencontrerons encore beaucoup d’adversité, surtout de la part de nos concurrents intéressés, eux, par le pouvoir. Aucune calomnie ne nous sera épargnée car nous n’allons jamais à la soupe, nous ne cirons les pompes d’aucun candidat, aucun patron, aucune religion. Nos idées ne sont véhiculées que par la force de nos sites internet, nous journaux, nos affiches, nos chansons, nos coups de gueule…nous ne sommes ni rentier, ni héritier de grosses fortunes ni subventionner par l’Etat ou des Etats étrangers. Nous n’avons ni temple, ni mosquée, ni église mais un peu de ciel bleu où se réfugier quand trop de nuages s’amoncellent. Nous sommes pour la plupart pauvres mais nous ne hissons pas la pauvreté au rang de vertu. Nous cherchons la vérité, encore et toujours. Si nous sommes dans la lune, ne la décrochez pas, les pauvres Pierrots que nous sommes escomptons ne pas tomber de trop haut.

La lassitude, les coups durs peuvent avoir raison de notre patience mais nous comptons encore témoigner qu’un autre monde est possible. Nous avons le tempérament de la générosité bien que nous n’en ayons pas le monopole. Nous voulons juste participer au tourbillon et au banquet de la vie. Nous pensons notre enthousiasme contagieux et depuis des décennies, les libertaires tracent le chemin en marchant. Laisser une trace de son éphémère passage sur cette Terre qui est parfois maudite mais qui peut aussi être magnifique. Nous allons au cœur des choses en rêvant à voix haute. Pacifistes, si parfois l’art me ment, toujours l’armement tue. Alors pour préparer la paix, il faut préparer les esprits à la paix et non à la guerre car la paix est une condition incontournable de l’établissement d’une société libertaire.

L’auteur d’invariants libertaires

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