ALBERT CAMUS ET LA CLASSE OUVRIERE

camus N°1

ALBERT CAMUS ET LA CLASSE OUVRIERE

         PAR Pierre Aubery

À Georges Speiser

LE SOUCI QUE MANIFESTENT en France tous ceux qui tiennent une plume, qu’ils soient journalistes, romanciers ou philosophes, de s’adresser au peuple, de délivrer un message, de peser de tout leur poids sur les destinées politiques et sociales du pays, semble parfois amuser les professeurs et les érudits américains. Cette attitude si fréquente chez nos écrivains, n’est cependant pas nouvelle. Elle s’observe dans les lettres françaises sinon depuis la révolution de 1789 du moins depuis le début de l’ère industrielle et de l’instruction obligatoire. Dans ce domaine, comme dans plusieurs autres. Victor Hugo fait figure de précurseur et les dix volumes des Misérables (1862) sont peut-être le premier exemple d’un roman social vraiment populaire. Les aspirations et les idéaux du peuple s’y reflètent et le peuple lui-même y apparaît comme un nouveau messie.

Camusaubery

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