Reflux macroniste

Qui sème la misère

Que dire de ces élections législatives, à part que le score du R.N. est la véritable (mauvaise) surprise. Etant donné le type de scrutin majoritaire, les sondeurs, les journalistes et nous-mêmes n’avions pas anticipé 89 députés pour l’extrême droite à laquelle nous pourrions ajouter quelques autres comme Ménard et Dupont-Aignan.

Les tergiversations et manœuvres de couloir entre politiciens pour gouverner vont bon train. Ce n’est pas la première fois que la tambouille politicienne peu ragoûtante des dirigeants se fera sur le dos des travailleurs. Il n’est qu’à voir Dupont-Moretti qui n’exclut plus de travailler avec le RN ; et il n’est pas le seul. Les masques tombent.

En recueillant, au premier tour des élections législatives, 4.248.626 voix, le Rassemblement national va donc récupérer  près de 7 millions d’euros, par an. Soit 35 millions d’euros pour la durée du quinquennat. A cette manne financière vient s’ajouter la dotation parlementaire. Un député élu et rattaché à un groupe parlementaire reçoit 37.400 euros par an. Par l’intermédiaire de l’Assemblée nationale, ce sont  donc 3,32 millions d’euros supplémentaires qui tomberont dans les caisses du RN chaque année. En clair, ce sont un peu plus de 10 millions d’euros de dotation annuelle, dont va désormais bénéficier le Rassemblement National. Un peu de 50 millions d’euros sur cinq ans. « La démocratie » finance ainsi une formation qui se révèlera autoritaire, si un jour elle prend le pouvoir…par les urnes. Ces dernières ne sont donc nullement un instrument pour faire barrage à l’extrême droite. Le cas de l’Allemagne en 1933 devrait nous servir d’exemple. Notamment si les élites françaises adhèrent aux thèses du R.N. à terme.

Nous pourrions analyser le pourquoi de la montée de l’extrême droite parlementaire depuis 1986 en rejetant la faute de Mitterrand à Macron, en passant par tous les autres. Mais il ne suffirait pas de dire que la LREM a mis dos à dos le RN et la Nupes en indiquant que les extrêmes se rejoignent. La LREM a fait preuve d’un cynisme sidérant, c’est ce que l’histoire retiendra. En réalité, la faute de cette ascension du FN/RN incombe à tout le monde y compris les libertaires qui n’ont pas su faire entendre leur voix, notamment dans le milieu ouvrier. Les citations de nos grands penseurs libertaires récitées en mantra ne sont pas d’une grande utilité dans le cas présent.

L’heure n’est pas à  s’auto-flageller mais à la réflexion pour tenter d’inverser une tendance qui prend de l’ampleur année après année. L’abstention qui a flirté avec les 54%, le 19 juin dernier, ne saurait tenir lieu de satisfaction. Si on ajoute à cette abstention chronique maintenant, les 7,64% de bulletins blancs ou nuls, on constate que la représentativité des députés élus en est amoindrie mais ils toucheront cependant, toutes tendances confondues, les subventions de l’Etat pour continuer leur propagande. A nos dépens. Si l’extrême droite continue son ascension jusqu’à l’obtention du pouvoir, il ne restera plus beaucoup de marges de manœuvre pour les opposants. Dans « Eloge de la fuite », Henri Laborit disait qu’en cas de tempête, on n’a pas d’autres choix que de mettre un ris. En attendant que le calme revienne. Espérons que nous n’en arriverons pas là.

Patoche (GLJD)

 

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