Premier Mai 2017

Charlot

Ce Premier Mai a une dimension particulière car il se situe entre deux tours d’une élection présidentielle. Si les sondages, médias, organisations syndicales et politiques prévoient une victoire de Macron tout comme les marchés financiers l’ont anticipée, il ne faut pas oublier que le FN progresse à chaque élection. Ce ne sont pas les abstentionnistes que nous sommes qui sont responsables de cette montée de l’extrême droite mais les Chirac, Sarkozy et Hollande qui n’ont pas pris la mesure du danger pour mieux servir les intérêts patronaux et ceux de leurs amis. Depuis 2002, les politiques n’ont pas changé. Chirac voulait réduire la fracture sociale, Sarkozy voulait être le Président du Pouvoir d’achat et Hollande le président qui s’attaque au chômage. Echecs cuisants pour ces politiciens professionnels déconnectés des réalités de la population qui se lève tôt comme dirait l’autre…La police s’en donne à coeur joie en voyant Marine Le Pen s’approcher du pouvoir. L’extrême droite s’apprête à avoir le feu vert pour ratonner…Les années à venir vont être cruciales pour les militants du mouvement social que nous sommes. En attendant, c’est pas dans les urnes que nous combattrons la montée du Front National mais en s’attaquant aux causes de cette montée: chômage, pouvoir d’achat, ghettoïsation des quartiers, abandon des zones rurales et semi-urbaines, école à deux vitesse, jeunesse non prise en compte, retraités proches de la misère…

S’il est bien une chose de sûre dans nos sociétés contemporaines, c’est que la classe dirigeante, qu’elle soit économique ou politique, qu’elle soit aux commandes ou qu’elle y aspire, a bien intégré les recommandations de Machiavel. Car alors que depuis des décennies la crise économique, sociale et écologique, s’est emparée du monde, et que le « don de bien-être » passe chaque jour à la moulinette de l’austérité, c’est bien d’une « mise hors d’état de nuire des sujets » qu’il s’agit. Pour cela, les armes sont malheureusement connues et bien rodées. D’abord, diviser pour mieux régner.
Créer des ennemis intérieurs comme extérieurs. Qu’ils soient Roms « voleurs de poules », migrants « qui mangent notre pain et prennent notre travail », musulmans « qui se radicalisent », chômeurs « assistés et fainéants », jeunes « délinquants ou casseurs de manifestation », ouvriers « terroristes séquestrant leurs patrons », fonctionnaires « trop coûteux et privilégiés » ou grévistes « prenant le peuple en otage », il faut montrer du
doigt les nouveaux barbares. Et face à ces barbares, il faut unir la « Nation », protéger la « République ». Et pour ce faire, rien de plus simple : rétablir l’autorité de l’État et renforcer
son bras armé, policier et militaire. Et il faut matraquer surtout : physiquement en premier lieu, mais aussi juridiquement et idéologiquement.
Matraquer pour faire mal et pour faire peur, d’abord.
La police est notamment là pour ça. Il n’y a pas de bavures, il y a un maintien de l’ordre qui s’adapte à la situation. Et quand l’ordre libéral et étatique est contesté, alors la police améliore son armement et tape plus fort, quitte à violer, à blesser gravement, voire à tuer. Puis justifie, bien entendu sa violence en la présentant comme seule légitime et comme nécessaire pour défendre la « démocratie » et la prétendue « paix sociale ».
Matraquer pour faire comprendre qui est le maître ensuite, et pour imposer sa loi. La justice à deux vitesses s’ébranle qui sait prendre son temps pour les millions détournés…
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