Gilets jaunes: Ni Dupont gnangnan, ni Marine la haine, ni le cornichon Mélenchon…

Gouzou L.H.

Ni Dupont gnangnan, ni Marine la haine, ni le cornichon Mélenchon

La plupart des gilets jaunes sont abstentionnistes et ne font aucune confiance aux partis politiques : voilà déjà une bonne chose. Cela ne veut pas dire que ceux qui ne participent pas aux élections sont des gens apathiques. Ils se bougent ; la preuve, ce mouvement social qui nous secoue depuis plus de deux mois, en dehors des sentiers battus. Pas de leaders, pas gangréné par les politiciens, du moins globalement ; ce mouvement est atypique. Les libertaires s’y retrouvent. A ce jour, en dehors des gesticulations politiciennes, que reste-t-il ? Eh bien, les gilets jaunes autour d’Eric Drouet et les gilets jaunes partisans de l’assemblée des assemblées dont la première réunion s’est déroulée à Commercy le week-end des 26 et 27 janvier 2019. L’intérêt est dans le contenu bien sûr mais aussi dans la démarche. Les gilets jaunes de Commercy ne veulent pas trahir et être assimilés à ces notables qui une fois, élus, ne consultent plus personne et agissent selon leurs intérêts. Voilà un gage de confiance envers ceux et celles qui connaissent le vieil adage anarchiste : le pouvoir corrompt, il est maudit.

Ceux et celles qui tiennent un live Face Book ont un pouvoir aussi ; c’est pourquoi le mandatement de délégués révocables à tout moment, notamment quand un mandat n’est pas respecté, est intéressant et même primordial. Les gilets jaunes en ont ras-le-bol d’un fonctionnement vertical et prennent goût à l’horizontalisme de gens mandatés par la base. Plus le mouvement sera décentralisé moins les politiciens de profession pourront mettre le grappin sur ce formidable mouvement.

Pour notre part, le projet anarchiste vise un changement radical de société en approfondissant les aspirations émancipatrices des travailleurs. Il s’attaque aux racines du système social, politique et économique, c’est une rupture avec l’existant. Dès lors, la révolution sociale et libertaire « ne créera pas de forces qui n’existent pas actuellement, mais laissera le champ libre à l’expansion de toutes les forces, de toutes les capacités existantes, détruira toutes les classes intéressées à maintenir la masse dans l’abrutissement et fera en sorte que chacun puisse agir et exercer son influence selon sa capacité et conformément à ses passions et ses intérêts. » (Malatesta)

Une nouvelle assemblée des assemblées est prévue à Saint-Nazaire, dans deux mois. Espérons que les politiciens ne lui donneront pas le baiser de la mort car ce type de mouvement ne leur sied pas du tout. L’assemblée des assemblées est une concurrente directe des partis politiques sur le plan de la pratique ; c’est un véritable danger pour leur survie. Mais n’oublions pas que « Tout ce qui n’est pas la liberté est contre la liberté ». (Joseph Déjacque, fondateur du libertaire)

Gilets jaunes : les nouveaux Robin des bois

Contre la vie chère, la précarité et la misère, les gilets jaunes ont une solution : prendre aux riches pour donner aux pauvres. Avoir un emploi correctement rémunéré, une retraite bien méritée qui doit être payée tout aussi correctement. C’est la moindre des choses pour vivre dans la dignité. Un toit pour tous, des soins et une éducation accessibles à tous, des services publics gratuits pour tout le monde, c’est possible en répartissant mieux les richesses. Les inégalités sociales sont insupportables au regard des richesses produites, richesses qui ne profitent qu’à une petite minorité. C’est de la décence dont nous avons besoin face à l’indécence des puissants de ce monde.

Alors, c’est tous ensemble qu’il faut lutter, avec nos différences, pour construire une société égalitaire, fraternelle et solidaire.

Patoche (Groupe libertaire Jules Durand)

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