Proudhon

Drapeau anarchiste

Proudhon

« Toutes mes idées économiques, élaborées depuis vingt-cinq ans, peuvent se résumer en ces trois mots : fédération agricole industrielle.

« Toutes mes vues politiques se réduisent à une formule semblable : fédération politique ou décentralisation.

« …Toutes mes espérances d’actualité et d’avenir sont exprimées par ce troisième terme, corollaire des deux autres : « fédération progressive ». (Du principe fédératif).

 

Seuls peuvent être dits fédéralistes des esprits capables de supporter des différences tranchées de mœurs et de doctrines, car en fait, c’est cela le fédéralisme : une union de contrastes et de divergences. Et si ce n’est pas cela, le fédéralisme n’est plus qu’un mot nouveau pour désigner la vieille autorité, partant une sorte d’imposture politique.

« L’Humanité travailleuse est seule capable d’en finir avec la guerre, en créant l’équilibre économique. Ce qui suppose une révolution radicale dans les idées et dans les mœurs. » (La guerre et la paix)

« Au point de vue social, liberté et solidarité sont termes identiques. » (Idée générale de la Révolution au XIXe siècle)

« Il n’y a plus de nationalité, plus de patrie, dans le sens politique du mot ; il n’y a que des lieux de naissance. L’homme de quelque race et couleur qu’il soit, est réellement indigène de l’univers ; le droit de cité lui est acquis partout…L’harmonie règne, sans diplomatie et sans concile, parmi les nations : rien ne saurait désormais la troubler. » (Confession d’un révolutionnaire-Correspondance de Proudhon).

 

« Être gouverné, c’est être gardé à vue, inspecté, espionné, dirigé, légiféré, réglementé, parqué, endoctriné, prêché, contrôlé, estimé, apprécié, censuré, commandé, par des êtres qui n’ont ni titre, ni la science, ni la vertu… Être gouverné, c’est être à chaque transaction, à chaque mouvement, noté, enregistré, recensé, tarifé, timbré, toisé, coté, cotisé, patenté, licencié, autorisé, admonesté, empêché, réformé, redressé, corrigé. C’est sous prétexte d’utilité publique et au nom de l’intérêt général être mis à contribution, exercé, rançonné, exploité, monopolisé, contusionné, pressuré, mystifié, volé ; puis, à la moindre réclamation, au premier mot de plainte, réprimé, amendé, vilipendé, vexé, traqué, houspillé, assommé, désarmé, garrotté, emprisonné, fusillé, mitraillé, jugé, condamné, déporté, sacrifié, vendu, trahi, et pour comble, joué, berné, outragé, déshonoré. Voilà le gouvernement, voilà sa justice, voilà sa morale ! Et qu’il y a parmi nous des démocrates qui prétendent que le gouvernement a du bon ; des socialistes qui soutiennent, au nom de la liberté, de l’égalité et de la fraternité, cette ignominie ; des prolétaires qui posent leur candidature à la présidence la République ! »

PROUDHON Pierre Joseph (« Idée générale de la révolution au XIXe siècle » 1851)

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