Soutenons les peuples autochtones: non à la déforestation

Italie

Une grande partie des forêts les mieux préservées au monde se trouvent sur les territoires de  communautés  qui subissent la violence des multinationales agroalimentaires qui plantent du soja ou produisent de la viande, de l’exploitation forestière illégale et d’autres industries telles que l’exploitation minière dont les produits sont commercialisés sur le marché européen.

La proposition de la Commission européenne pour un règlement sur les produits sans déforestation propose de restreindre les importations de produits agricoles – bœuf, cacao, café, huile de palme, soja et bois – cultivés sur des terres qui ont été déboisées après 2020, mais n’établit pas d’interdictions effectives sur les produits associées à des violations des droits de l’homme, conformément aux règlementations internationales.

Au niveau mondial, l’agriculture industrielle est l’activité qui contribue le plus à la déforestation et à la perte de biodiversité, et la destruction de l’environnement entraîne des violations des droits humains des communautés qui dépendent des forêts. Bon nombre des entreprises les plus puissantes à l’origine de la déforestation n’ont pas adopté de politiques pour la supprimer de leurs chaînes d’approvisionnement, et celles qui l’ont fait n’ont pas agi pour l’appliquer.

« Le principal défaut de la proposition de l’UE est qu’elle n’oblige pas les entreprises à se conformer aux normes internationales en ce qui concerne nos droits fonciers », déclare Puyr Tembé. « Le monde sait que le manque de protection de nos droits a été un désastre pour l’Amazonie et a exposé les dirigeants indigènes à la violence des éleveurs, des bûcherons et d’autres envahisseurs », dénonce le chef de la coordination exécutive de la Fédération d’État du Pará de peuples autochtones (FEPIPA).

Des partenaires commerciaux clés de l’UE tels que le Brésil, l’Indonésie et la Malaisie sont les principaux producteurs d’importations de soja , d’ huile de palme et de caoutchouc à destination de l’UE.

« Dans toute l’Indonésie, les peuples autochtones subissent une immense pression de la part d’entreprises qui veulent exploiter nos forêts, notamment pour cultiver des produits destinés aux consommateurs européens », explique Rukka Sombolinggi. « L’action de l’UE pour assumer sa responsabilité dans la déforestation mondiale est importante, mais les législateurs de l’UE devraient également veiller à ce que les marchés européens ne contribuent pas au déplacement des peuples autochtones de leurs terres », souligne le secrétaire général de l’Alliance des peuples autochtones de l’Indonésie.

C’est aux populations de se mobiliser et de se coordonner afin que les entreprises incriminées dans l’exploitation éhontée des ressources préviennent tout risque que leurs activités ou celles de leurs fournisseurs pourraient faire peser sur les défenseurs des forêts.

« La responsabilité de l’Europe de priver les peuples autochtones et les communautés locales de leurs terres remonte à des siècles et les systèmes juridiques postcoloniaux n’ont jamais pleinement reconnu les droits fonciers de ces communautés », explique Julia Christian. « L’UE doit inclure dans le règlement qui protège ces droits en se conformant aux normes internationales », conclut le militant de FERN, une organisation de défense des forêts et des droits de l’homme.

 

De nombreuses études montrent que les peuples autochtones et les communautés locales sont les meilleurs protecteurs de la nature. Les peuples autochtones gèrent la moitié des plus grandes forêts du monde, qui stockent plus de carbone et ont des taux de déforestation et de dégradation inférieurs à ceux d’autres régions. Pourtant, partout dans le monde, les peuples autochtones et les communautés locales qui détenaient traditionnellement des droits fonciers se voient retirer ou refuser leurs droits fonciers , et sont attaqués, menacés et tués pour avoir défendu leurs territoires, souvent face à des activités illégales de nature commerciale.

« C’est grâce à la pression et à la mobilisation depuis des années que l’UE a dû accepter que seule une législation contraignante puisse réglementer les chaînes d’approvisionnement pour éradiquer la déforestation », observe Tom Kucharz, mais « maintenant, les gouvernements doivent exiger que toutes les entreprises reconnaissent les droits des autochtones et respecter tous les instruments internationaux des droits de l’homme », souligne l’activiste d’Ecologistes en Action.

La pression sur les gouvernements se fait à la base et non de manière pyramidale. La pression doit aussi s’effectuer contre l’armée et certaines milices privées qui souvent apportent leur aide aux entreprises de déforestation. Patrons, multinationales, armées, Etats…sont les principaux ennemis du réchauffement climatique et du déboisement à grande échelle (cf Bolsonaro par exemple).

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