Pierre et Jean: Pierre Aubéry

Franklin

IMAGES DU HAVRE

DANS

 « PIERRE et JEAN »

de GUY DE MAUPASSANT

             La falaise de calcaire et d’argile qui, par un à-pic de 80 mètres, tombe sur la Manche, n’est qu’une frontière récente du pays de Caux. Un versant en pente douce, dont les assises sont encore visibles au jusant, raccordait jadis le plateau au niveau de la mer. Mais la rupture brutale du continent et du rivage marin et aujourd’hui un fait. A tel point que les eaux de pluie qui tombent sur le rebord extrême de la falaise doivent souvent parcourir de nombreux kilomètres vers l’intérieur des terres avant de trouver une issue vers la mer. On pourrait croire qu’il en va parfois de même pour les hommes du plateau. Guy de Maupassant, né et élevé sur les falaises du pays de Caux, se trouva conduit par une pente naturelle, dans sa jeunesse, vers les anciennes cités de l’intérieur. Il alla chercher la révélation de la culture et du mondes hommes à Yvetot, puis à Rouen, et non pas au Havre – pourtant plus proche d’Etretat où vivait sa mère. C’est seulement plus tard que Maupassant devait découvrir Le Havre, ville champignon, ville cosmopolite, port international, surgi au pied du Cap de la Hève. Il fallut même attendre 1888, année de la publication de Pierre et Jean pour trouver dans son œuvre – par ailleurs si riche en croquis normands – quelques images du Havre. Selon Madame Lecomte de Nouy, qui le fréquentait beaucoup à l’époque, il dut même y effectuer spécialement un voyage afin de se mieux imprégner de l’atmosphère du port. Son amie, à qui il lut, en juin 1887, les premières pages de son roman, notait dans son journal :

« Nous devons aller samedi au Havre, pour qu’il se pénètre du paysage, des bassins et du mouvement du port d’une façon absolument juste. »

Elle commentait en ces termes la genèse du roman :…….

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